13 Avril 2018

Sénégal: Procès pour apologie du terrorisme - Saliou Ndiaye mouille Imam Ndao

Le procès des présumés terroristes dont Imam Alioune Badara Ndao et ses 29 co-inculpés pour apologie du terrorisme se poursuit. Et hier, jeudi 12 avril, quatrième jour d'audience, c'est Saliou Ndiaye dit Baye Zal qui a comparu à la barre de la Chambre criminelle spéciale du Tribunal de grande instance (Tgi) hors classe de Dakar. Lors de l'interrogatoire, il a fait part de son intention d'aller en Afghanistan et en Syrie

Saliou Ndiaye alias Baye Zal a été le premier pré- venu à comparaître devant la barre de la Chambre criminelle spéciale du Tribunal de grande instance hors classe de Dakar hier, jeudi 12 avril. Lors de son audition, au quatrième jour du procès pour apologie du terrorisme, il a fait part de son intention d'aller en Afghanistan pour des études religieuses. Et, c'est sur cette base qu'il a fait connaissance avec Abdallah Babou alias Anas qui lui a dit qu'il peut l'aider secrètement à faire le voyage.

Répondant à la question de Samba Kane, le président de la Chambre criminelle spéciale, Saliou Ndiaye a fait savoir que c'est lui-même qui a choisi ce pays parmi tant d'autres Etats islamiques. Pour cause, il voulait faire la pratique de la charia qu'il a apprise en théorie, au Séné- gal. Toutefois, dans ses réponses au procureur, il a fait savoir qu'il était prêt à faire allégeance aux islamistes extrémistes afghans. Mais, le prévenu n'est pas finalement parti en Afghanistan car son marabout, Imam Alioune Ndao, l'a dé- conseillé de partir parce que «ce n'est pas sûr».

Par la suite, Saliou Ndiaye, marié à deux épouses et père de trois enfants, envisagera d'aller en Syrie. Selon lui, ce voyage a pour motif d'aller aider les musulmans qui sont attaqués là-bas. Son rêve de partir en Syrie commence à se réaliser le jour où il a rencontré Djibril Thiombane qui a promit de l'amener s'il détenait un passeport et un visa. Cependant, ses demandes de visas ayant été refusées à deux reprises, il n'a pas pu partir. «Je voulais aller en Syrie lors des massacres. Et Imam Ndao nous a dit qu'il fallait faire tous les efforts que nous pouvions faire pour aider nos compatriotes. Je voulais aller aider (ces frères musulmans, ndlr), mais pas pour le djihâd», a-t-il dit à la barre. Toutefois, face au juge, il a soutenu qu'il n'a jamais dit qu'il souhaitait la victoire des djihadistes en Syrie. Il faut noter qu'une vidéo sur l'exé- cution a été trouvée dans sa tablette.

Saliou qui avoue son appartenance à la doctrine Akhlous sounna wal jama'a, ajoutera que ses dirigeants au Sénégal sont Imam Alioune Badara Ndao, Imam Lo et Assane Ka. Interrogé par le procureur Aly Ciré Ndiaye sur ses rapports avec Imam Alioune Badara Ndao, Saliou Ndiaye a indiqué qu'il l'a connu à sa mosquée à Kaolack. «C'est en fréquentant sa mosquée, lors des prières de vendredi, que j'ai été convaincu par ses prêches», a révélé Saliou Ndiaye. En ce qui concerne la question du maître des poursuites sur «comment est née sa relation directe avec Imam Ndao», le prévenu a peiné à répondre.

Et, à force que le procureur insistait sur cette question, les avocats de la défense ont fini par sortir de leur gonds. Ils ont fait savoir que le procureur ne cherche qu'à mouiller leur client. C'est le président de la Chambre criminelle spéciale qui est finalement intervenu pour le retour au calme. Interrogé sur la vidéo de Ben Laden qu'il détenait, il a rétorqué qu'il l'admirait juste pour sa façon de changer le monde. Il faut noter qu'au début de l'interrogatoire, Saliou Ndiaye a avoué avoir donné une somme de 10 mille F Cfa au prévenu Abdou Hakim Mbacké Bao qui a comparu la veille. Celui-ci était parti au Nord du Mali, mais Baye Zal a fait savoir qu'il lui avait interdit ce voyage, allant même jusqu'à se disputer avec lui.

PROCES POUR ACTES DE TERRORISME ET ASSOCIATION DE MALFAITEURS : LATYR NIANG RECONNAIT SON VOYAGE DANS LE FIEF DE BOKO HARAM, MAIS...

Dans le cadre du procès d'Imam Alioune Ndao et ses 29 co-accusés présumés terroristes, c'est Latyr Niang qui a comparu dans l'après-midi d'hier jeudi à la barre de la Chambre criminelle spéciale du Tribunal de grande instance (Tgi) hors classe de Dakar. Il a reconnu avoir été en zone Boko Haram au Nigéria en compagnie de son ami Aboubacar Guèye.

Comparaissant à la barre de la Chambre criminelle spéciale du Tribunal de grande instance hors classe de Dakar, le prévenu Latyr Niang a reconnu avoir été au Nigéria, par le bais de son «ami intime» du nom d'Aboubacar Guèye qui est maître coranique. Revenant sur les circonstances de ce voyage dans le fief de Boko Haram, lors de l'interrogatoire, ce commerçant de profession, polygame et pères de 5 enfants, a fait savoir qu'il a suivi aveuglément Aboubacar Guèye qui a financé tout le pé- riple.

