22 Avril 2018

Burkina Faso: Prêche de Cheick Aziz Soré à Somgandé - Des pickpockets seraient à l'origine de la bousculade mortelle

Photo: Le Pays
PRECHE DU CHEICK ABDOUL AZIZ AGUIB SORE A SOMGANDE

Dans la nuit du vendredi 20 au samedi 21, le Cheick Abdoul Aziz Soré a effectué son prêche d'au revoir sur le plateau omnisports de Somgandé. Un rendez-vous auquel ses adeptes ont accouru par milliers. Au terme de son sermon, six personnes sont restées sur le carreau et on enregistre plusieurs blessés suite à une bousculade.

Deux jours après l'incident, on en sait un peu plus sur les causes du drame. Une source explique que ce sont des délinquants qui ont tenté d'arracher des sacs et des portables de fidèles qui sont à l'origine du tragique mouvement de foule.

Jamais une bousculade n'avait fait autant de victimes au Burkina Faso. 48 heures après l'incident, le plateau omnisports a changé de visage. Plus aucun foulard, de pagnes, de sachets ou de chaussures qui jonchent le sol comme c'était le cas au matin de la bousculade meurtrière.

En effet, dans la nuit du vendredi au samedi, des milliers d'âmes se sont réunies en cet endroit pour écouter le Cheick Abdoul Aziz Soré, un prêcheur à succès qui avait fait quelques jours plus tôt le plein du stade du 4-Août. Le rassemblement s'est achevé sur une triste page : six personnes, dont cinq femmes, y ont rendu l'âme.

En attendant que les enquêtes ouvertes permettent de répondre aux multiples questions, des témoins rapportent ce qu'ils ont vu à l'aube de cette nuit fatidique.

« C'est à peu près une trentaine de minutes après la fin du prêche que la bousculade a commencé », explique Abdoulaye Soré, rencontré sur place. Selon son récit, ce sont des délinquants qui seraient à l'origine de la bousculade.

« Du côté est du plateau, la foule massée devant la petite porte attendait de sortir quand des délinquants ont commencé à arracher les sacs à main des femmes et les portables. C'est ainsi qu'a commencé la bousculade », a relaté l'homme qui avoisine la cinquantaine d'années.

Malgré l'incident, la cour du Cheick située à quelques pas du plateau n'a pas perdu son effervescence habituelle. Des femmes en rangs serrés attendent de passer consulter le guide religieux.

D'autres fidèles patientent sous des tentes. Presque tous ont au moins un bidon d'eau à la main pour y recueillir les bénédictions du guide spirituel. Devant la concession, un petit marché s'est mis en place.

Pas besoin de parcourir un demi-kilomètre pour trouver quelque chose à grignoter : une restauratrice offre un service de proximité avec en plus un menu varié. Sur les étals, encens, pagnes à l'effigie du cheick et posters de toutes les tailles sont proposés à cette clientèle très religieuse.

Pour accéder au cheick, c'est la croix, pour ne pas dire le croissant, et la bannière. Il y a deux options : prendre le rang comme tout le monde ou traiter avec un de ses intermédiaires.

Parfois des protestations fusent. «Nous sommes là depuis le matin. Ce n'est pas normal que certains qui viennent d'arriver nous devancent.»

Pour le rencontrer, nous nous en remettons aux hommes postés devant sa porte. Puis à un autre de ses lieutenants. De fil en aiguille, notre requête parvient au cheick. Finalement c'est le président de l'association internationale cheick Abdoul Aziz Aguib Soré, Adama Zono, qui se prêtera à nos questions. «C'est un incident que nous déplorons.

Tous les moyens et les dispositions avaient été réunis pour assurer la sécurité de tous les participants. La cérémonie a bien commencé et s'est terminée vers 2 heures du matin. Le cheick a été escorté chez lui sans problème. C'est après que nous avons appris l'incident.

Nous n'avons pas été sur place», a-t-il expliqué. Selon ses explications, pour assurer la sécurité, c'est environ 70 agents de police qui ont été mobilisés. Pour ce qui est des causes, n'ayant pas été sur les lieux au moment du drame, il souhaite que l'on se contente de ce que les enquêteurs diront.

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