18 Avril 2018

Congo-Kinshasa: Jean-Pierre Kambila pour une réforme de la constitution congolaise

interview

Après les contestations de la liste électorale, de la machine à voter et de la candidature de Joseph Kabila, Jean-Pierre Kambila appelle à la réforme de la constitution congolaise.

Jean-Pierre Kambila a affirmé: "Une constitution, ce n'est pas la seule condition, peut et doit aider le pays à progresser, la nôtre nous fragilise. Il faut la changer et le plus vite possible. Il n'y a pas de raison démocratique d'attendre. Courage citoyen."

Celui-ci prépare-t-il les esprits à accepter une révision de la constitution pour maintenir son parrain au pouvoir ? Il s'est confié au micro de Julien Adayé.

"Cela fait des années que je me bats sur ce terrain-là. J'ai écris une petite brochure sur la nécessité de changer la constitution en République démocratique du Congo. Pour renforcer notre pays et donner à l'exécutif les moyens de sa politique. Et là, je n'ai fait que résumer dans l'espace que permet un tweet, donc il n'y a aucune nouveauté chez moi."

DW : Mais avec la tension qu'il y a aujourd'hui autour de la constitution et autour des élections à venir, dans le contexte actuel, quelle est la pertinence de votre déclaration ?

"Je ne vois pas où vous voyez la tension. Ce n'est pas parce qu'il y a une petite tempête dans un verre d'eau entre cinq cent ou huit cent politiciens, ce n'est pas ça. Un pays ne doit pas se réduire à cinq cent ou huit cent personnes qui discutent. Un pays s'analyse selon ses profondeurs, selon ses véritables intérêts. Donc moi, je ne m'arrête pas à ça."

DW : La RDC prépare justement la présidentielle pour la fin de l'année. Est ce que cette déclaration n'est pas prémonitoire, est-ce que vous préparez le lit de Joseph Kabila?

"Je ne prépare aucun lit. J'exprime un sentiment que je ressens depuis fort longtemps. Un sentiment qui d'ailleurs, au moment où je l'exprimais, était extrêmement minoritaire dans ce pays et dans l'entourage du président de la République. Je continue de penser la même chose depuis des années. La constitution que nous avons nous affaiblit."

DW : Mais justement un tel tweet à quelques mois seulement de la présidentielle, combien de temps aurez-vous pour organiser un référendum ?

"Un tweet, c'est l'expression d'une pensée. Je n'ai pas dit, et d'ailleurs je n'en ai pas le pouvoir, qu'on va changer la constitution demain, où après demain ou mercredi de la semaine prochaine. Non ! Je dis que c'est mon idée. Et d'ailleurs ceux qui me répondent, ils disent qu'ils sont d'accord mais qu'il ne faut pas le faire avant que vous ne quittiez le pouvoir. Est-ce que vous allez arrêter l'évolution du pays parce que X ou Y est au pouvoir? Je ne sais pas si c'est très intelligent."

DW : Il n'y a pas longtemps sur nos antennes, vous avez déclaré que monsieur Joseph Kabila n'aurait pas besoin d'une nouvelle constitution pour la suite de sa carrière.

"Mais oui. Ça, ça n'a pas changé. Je vous dis bien que mon tweet d'hier n'a rien à voir ni avec les élections ni avec le président Joseph Kabila. C'est un tweet qui reflète le fond de ma pensée sur l'organisation des institutions de notre pays. Ça n'a rien à voir. Dans mon tweet, il n'est dit nulle part qu'il faut faire cela à avant les élections ou après les élections. Il est seulement dit qu'il faut le faire."

DW : Et vous avez ajouté le plus vite possible.

"Mais oui, parce que pour moi il fallait le faire avant-hier. Or on ne l'a pas fait. Pour moi il y a un moment que cette affaire aurait dû se faire et on ne l'a pas fait donc je continue d'être pressé."

DW : Et pour vous le plus vite c'est quand ?

"Moi je ne suis pas un dictateur. Je suggère les choses et puis les gens les prennent, ils écoutent, ils débattent, ils décident ou pas. Ne vous faites aucun souci. Si vous me lisez, vous verrez que d'ici deux trois, quatre mois, je dirai la même chose. Même à la veille des élections, je dirai la même chose. Je dirai que nous faisons des élections, nous allons avoir un nouveau président, une nouvelle assemblée, et tout ça. Mais vous verrez que dans le fond, le fonctionnement de notre pays ne changera pas. Parce que nous n'avons pas mis en place les mécanismes qu'il faut pour avoir une constitution et des institutions qui sont là pour pour que les choses changent."

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