23 Avril 2018

Afrique: Attribution de la Coupe du monde 2026 / Le Maroc contre United 2026 - Un combat «inégal» face au géant américain

L'Afrique a connu sa première Coupe du monde avec l'Afrique du Sud en 2010, elle retient encore son souffle pour l'attribution de l'édition 2026. Le Maroc s'est porté candidat pour abriter la grande messe du football dans cet horizon. Le soutien de la candidature marocaine portée par de nombreux fédérations nationales et si l'on tient compte du principe d'alternance des continents, suffiront-ils pour avoir finalement raison de la puissante concurrence du géant trio américain Mexique, Etats-Unis et Canada.

Rien n'est moins sûr pour nombre de spécialistes du sport qui évaluent les chances du Maroc. L'investissement des stars du football mondial, qui ont depuis quelques temps, pris leur bâton de pèlerins pour défendre le royaume chérifien, les notes de la délégation de Fifa en mission d'inspection au Maroc, joueront-il en sa faveur ? Tout le monde du football est suspendu au verdict qui sortira du prochain congrès de l'instance mondiale du football qui se tiendra le 13 juin prochain à Moscou à la vieille de l'ouverture de la Coupe du monde en Russie.

Après un périple qui l'a conduite au Mexique, États-Unis et Canada, c'est au tour du Maroc de présenter ses atouts dans le dossier de candidature pour l'attribution de Coupe du monde 2026. La « task force » de la Fifa séjourne actuellement au Maroc dans le cadre de l'inspection de certaines infrastructures dans les villes de Marrakech, Agadir, Tanger et Casablanca. Malgré la concurrence nord-américaine, le dossier marocain fait valoir ses atouts qui reposent sur ses infrastructures routières, aériennes et hôtelières. Mais derrière ces prétentions à accueillir le Mondial, ce sera sans doute un combat entre David et Goliath. C'est du moins ce qui ressort chez de nombreux observateurs du football africain au vue de l'envergure du trio américain.

Mamadou Koumé, ancien président de l'association sénégalaise de la presse sportive (Anps) est parmi ceux là et n'est pas loin d'y voir un rapport de force inégal. D'autant que les exigences initiales sur lesquelles devraient se fonder la délégation de la Fifa ont été changées. Elles ont introduit un système de notation qui fait une corrélation entre la taille maximale d'un stade et la population de la ville et fixe une capacité hôtelière en fonction de la taille du stade.

Des éléments qui, selon certains observateurs, dévaluent nettement la candidature du pays maghrébin, qui se présente comme une candidature africaine si l'on tient compte du principe d'alternance des continents après les coupes du monde organisées en Amérique en 2014, en Europe en 2006 et 2018 mais aussi en Asie avec le Qatar en 2022.

Cette donne risque de ne pas peser très lourd dans la balance. Les critères mis aussi en avant par la task force de la Fifa ne plaident pas non plus pour les chances du Maroc.

« Les concurrents américains n'ont quasiment rien à construire. Sur ce plan là, ils dépassent de loin le Maroc qui a un programme pour la construction d'infrastructures pour accueillir cette Coupe du monde. Les pays américains auront un avantage. Nous avons les Etats unis, une grande puissance, le Mexique qui a déjà organisé la Coupe du monde en 1970 et 1986, mais aussi le Canada qui est un grand pays », souligne le président Koumé.

En effet, le Maroc a ainsi pré-sélectionné 12 villes hôtes et prévoit 12 stades, dont cinq existants à moderniser et trois ultra-modernes à construire. Au moment où le trio USA-Canada-Mexique s'appuie sur 23 villes pré-sélectionnées (dont 4 canadiennes et 3 mexicaines), pour 16 villes candidates finalement avec des stades d'une capacité moyenne de 68.000 places, construits et opérationnels.

L'autre élément qu'il ne faudra pas évacuer reste les énormes enjeux financiers qui balancent largement en faveur du concurrent nord américain et particulièrement les droits de télévision.

«Le gain de Fifa n'aurait, dit-on aucun rapport avec ce qu'il peut gagner avec une organisation. Ce sera 100 fois plus important. Les droits télévisions apportent énormément d'argent. Sur ce plan, le Maroc ne peut pas s'aligner. Il ne faut pas se voiler la face, le football est un business », relève encore Mamadou Koumé

Mais l'idéal n'était-il pas alors d'envisager une candidature maghrébine pour maximiser les chances de l'Afrique. «Un pays comme le Maroc aurait eu de meilleures chances avec une candidature maghrébine. Mais sur ce, il aura eu des limites si l'on sait que le Maroc et l'Algérie ne s'entendent pas. La Tunisie sort d'une crise politique. Si les conditions politiques étaient réunies, une candidature maghrébine aurait eu beaucoup plus de chance», répond le journaliste sportif. Malgré ces facteurs, qui sonnent comme autant d'handicaps, le Maroc, ne s'avoue pas vaincu. Le comité de candidature affiche toujours sa détermination à mener jusqu'au bout sa campagne.

Les responsables marocains restent encore convaincus que le dossier du royaume est assez solide pour franchir l'étape d'évaluation.

Avec sa «candidature africaine», le Maroc espère être le second pays du continent après l'Afrique du Sud en 2010 à accueillir la Coupe du monde. Les anciens footballeurs dont le Sénégalais El-Hadji Diouf, le Camerounais Samuel Eto'o ont revêtu le costume d'ambassadeurs pour défendre cette candidatures.

Selon Mamadou Koumé, le Maroc peut également profiter d'un problème qui pourrait surgir chez un des trois pays américains. La candidature marocaine peut compter sur de nombreux soutiens parmi les fédérations nationales, et un passage au vote lui laisserait clairement ses chances.

Ce sont les 207 fédérations membres de la Fifa qui désigneront le pays organisateur du Mondial-2026 le 13 juin à Moscou, à la veille de l'ouverture de la Coupe du monde en Russie (14 juin-15 juillet).

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