14 Avril 2018

Burkina Faso: Dans les écoles, le sentiment d'insécurité s'inscrit dans la durée

Au Burkina Faso, toujours pas de nouvelle de l'enseignant enlevé jeudi au nord du pays. Il se trouvait dans l'école de Bouro dans la commune de Nassoumbou, à une trentaine de kilomètres de Djibo quand il a été enlevé par des hommes armés qui ont tiré en l'air en scandant « Allah Akbar ». Les pressions et menaces sur les écoles de la région du Sahel au nord du Burkina sont fréquentes.

Dans cette région, plus d'une centaine d'écoles sont fermées. Les deux provinces touchées sont celles du Soum et celles de l'Oudalan. Depuis la rentrée scolaire de septembre, deux à trois attaques ont lieu chaque mois dans ces régions. Les hommes armés arrivent généralement à moto, font irruption dans la cour et menacent verbalement les enseignants. Cette semaine, les assaillants sont allés plus loin. Dans une école, ils ont enlevé un instituteur et tué un élève. Dans une autre, ils ont saisi tout le matériel pédagogique avant de le brûler.

Face à l'insécurité grandissante, l'Unicef et ses partenaires burkinabè se mobilisent. Depuis plusieurs mois, ils ont mis en place un programme de soutien aux écoles, aux instituteurs et aux élèves, comme l'explique Karim Sankara, administrateur du programme protection de l'enfant et éducation pour l'Unicef, à Dori : « Les écoles, la plupart du temps, ne sont pas des écoles qui sont clôturées. Donc n'importe quelle personne peut passer à l'intérieur de l'école. L'idée c'est de sécuriser les écoles avec les populations pour empêcher par exemple le passage ou aussi renfoncer la sécurité des enseignants. Pour pouvoir faire face à leur propre stress, mais aussi d'être capable de pouvoir accompagner les élèves lorsqu'ils sont mis devant une situation par exemple de gens quand ils veulent les enlever à l'école ».

En raison de l'insécurité, 21% des écoles du Soum et 17% de celles de la région de l'Oudalan sont fermées. Le sentiment d'insécurité s'est inscrit dans la durée. Certaines écoles n'ont pas ouvert leur porte depuis septembre 2017, une situation qui affecte directement 11 000 élèves, selon les données récoltées par l'Unicef.

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