Selon lui, s'il a accepté de suivre Aboubacar Guèye à une destination inconnue, c'est parce que son ami est une personne de «bonne foi qui l'a toujours conseillé dans sa religion et son travail». De Kaolack, ils se sont dirigés vers le Mali, en passant par le Niger, jusqu'au Nigéria par voie terrestre. Une fois au Nigéria, il a indiqué avoir assisté à une scène où on voulait exécuter une personne. Mais, selon lui, c'est grâce à l'intervention d'Aboubacar Guèye que la personne n'a pas finalement été exécutée.

Il ajoute que c'est ce jour seulement qu'il a vu des personnes avec des armes pendant tout son voyage. A la question de savoir s'il a combattu ou pas, il a répondu par la négative. Face au juge, il a tenu à préciser que son ami est une personne très influente dans cette zone du Nigéria car il enseigne l'Islam là- bas. A la barre, Latyr Niang dit que c'est lorsqu'il a soupçonné que cette zone n'était pas sûre, avec des gens inconnus, qu'il a décidé de revenir au Sénégal.

Toujours dans ses propos, il souligne que lorsqu'il a fait part de sa décision de rentrer à son ami, on lui a demandé de rester en lui proposant de l'argent et une femme et d'attendre l'arrivée de Makhtar Diokhané qui devait convoyer des Sé- négalais djihadistes au Nigéria. Sur ce, Latyr Niang a révélé avoir été introduit dans une chambre où sont gardées des liasses d'argent, avec des billets de Cfa, d'Euro et d'autres monnaies.

Selon Latyr, quand il a refusé toutes les offres, il a fini par se disputer avec son ami. Et c'était la première fois qu'ils en arrivaient à cet extrême, depuis qu'il a connu Aboubacar Guèye, at-il dit. Face au juge, il a nié les propos de sa femme soutenant qu'il leur a dit qu'il est parti prêter main forte aux djihadistes. « Je ne suis pas un djihadiste. Je n'ai jamais voulu de l'argent illicite», a-t-il déclaré. «Je suis rentré avec mes propres moyens. J'avais gardé avec moi 250 mille francs CFA durant tout le voyage», a-t-il fait savoir.

Quand le juge lui a rappelé que sa femme a dit qu'il est revenu du Nigéria avec beaucoup d'argent, il a précisé que lorsqu'il est rentré, il a vendu sa décortiqueuse car il était agriculteur et commerçant. Latyr Niang a tenu à relevé quand il a revu Aboubacar Guèye au Sé- négal, celui-ci s'est excusé devant lui pour tout ce qu'il a eu à vivre pendant le voyage et lui a fait des promesses. Par la suite, il a rencontré Coumba Niang, la femme de Makhtar Diokhané, qui lui a remis 12 mille euros de la part de son époux. Devant le prétoire, Latyr Niang a dit ne jamais connaitre Imam Ndao mais aussi qu'il n'a jamais connu Makhtar Diokhané en tant que djihadiste

MARIEME SOW, UNE DES PRESUMES TERRORISTES «Mon seul tort a été de garder l'argent de Coumba Niang»

Devant le prétoire, la présumée terroriste Marième Sow avoue que son «seul tort a été de garder» l'argent de Coumba Niang. Elle a été la deuxième personne à comparaitre à la barre de la Chambre criminelle spéciale du Tribunal de grande instance hors classe de Dakar hier, jeudi 12 avril, quatrième jour du procès sur le terrorisme. «C'était la première fois que Coumba Niang me confiait de l'argent. Je n'ai pas cherché à connaitre la nature de l'argent, encore moins le montant», a déclaré Marième Sow dont l'interrogatoire a été court. Marième Sow est mère de 5 enfants et belle-sœur de sa co-accusée Coumba Niang

ME MOUSSA SARR, AVOCAT DE LA DEFENSE A LA PRESSE «Il ne faut pas imputer des faits à un prévenu ou à un accusé qui ne l'a pas dit»

La couverture médiatique de procès comme celui d'imam Ndao et ses 29 co-inculpés, riche en révélation, n'est pas toujours aisée. Me Moussa Sarr, avocat de la défense invite la presse à faire preuve de professionnalisme en évitant de prêter des propos «mensongers» à prévenus. «L'audience a commencé aujourd'hui (hier jeudi, ndlr) sur une proposition relative à des propos qui seraient imputés, par une certaine presse, à Abdou Hakim Mbacké hier (avant-hier mercredi, ndlr).

Selon cette presse, Abdou Hakim Mbacké aurait dit que s'il est parti au Mali, c'est à cause d'Imam Ndao. Ce qui est absolument faut. Vous tous, vous avez suivi les débats. Abdou Hakim Mbacké a dit qu'il ne connait pas Imam Ndao, il l'a simplement aperçu lors d'une conférence de presse. Je pense qu'on doit relater fidèlement les faits.

Il faut qu'on arrête cette tentative de désinformation et de manipulation de l'opinion. C'est un débat judiciaire. Chacun sera jugé sur les faits qu'il a personnellement commis et ce matin (hier jeudi, ndlr), on lui a posé la question. Il a dit: «je n'ai jamais dit ça». Je pense que cela n'est pas dans le sens de respecter le droit à l'information. Le droit à l'information suppose que le public soit fidèlement informé. Il ne faut pas imputer des faits à un prévenu ou à un accusé qui ne l'a pas dit»

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