13 Avril 2018

Burkina Faso: Crise du logement - Attention à la cocotte-minute !

Au Burkina Faso, pays des Hommes intègres, se trouver un logement relève du parcours du combattant. Car, non seulement le prix des parcelles donne le vertige, mais aussi les prix des matériaux de construction sont rédhibitoires. Si fait que nombreux sont les travailleurs burkinabè qui finissent leur carrière dans des « célibaterium ». Ont-ils seulement le choix ?

Assurément non, au regard de la modicité des salaires que les uns et les autres perçoivent à la fin du mois. Ailleurs, pour pallier ce problème, l'Etat met l'accent sur la construction de logements sociaux encore appelés HLM (Habitats à loger modéré). Au Burkina Faso, il existe une politique de construction de logements sociaux, mais, à mon avis, les conditions édictées pour en bénéficier excluent bien des Burkinabè dont nous autres, fous, pour qui certains n'ont aucune considération. Or, je dis et je répète que loger un citoyen relève des devoirs, j'allais dire, régaliens de l'Etat.

Chaque Burkinabè a droit à un toit. C'est notre loi fondamentale qui le dit. Et c'est clair et net. Mais il en va autrement au Burkina Faso où vous verrez des individus disposer, à eux seuls, de centaines de parcelles pendant que d'autres cherchent un lopin de terre pour se construire une simple cabane. Sous l'ancien régime, en effet, les affaires de parcelles faisaient régulièrement des gorges chaudes, si fait que prenant la mesure du danger, le gouvernement avait décidé de suspendre les opérations de lotissements afin d'y voir clair.

Le gouvernement est interpellé

Les années se sont écoulées et une enquête parlementaire avait permis de déceler beaucoup d'irrégularités dans les attributions de parcelles au Burkina. Mais depuis lors, on ne sait pas ce qui se passe. Les opérations de lotissements restent suspendues, même si l'on annonce la levée imminente de la mesure. Conséquences, des terrains qui coûtaient 4 millions de F CFA, se marchandent aujourd'hui à 10 millions de F CFA environ.

Et c'est à prendre ou à laisser. Je comprends d'ailleurs le ras-le-bol de certaines organisations de la société civile qui, n'en pouvant plus, ont fini par descendre dans la rue pour exprimer leur colère aux autorités. Elles dénoncent, entre autres, le pillage du foncier par des sociétés immobilières, les coûts des loyers et la cherté de la vie. Je joins ma voix à celle des OSC pour reconnaître que la politique du gouvernement, en matière de logement au Burkina Faso, laisse à désirer.

On a même l'impression que les choses vont de mal en pis, au moment même où l'on chante en chœur que « plus rien ne sera comme avant ». Tout ou presque est pire qu'avant, sur certains points. A ce propos, je me rappelle qu'on nous avait annoncé, à grands renforts de publicité, l'encadrement du prix du loyer au Burkina. Mais depuis lors, je n'en entends plus parler, si fait que je ne sais plus où on en est avec ce dossier. En tout cas, le gouvernement est interpellé. Il doit prêter une oreille attentive au cri du cœur des sans-culottes que nous sommes. Car, nous sommes des laissés-pour-compte, mais nous avons aussi des droits.

Burkina Faso

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