23 Avril 2018

Sénégal: Parrainage - La Société civile appelle la classe politique au dialogue

Après avoir pris acte de l'adoption de la loi sur le parrainage, jeudi dernier, par l'Assemblée nationale, le collectif de la société civile et les médiateurs ont appelé les acteurs du processus électoral, la classe politique en particulier, à mettre à profit le mois qui les séparent de l'examen de la loi organique pour renouer le fil du dialogue et rétablir la confiance afin de trouver des consensus forts sur les modalités de mise en œuvre du parrainage.

Selon l'expert électoral Valdiodio Ndiaye, «avant d'intégrer la loi portant parrainage dans le Code électoral, le dialogue doit être renoué à l'Assemblée nationale».

Pour lui, «le processus n'est pas encore achevé» et l'adoption de cette loi constitue «une opportunité de renouer le fil du dialogue avec le gouvernement qui va se présenter à l'Hémicycle, encore une fois, avec la venue du ministre de l'Intérieur pour l'intégration de cette loi dans le Code électoral».

En effet, poursuit-il, «si l'on suit bien la démarche institutionnelle, c'est que le président de la République va, après l'adoption, promulguer la loi constitutionnelle.

Et la suite, objectivement, c'est d'attendre le moment du passage du ministre de l'Intérieur à l'Assemblée nationale parce qu'il y a nécessité de modifier le Code électoral pour l'intégrer», a-t-il déclaré.

Convaincu qu'avant la modification du Code électoral, des discussions entre les différents partis politiques doivent absolument avoir lieu», à l'issue de cette première phase, «il revient aux acteurs politiques d'initier le dialogue avec les échanges qui auront lieu à l'Assemblée nationale afin de trouver un consensus et d'avoir un document consensuel qui sera adopté», a-t-il soutenu.

Avis partagé par le président du Congad, Amacodou Diouf, selon qui, «l'histoire politique du Sénégal est émaillée de différentes controverses et autres blocages».

C'est ainsi que «les acteurs politiques d'alors, pouvoir comme opposition, s'étaient tous braqués au départ, avant l'adoption du Code consensuel de 1992 actuellement en vigueur», a-t-il rappelé.

Aussi, «quelles que soient la teneur des discours et les circonstances du vote de la loi portant parrainage, rien ne peut justifier que les acteurs politiques ne s'asseyent pour dialoguer.

On est tenu, société civile comme religieux, d'œuvrer pour que le fil du dialogue soit renoué entre les différentes parties prenantes. Il nous revient d'asseoir un climat de dialogue, qui n'a ni de début encore moins de fin, pour un Sénégal apaisé, un Sénégal de développement», a-t-il fait savoir.

Pour M. Diouf, «c'est maintenant que les choses sérieuses commencent avec la définition et la formulation des modalités des modifications qui seront apportées à la loi organique. Et c'est nous qui devons susciter le rappel des contenus du dialogue, lesquels existent», dit-il.

A sa suite, le président de l'Ong 3D, Moundiaye Cissé, a estimé que «les deux parties ont des efforts à faire». Selon lui, le chef de l'Etat, qui a encore réitéré son énième appel au dialogue, depuis Paris où il se trouve, « doit joindre l'acte à la parole », mais aussi l'opposition «doit saisir cette occasion pour poser ses doléances».

Toutefois, «si c'est bien d'utiliser un moment solennel pour appeler au dialogue», M. Cissé trouve que «cela seulement ne suffit pas». Le président doit, à son avis, « interroger le canal et le format par lequel il passe » pour ce faire.

Aussi, compte tenu de « la sédimentation de la situation politique nationale qui est très forte avec ce climat préélectoral très tendu, le chef de l'Etat doit instruire ses collaborateurs ou envoyer des émissaires, d'aller rencontrer un à un les leaders des coalitions politiques, pour trouver un format adéquat au dialogue», a-t-il estimé.

Il a, en outre, appelé l'opposition, de son côté « à faire preuve d'ouverture, en acceptant de répondre favorablement à cette invitation du président de la République ».

Sira Ndiaye, députée bby : «Rationaliser les partis politiques»

«Cette loi va nous permettre de rationaliser les partis politiques,d'assainir l'espace politique. Aujourd'hui, il est inacceptable, au Sénégal, avec 15 millions de Sénégalais, qu'on puisse avoir plus de 300 partis politiques.

J'ai voté cette loi pour qu'on ait une démocratie de grande valeur et pour qu'on consolide davantage la démocratie. L'opposition a voulu bloquer le projet de loi alors que ce projet a été débattu pendant plus de 8 heures de temps à lacommission technique.

Et malgré leur appel à l'insurrection, la population n'a pas suivi, parce qu'aujourd'hui, on a une opposition boycotteuse, une opposition indigne».

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