24 Avril 2018

Congo-Kinshasa: L'UDPS tiendra bien meeting ce mardi

Photo: Radio Okapi/Ph. John Bompengo
Felix Tshisekedi président du Rassemblement-aile Limete, accueilli par les membres de son parti, l’UDPS à Kinshasa (archive)

Ambiance bon enfant dans la salle des réunions de l'Hôtel de Ville. D'un côté la délégation de l'UDPS conduite par Rubens Bikindu, secrétaire général adjoint chargé de la mobilisation ; de l'autre côté, André Kimbuta, gouverneur de la capitale, entouré de ses collaborateurs parmi lesquels des responsables des services de sécurité. Près d'une heure de huis clos.

A la sortie, seule la délégation de l'UDPS se prête aux questions des journalistes. Le secrétaire général adjoint chargé de la mobilisation se réjouit de l'issue satisfaisante des tractations.

Toutes les questions ont été passées au peigne fin, y compris celles en rapport avec la sécurité et l'encadrement des militants. Il n'y a pas d'obstacle pour la tenue du meeting prévue ce 24 avril. Un événement qui a toute son importance selon Rubens Bikindu : c'est « la première sortie de Félix comme président de l'UDPS. Nous devons montrer à la face du monde que nous sommes prêts à aller vers l'alternance. »

Les dirigeants de l'UDPS ont également promis de respecter la trêve conclue samedi avec le pouvoir. Pas de provocation politique durant toute la période de deuil, jusqu'à l'inhumation d'Etienne Tshisekedi, l'opposant historique. Mais l'UDPS rappelle son statut de parti d'opposition. « La trêve, nous sommes obligés de la respecter, mais bien entendu, nous sommes un parti politique d'opposition, on ne peut pas être muselé », poursuit Rubens Bikindu.

Dans les milieux du pouvoir, on espère que la tenue de ce meeting sur la place Sainte-Thérèse va contribuer à faire baisser la tension. Mais ça sera aussi un test concernant la capacité de mobilisation de l'UDPS. A côté, les autres regroupements politiques de l'opposition comme Ensemble pour le changement de Moïse Katumbi attendent, eux aussi, d'être autorisé à s'exprimer sur la place publique.

■ Avec la création du GAJN, Kabila tente-t-il de relancer l'idée d'une réforme de la Constitution?

Faut-il qu'il y ait avant les élections une révision de la Constitution en République démocratique du Congo pour permettre aux binationaux de se représenter? L'un des principaux opposants et candidat à la présidentielle, Moise Katumbi, est aujourd'hui poursuivi pour avoir eu la nationalité italienne quand la Constitution stipule que la nationalité congolaise est une et exclusive.

L'ancien gouverneur du Katanga est même menacé par le camp présidentiel d'être écarté sur ce motif, même si dans les faits, beaucoup de responsables politiques, ministres, élus, sont soupçonnés d'avoir ou d'avoir eu une deuxième nationalité.

D'où la surprise ce week-end de voir un tout nouveau regroupement de la jeunesse de la majorité présidentielle, le Groupe d'action des jeunes nationalistes, lancer une campagne de récolte de 100 000 signatures nécessaires pour obtenir un référendum constitutionnel sur ce point. Objectif du mouvement: permettre y compris à Moïse Katumbi de se présenter, insistait ce matin sur notre antenne, le numéro 2 de la majorité.

Pour le secrétaire général adjoint d'Ensemble, la plateforme électorale de Moïse Katumbi, cette initiative est surtout une énième tentative de Joseph Kabila de se maintenir au pouvoir en relançant l'idée d'un référendum pour modifier une Constitution qui l'empêche de se représenter. Jacquot Ndala ne cache pas son agacement.

« Ce sont des aventures de très mauvais goût. Nous demandons à ce qu'ils arrêtent avec la distraction et que tout le monde se prépare pour aller aux élections. Moïse Katumbi est un citoyen congolais, juif, de ce pays, et tout le monde le sait. La ficelle est très grosse ! Le souci aujourd'hui de M. Kabila est de mettre en place tous les moyens possibles afin qu'il puisse se représenter et nous, nous n'allons pas rentrer dans ce jeu-là.

La Constitution dit, nous avons trois possibilités pour aller au référendum : le président de la République peut demander à l'Assemblée nationale de faire un référendum ; l'Assemblée nationale elle-même peut initier une motion pour aller contre la Constitution ; ou encore un groupe de 100 000 Congolais peuvent signer une pétition, qui est adressée à l'Assemblée nationale. Ces trois cas c'est quand évidemment les institutions sont légitimes. Mais dans le cas de notre pays la RDC, toutes les institutions sont illégitimes ! Donc juridiquement, ça ne passe pas, ça ne peut pas passer ! »

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