17 Avril 2018

Sénégal: Procès Imam Ndao et co-accusés - Abdou Aziz Dia, alias Abu Jaber donne les raisons de sa présence au nigeria

Les auditions dans le cadre du procès pour apologie du terrorisme opposant le ministère public à l'imam Aliou Ndao et co-accusés devant la barre du Tribunal de grande instance hors classe de Dakar, statuant en matière criminelle a repris hier, lundi 16 avril, avec l'audition d'Abdou Aziz Dia alias Abu Jaber.

Devant la barre de ce tribunal, le prévenu qui a confirmé sa présence au Nigeria dans des localités sous contrôle de Boko Haram pour renforcer ses connaissances islamiques, a nié toute collaboration avec ce mouvement terroriste

Abdou Aziz Dia alias Abu Jaber a été le premier prévenu à comparaitre hier, lundi 16 avril 2018, à la reprise de l'audience dans le cadre de l'affaire relative à l'apologie du terrorisme opposant l'Etat du Sénégal à l'imam Alioune Badara Ndao devant le Tribunal de grande instance hors classe de Dakar, statuant en matière criminelle.

Devant la barre, celui qui s'est présenté comme ancien étudiant au département de géographie de la Faculté des lettres et des sciences humaines de l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar, qui a abandonné les amphis en année de Licence sans aucun diplôme en poche, a nié toutes les charges retenues contre lui.

Né le 23 janvier 1990 à Bargny, Abdou Aziz Dia a toutefois reconnu, devant les membres du tribunal, sur recommandation d'un certain Moustapha Diop qu'il a rencontré lors d'un séjour dans la capitale mauritanienne, Nouakchott, s'être rendu au Nigéria.

«À l'université, des amis m'avaient informé qu'en Mauritanie, on dispensait gratuitement l'enseignement islamique et il n'était pas difficile de trouver du travail.

Quand j'ai arrêté mes études à l'université, je suis parti à Nouakchott pour renforcer mes connaissances islamiques. Et c'est dans la mosquée du quartier où je résidais que j'ai connu Moustapha Diop qui s'est pré- senté à moi comme un étudiant sénégalais en Arabie Saoudite», explique-t-il à la barre.

Avant de poursuivre: «c'est lors d'un de nos échanges qu'il m'a dit qu'il pouvait m'aider à aller au Soudan ou au Nigéria pour mes études.

Mais, je lui avais dit qu'il y a des guerres dans ces pays. Mais, il m'a dit que ces guerres ne concernaient qu'une seule partie et que là où il m'a recommandé d'aller, il n'y a rien. En plus, il m'a aussi dit que même s'il m'arrivait quelque chose, par accident, je serais un martyre».

LE PERIPLE SENEGAL NIGERIA, VIA LE MALI ET LE NIGER

Invité par le tribunal à revenir sur l'itinéraire de son voyage et les activités qu'il a mené durant son séjour au Nigéria, l'accusé a informé avoir fait le voyage de Dakar à Kaolack avec Cheikh Ibrahima Bâ, une connaissance du daara qu'il fréquentait et qu'il a vu le jour de son départ pour le Nigéria, au moment de quitter.

Arrivé dans la capitale du Saloum, il a également informé être rejoint par deux autres personnes qu'il n'avait jamais vus auparavant: Mouhamed Mballo et Ibrahima Diallo.

Revenant ensuite sur leur trajet, il a informé le tribunal qu'ils sont passés par le Mali pour débarquer à Diffa, une région frontalière du Niger, située à l'extrême et non loin du Nigeria, considérée comme un des fiefs de Boko Haram.

Une fois dans cette localité, il a fait appel à un contact de Moustapha Diop pour les amener à Ibadan, (une localité tombée sous le contrôle du mouvement terroriste avant d'être repris par l'Armée nigériane en juillet 2016).

Il restera ici jusqu'à ce que son hôte, un certain Mohamed, vendeur de poisson, décide après deux mois de séjour de le conduire dans une autre localité du nom de Malam Fatori où, il devait suivre ses enseignements islamiques.

Poursuivant son propos, il a toutefois souligné qu'il s'est plutôt rendu compte que son rêve ne pourra pas se réaliser, vu que les enseignants ne comprenaient pas une autre langue que l'arabe.

«JE N'AI JAMAIS RENCONTRE IMAM NDAO ENCORE MOINS... »

Toutefois, il a nié en bloc avoir suivi une formation durant ce séjour au Nigéria. Et, ce même quand le président du tribunal ou encore le procureur lui rappelle les déclarations faites devant les enquêteurs, dans lesquelles il affirmait effectivement avoir subi une formation militaire de combat mais aussi en maniement des armes.

À chaque rappel d'une déclaration dans le procès-verbal qu'il aurait tenu devant les enquêteurs, il déclare: «je n'ai jamais dit ça», ou encore «je me souviens avoir tenu de tels propos mais pas de cette manière».

Il en est de même pour ses supposés déclarations concernant sa participation, lors de son séjour au Nigéria, avec des éléments de Boko Haram, à des attaques contre les villages comme Goza, Gombigo et Sambisa. Il a tout nié en soulignant rapporter des choses que lui ont rapportées des gens avec qui ils vivaient lors de son séjour.

Loin de s'en tenir là, le prévenu Abdou Aziz Dia a également contesté avoir fait état, lors de son audition devant les enquêteurs, d'un projet d'installation d'un bastion du djihadisme en gestation dans le Sud du pays.

Interrogé sur ses relations avec Imam Aliou Ndao, sa réponse est sans appel: «Je l'ai vu une seule fois à l'Ucad lorsqu'il animait une conférence religieuse, mais je ne l'ai jamais rencontré encore moins lui parler au téléphone».

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