18 Avril 2018

Congo-Kinshasa: Compteurs à zéro ?

Le 23 décembre 2018, le calendrier électoral publié le 5 novembre 2017, prévoit notamment, la tenue de la présidentielle couplée aux législatives nationales et provinciales. Ce jour-là, en effet, ce sera un dimanche pas comme les autres.

Car, la lecture qu'ont les parties prenantes à ces élections est encore sujette à caution. Certaines d'entre elles pensent, en effet, qu'il n'était pas question d'organiser les élections pour les élections, s'il faut vraiment vider la crise de légitimité et de légalité. Et que dans l'entendement de l'Accord, des préalables majeurs étaient posés pour que lors de ces joutes électorales, le climat politique soit, plutôt, détendu afin qu'elles se déroulent dans des conditions apaisées.

Lorsque Katumbi est traqué et que Muyambo, Diomi et Diongo continuent à croupir sous le contrôle de leur geôlier à Makala, les esprits sont toujours surchauffés. Lorsqu'en dehors de tout ce que cela comporte comme pesanteurs, l'on note, une fois de plus, l'ouverture d'une information judiciaire, avant que l'affaire n'ait été fixée devant la Cour Suprême de Justice, pour rouvrir la fameuse boîte de pandore à l'endroit d'un des adversaires politiques affichés, à quelque huit mois de la tenue des scrutins, cela ne peut qu'inquiéter plus d'un.

Dans l'entretemps, la CENI travaille. Le 23 juin prochain, elle convoquera le corps électoral. Le gouvernement, de son côté, passe aux actes.

Ainsi, là où les Evêques posent des conditions et relancent la problématique de l'application stricte, immédiate et complète de l'Accord de la Saint Sylvestre, les choses évoluent autrement.

Là où les Opposants, quelles que soient leurs tendances, continuent à râler sur l'affaire de la décrispation politique, en termes de concrétisation de la libération des prisonniers politiques, de la libération de l'espace des manifestations et réunions politiques, la machine tourne autrement.

Là où le Comité Laïc de Coordination marque une pause jusqu'au 30 avril 2018, pour voir si les autorités congolaises vont, finalement, se résoudre à appliquer à la lettre tout ce qui a été dit lors des discussions directes en vue de dépolluer l'atmosphère politique, le vin semble avoir été tiré autrement.

Là où la plupart des organisations de la Société civile espéraient qu'on allait encore engager un dialogue technique autour de la machine à voter et, même, dans une certaine mesure, de l'audit du fichier électoral, le train a décidé de quitter la gare, sans renifler.

Lundi 16 avril dernier, dès les premières heures du matin, le Gouvernement, après d'âpres délibérations a, enfin, adopté la répartition des sièges. Ainsi, 181 circonscriptions électorales ont-elles été retenues pour 500 Députés Nationaux. 201 circonscriptions ont été retenues pour 780 sièges des Députés provinciaux. Tandis que 311 circonscriptions électorales pour les conseillers communaux, les conseilleurs des secteurs et les conseillers des chefferies. Comme quoi, le chien aboie et la caravane passe.

Et le processus, lui, est tellement suspendu sur une pente raide qu'il n'est plus certain d'imaginer qu'après les élections, l'embellie sera au rendez-vous. C'est comme si la crise de légitimité, pourtant, longtemps combattue, revêtira une nouvelle peau. Les compteurs seront, malheureusement, remis à zéro. D'aucuns parlent déjà de la marche à reculons ou à tâtons.

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