23 Avril 2018

Cote d'Ivoire: Liberté provisoire pour Gbagbo - Nouvelle demande, nouveau refus

Photo: ICC
Former Ivorian president Laurent Gbagbo appeared in the International Criminal Court in The Hague on January 28.

Nouveau refus pour Laurent Ggabgo. Le 20 avril 2018, la Cour pénale internationale (CPI) a en effet rejeté la demande de mise en liberté provisoire introduite par l'ancien président ivoirien.

Une fois de plus, est-on tenté de dire : cela fait plus de dix fois que la Cour oppose une fin de non-recevoir à la requête de « L'enfant terrible » de Mama. Cette fois, ce sont deux des trois juges qui n'ont pas jugé nécessaire de l'élargir.

Pour ses geôliers, contrairement à ce qu'affirment ses avocats, selon qui l'état de santé de leur client ne s'est pas amélioré et il risque de mourir s'il n'est pas libéré puisqu'il ne peut bénéficier de soins adéquats en détention, son état sanitaire ne suscite pas d'inquiétudes particulières au point qu'on lui permette de humer, ne serait-ce que momentanément, l'air frais de la liberté. « Conformément au rapport médical mis à jour, la Chambre est convaincue que la santé de M. Gbagbo est stable et qu'il reçoit le traitement optimal pour son état de santé actuel et son âge », peut-on notamment lire sur le site de la juridiction internationale.

L'illustre pensionnaire de la prison de Scheveningen avait été transféré le 29 novembre 2011 à La Haye, après sa défaite militaire consécutive à la crise postélectorale de 2010 et l'arrivée au pouvoir de son rival Alassane Dramane Ouattara.

D'abord détenu à Korhogo, dans le nord du pays, il a été expédié en aller simple à la prison dorée de La Haye dans des circonstances rocambolesques. Et depuis, le septuagénaire essaie d'obtenir, sans succès jusque-là, la liberté.

Au point où nous en sommes, on se demande si Gbagbo et ses avocats ne vont pas se résoudre à renoncer à faire une telle demande qui est invariablement sanctionnée par la même réponse : la négative. A moins qu'ils ne le fassent en toute connaissance de cause, juste pour enquiquiner le procureur Fatou Bensouda et son monde.

On ne le sait que trop, à l'image du cas de tous ceux qui sont actuellement détenus à La Haye, le problème Gbagbo n'est pas uniquement judiciaire, il est aussi et avant tout politique. D'autant plus que se poserait pour lui la question du pays d'accueil si d'aventure sa demande prospérait.

On voit mal l'ancien homme fort de Côte d'Ivoire débarquer à Abidjan, où il est certainement indésirable non seulement pour les nouveaux maîtres du pays mais aussi pour une partie de sa famille politique, déchirée par d'interminables querelles byzantines.

En Belgique, comme on l'a évoqué entre-temps, la question ne se pose toujours pas, puisqu'il devra continuer à ronger son frein entre quatre murs.

Ce énième rejet intervient alors que son procès, ouvert le 28 janvier 2016, est suspendu depuis le 19 janvier dernier, date à laquelle ont pris fin l'audition des témoins de l'accusation et la présentation des pièces à charge. A la reprise, la parole sera cette fois à la défense qui va tenter de disculper celui sur qui pèsent quatre chefs d'accusation dont le plus lourd est celui de crimes contre l'humanité.

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