19 Avril 2018

Ile Maurice: Landscope Mauritius - Guerre ouverte Hanoomanjee-Sanspeur

Divergences de vue, relations conflictuelles, allégations d'ingérences, retard dans les projets... Autant de facteurs qui sont à l'origine des troubles au sein de Landscope Mauritius. Un mail, en date du 11 avril, de la Chief Executive Officer (CEO) de Landscope Mauritius, Naila Hanoomanjee, envoyé au Chairman, Gérard Sanspeur, et aux membres du conseil d'administration fait jaser.

On craint même que ce conflit ne mette en péril l'exercice de restructuration et de réorientation pour lequel l'Agence France de développement (AFD) vient de décaisser 165 000 euros. D'ailleurs, des consultants réunionnais de la firme Verso sont actuellement à Maurice à cet effet. Pris entre le marteau et l'enclume, le bureau du Premier ministre veille au grain et pourrait être appelé à trancher dans les jours qui viennent pour ramener l'ordre au sein de la compagnie.

Dans ladite correspondance, Naila Hanoomanjee récuse les informations selon lesquelles elle a recruté une de ses proches, en l'occurrence sa cousine. Elle rappelle aussi que deux nominations ont été faites par le board. Celles de Nancy Cheekoossen et de l'avoué Sonah Ori. «Ce sont des allégations complètement fausses», déclare Naila Hanoomanjee à l'express. «Depuis 2017, il n'y a que trois Project Development Officers qui ont été recrutés et nous n'avons pas de liens de parenté du tout», précise-t-elle. Si face à nos questions, elle dit ne pas savoir d'où proviennent ces allégations, dans la missive, elle déclare que «personne n'est dupe».

Ce n'est pas la première fois que Naila Hanoomanjee fait parler d'elle à Landscope Mauritius. En décembre 2017, la fille de la speaker de l'Assemblée nationale s'est retrouvée au centre d'une enquête de l'Independent Commission against Corruption à la suite des allégations de corruption formulées à l'encontre de Landscope Mauritius concernant une activité foncière à Ébène. Elle est aussi accusée d'avoir ignoré une décision du conseil d'administration, présidée par Gérard Sanspeur. Ce nouvel incident vient exacerber les relations tendues entre la direction et le management de Landscope Mauritius.

En février, les employés ont été témoins d'un clash entre Naila Hanoomanjee et Gérard Sanspeur autour du projet Côte d'Or Smart City. Le différend portait sur une compagnie en particulier qui était déjà pressentie, alors que la date de soumission pour les expression of in- terests n'avait pas encore été atteinte. Naila Hanoomanjee confirme ce contentieux. «Oui, il y a eu un clash. Ce n'est pas facile de travailler avec lui», devait-elle faire ressortir.

Rapport prêt dans six mois

Gérard Sanspeur abonde dans le même sens. «Il y a des divergences. Mais je dirais que toute tension 'saine' et des débats sont dans l'avantage, mais il ne faut pas qu'il y ait des dérapages.» Le Chairman de Landscope Mauritius affirme, toutefois, avoir le soutien de son conseil d'administration et du Premier ministre. Même son de cloche du côté de Naila Hanoomanjee. «Je ne peux pas parler pour M . Sanspeur. Il a fait partir Claude Wong So et Koomaren Chetty, je ne connais pas son agenda. Mais moi, j'ai le soutien du board», affirme-t-elle.

À Landscope Mauritius, on craint que ce conflit larvé ne mette en péril l'exercice de restructuration et de réorientation pour lequel l'AFD vient de décaisser 165 000 euros. Dans ce contexte, des consultants de la firme réunionnaise Verso sont au pays pour d'abord faire un état des lieux de l'entreprise. Ils auront deux mois pour soumettre leur rapport préliminaire et six mois pour identifier les lacunes et faire leurs propositions.

Le rapport des consultants réunionnais devrait ainsi être complété avant la fin de l'année. Il sera alors avalisé par le board et le Conseil des ministres. Après toute fusion, il est important d'harmoniser la direction que Landscope va prendre et arriver à une certaine cohérence pour éviter un gaspillage de fonds publics, explique le président. Pour faire face ces changements, outre le recrutement de personnel qualifié, des ateliers de travail et des séances d'explications auront lieu avec les 250 employés.

«Landscope, entité née en 2016 suivant la fusion de plusieurs corps parapublics (NdlR, State Property Development Company Ltd, Business Parks of Mauritius Ltd, State Land Development Company, Belle-Mare Tourist Village Ltd, Le Val Development Ltd et Les Pailles Conference Centre Ltd), doit revoir sa stratégie», souligne Gérard Sanspeur. Cette réorientation doit être pilotée justement par le conseil d'administration et non par le management, pour éviter des conflits d'intérêts. Il se dit conscient de possibilités de résistance face à ce projet, sachant que certains préfèrent le «statu quo».

Ile Maurice

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