20 Avril 2018

Burkina Faso: Agriculture - Le Synatrag dénonce une «mauvaise» politique agricole au Burkina

Alors que selon Richard André Somé, secrétaire général du Synatrag, 87% de la population active travaille dans le secteur agricole qui contribue à près de 36% au produit intérieur brut. Cette situation selon le Synatrag, est la conséquence directe du «pilotage à vue» du secteur de l'agriculture dont la dégradation s'est accentuée selon lui, avec l'adoption du Programme d'ajustement du secteur agricole (Pasa).

«Du Pasa qui tire son fondement de l'adoption de la Lettre de politique du développement agricole adoptée en 1992 au PNDES en passant par le Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté 2000-2010 et la stratégie de croissance accélérée et de développement durable 2011-2015, notre pays a sacrifié le secteur agricole par la mise en œuvre de plusieurs approches de politique agricole imposées qui ne cadrent pas avec la réalité burkinabè», s'offusque M. Somé.

Les principaux maux dont souffre la politique agricole du Burkina selon le SG/Synatrag sont entre autres, le manque de vision prospective du sous-secteur agricole, le tâtonnement au plus haut sommet du ministère, la mauvaise définition et l'inadaptation de certains projets et programmes agricoles aux réalités et en jeux du milieu, la mal gouvernance dans la gestion des projets et le manque d'une véritable coordination de ces projets et programmes etc.

«Quel soutien apporte-t-on à un producteur qui ne peut pas s'acheter un sac d'engrais même à un prix subventionné à 12.000 FCFA, soit un minimum de trois sacs par hectare à 36.000 FCFA ? Quel appui apportons-nous à un producteur qui n'a pas de quoi manger et qui doit brader ses terres au profit des nouveaux riches qui veulent s'enrichir davantage en faisant de l'agrobusiness en s'accaparant des terres des pauvres paysans ? Quelle agriculture veut-on développer lorsqu'un producteur qui a veillé nuit et jour pour produire sa tomate, reste impuissant face aux tas de tomates en putréfaction ?», s'interroge M. Somé.

De la gouvernance au sein du ministère, André Somé affirme que «le clientélisme et le favoritisme» sont devenus la règle d'or au sein du MAAH. André Somé déplore aussi les conditions de travail des agents du MAAH. «Quel résultat attend-on d'un agent de vulgarisation agricole dont la mission première est d'effectuer des sorties terrain d'appui-conseil des producteurs lorsque ce dernier qui doit parcourir en moyenne 25 km par jour n'a pas une moto de service ? Sur 2053 agents du MAAH enregistrés en 2017 sur le terrain, 1158 soit 56,4% n'ont pas de moto de service. Et malheureusement, 80% des 895 motos sont défectueuses. Pendant ce temps, nombreux sont les agents qui ont la charge de l'encadrement des producteurs d'au moins 6 villages», déplore M. Somé.

Pour se faire entendre, le Synatrag dit «Non à cette exploitation» pour cette campagne agricole 2018. Le syndicat suspend toute implication à l'identification des bénéficiaires, la réception et la distribution des intrants et équipements agricoles. Ceci jusqu'à la satisfaction de ses revendications. Ce sont entre autres, le paiement de la prise en charge issue de l'accord entre le ministère et le syndicat dans le cadre des activités de l'Union nationale des producteurs de coton du Burkina ;

La prise en charge conformément aux textes en vigueur des agents qui participent au conseil de direction provincial ; La construction et la sécurisation des magasins de stockage des intrants et l'octroi des ristournes liées à la gestion des intrants et matériels agricoles. En conclusion, le Synatrag rappelle au ministère et au gouvernement qu'«il est temps qu'une politique agricole réaliste et cohérente soit définie et financée sur fond propre afin de mettre fin à la misère des paysans.» Le Synatrag ne compte pas baisser les bras et entend passer à la vitesse supérieure si rien n'est fait.

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