18 Avril 2018

Burkina Faso: Coup de bluff ou signe de fébrilité ?

Il aurait fallu que l'on n'en parle pas pour ne pas lui offrir une publicité sans frais. Mais, dans un monde où foisonnent médias traditionnels et technologies de l'information, se taire serait manquer à notre devoir d'information vis-à-vis des citoyens.

De quoi s'agit-il ? Le groupe Etat islamique dans le grand Sahara a revendiqué la mort du maire de Koutougou, Hamidou Koundaba, et le rapt le 12 avril dernier d'un enseignant dans la province du Soum.

L'on se rappelle qu'une élève avait également perdu la vie par une balle de terroristes, au cours de ce kidnapping. Le crime du premier responsable de la commune de Koutougou, selon ses bourreaux, est sa collaboration supposée avec les autorités burkinabè alors qu'ils reprochent au maître d'école de dispenser en français du savoir, du savoir-faire et du savoir-être aux élèves.

Faut-il croire à la sincérité de cette revendication ou est-ce un coup de bluff pour se donner de l'importance ? Quoi qu'il en soit, l'on constate que les terroristes rêvent toujours d'installer un califat au Burkina Faso.

Le rejet de la langue française, pour laquelle ils tuent des innocents, signifie, pour eux, l'abandon de la culture occidentale, considérée comme porteuse de péchés. Une vieille rhétorique qui ne convainc personne.

Car les djihadistes n'ont jamais renoncé aux motos, aux voitures, aux kalachnikovs et même aux vêtements produits par des Occidentaux qu'ils utilisent au quotidien. Ils feignent également d'oublier que les téléphones ont été inventés soit par l'Ecossais, Alexander Graham Bell, l'Italo-américain, Antonio Meucci, ou par Elisa Gray.

Les réseaux sociaux dont ils sont friands ne sont-ils pas, à l'origine, l'œuvre des Américains ? Leur logique est : « faites ce que je vous dis, mais ne faites pas ce que je fais ». Si la langue française doit être abandonnée un jour au profit d'une autre, ce ne sera certainement pas pour la remplacer par l'anglais, le chinois ou l'arabe. Ce sera à coup sûr au profit du mooré, du gulmancema, du dagara, du dioula, du fulfuldé...

En tuant le maire de Koutougou pour sa collaboration supposée avec les autorités burkinabè, les terroristes veulent réduire au silence toute personne désireuse de fournir des informations au Forces de défense et de sécurité (FDS).

Acculées sans doute par les forces de défense et de sécurité burkinabè et par celles du G5 Sahel, grâce à la précieuse collaboration de la population, les forces du mal veulent prouver à la communauté nationale et internationale qu'elles n'ont jamais perdu de leur superbe et disposent toujours d'une capacité de nuisance encore redoutable.

Au demeurant, la création du groupe Etat islamique dans le grand Sahara est sans doute une réponse du berger à la bergère à l'endroit de la force conjointe du G5 Sahel. C'est la preuve que la peur a commencé à hanter les terroristes, redoutant d'être neutralisés par la montée en puissance de cette force africaine.

Ces signes de fébrilité donnent l'occasion aux FDS de maintenir la pression et d'accentuer la traque sur ces tueurs en série.

Les terroristes qui écument la partie nord du pays n'ont pas compris que le Burkina Faso est déterminé, avec l'ensemble des autres pays de la région et leurs partenaires, à neutraliser tous ceux qui veulent attenter aux désirs des Burkinabè de vivre ensemble.

La lutte sera longue, mais la victoire est certaine. Ils échoueront au Sahel, à coup sûr, comme ils ont courbé l'échine en Irak et en Syrie.

Burkina Faso

Dialogue politique entre le pays et l'Ue

Les sept ambassadeurs des pays membres de l'Union européenne au Burkina Faso, ont tenu une rencontre avec des… Plus »

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Copyright © 2018 Sidwaya. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.