18 Avril 2018

Centrafrique: La menace d'une offensive plane sur Bangui

Après l'attaque des forces de l'ordre et des soldats de la Minusca contre les groupes armés du quartier PK5, dans le troisième arrondissement de la ville capitale, les déclarations contradictoires se multiplient. La population se retrouve dans une situation de confusion totale.

Depuis quelques jours, en effet, plusieurs groupes armés issus de l'ex-Seleka, comme le FPRC et le MPC, rassemblent leurs troupes à Kaga-Bandoro, dans le nord de la Centrafrique. Si la vie suit son cours normal, le rassemblement de ces groupes défraie la chronique.

Toutefois, selon des sources internes ou proches du FPRC, les opérations de la semaine dernière au PK 5 sont le déclencheur de cette mobilisation à Kaga-Bandoro. Les groupes ex-Seleka se posent en protecteurs des musulmans de Bangui face à l'opération de police contre "Force". Opération présentée comme une attaque contre les musulmans.

Au cours d'une conférence de presse tenue le 17 avril, Sébastien Wenezoui, ex-coordonnateur anti-balakas, a indiqué : « On ne déclare pas la guerre pour l'instant, on attend ». Il demande aux Seleka « de rester là-bas et de privilégier l'initiative africaine pour le dialogue ». « S'ils débordent, si les Seleka arrivent à Bangui, c'est la faute de la communauté internationale et de la Minusca », a-t-il averti.

Face à la gravité de la situation, Jean-Pierre Lacroix et Smaïl Chergui, en séjour dans le pays, ont dû annuler leur visite à Bria. Le patron des Casques bleus et le commissaire Paix et Sécurité de l'Union africaine en ont profité pour échanger avec le président centrafricain sur ces malheureux événements. Au cours d'une conférence de presse donnée au sortir de cette rencontre, Faustin-Archange Touadéra a dénoncé « des groupes de bandits qui prennent la population en otage ». Le chef de l'Etat a appelé ses compatriotes au calme, à la réconciliation et à plus de patriotisme.

Du côté des hôtes de Bangui, c'est un discours de fermeté qui est tenu à l'endroit des hors-la-loi. « S'il y a encore des poches ou des criminels qui tiennent en otage la population, je crois qu'il est tout à fait naturel que la loi puisse maintenant prévaloir », a prévenu Smaïl Chergui. Les diplomates onusien et panafricain ont réaffirmé leur détermination à mener l'opération de nettoyage jusqu'au bout.

Placée en position d'observation, la mission des Nations unies se dit prête à agir. « La Minusca, à travers la force, est en train de monitorer la situation et prendra les mesures qui s'imposent », a affirmé Vladimir Monteiro, son porte-parole. « Mais, en même temps », a-t-il poursuivi, « nous demandons à ces groupes armés de rester dans la logique du dialogue, entamé par l'initiative de l'Union africaine. Il faut laisser cette initiative aller de l'avant ».

Le PK5 a souvent été au cœur des tensions dans la capitale centrafricaine et la dernière population musulmane de la ville y vit retranchée. Les musulmans centrafricains sont souvent associés à la rébellion de la Séléka qui a renversé le président François Bozizé, en 2013, et plongé le pays dans la violence.

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