24 Avril 2018

Congo-Kinshasa: Ministère du Budget - Les reliquats de la paie des fonctionnaires bancarisés se seraient volatilisés

L'opposition parlementaire plaide pour la révocation du ministre Pierre Kangudia, à qui il est reproché notamment « la disparition » de quatre-vingts millions de dollars américains.

Le ministre du Budget, Pierre Kangudia, ne cesse de faire parler de lui. Après qu'une certaine rumeur l'a présenté comme mourant en Afrique du Sud alors qu'il n'en était rien, le voilà de nouveau au centre d'intérêt. Cette fois-ci, c'est une motion de censure en gestation initiée par l'opposition parlementaire qui ne jure plus que par l'éviction de ce ministre. D'après certaines indiscrétions, ce membre du gouvernement aurait déjà traversé l'autre rive en filtrant avec la majorité présidentielle.

Ancien cadre de l'Union pour la nation congolaise (UNC) aujourd'hui à la tête d'un parti politique, le Front des Congolais pour la démocratie se réclamant de l'opposition signataire de l'accord du 18 octobre 2016, Pierre Kanguda continue de se prévaloir d'une certaine opposition sans trop convaincre ses partenaires.

Protégé par la coalition au pouvoir, le ministre du Budget avait fait fi de la demande de son parti de le voir démissionner du gouvernement Tshibala que l'UNC ne reconnaissait pas. En déclarant s'en remettre au président de la République qui l'avait nommé, le ministre incriminé avait, par le fait même, coupé le cordon qui, jusque-là, le liait à la « vraie » opposition. Ainsi comprend-on tout le sens de la requête de l'opposition parlementaire qui vise à le déchoir de son poste.

Dans une déclaration faite le 23 avril à la presse au Palais du peuple, les députés de l'opposition ont exigé du chef de l'État la révocation pure et simple du ministre Pierre Kanguda, soupçonné d'avoir fait main basse sur quatre-vingts millions de dollars représentant les reliquats de la paie des fonctionnaires bancarisés.

Pour ses députés, le ministre du Budget ayant reconnu l'existence de cette somme lors d'une audition à la commission économique et financière de l'Assemblée nationale est tenu de s'expliquer sur son affectation. « Il a dit que cet argent, quatre-vingts millions de dollars, serait logé à la Banque centrale. Mais, aujourd'hui, nous ne connaissons pas la destination de cet argent », a commenté l'un des députés, décidé à en découdre avec Pierre Kangudia.

Autres griefs supplémentaires à charge du ministre, la non-application du taux budgétaire dans la paie des fonctionnaires ainsi que la non-présentation d'un correctif budgétaire à la suite de la hausse du prix du cobalt. Son interpellation, initiée par le député Toussaint Alonga, a toutes les chances d'aboutir lorsqu'on s'en tient aux soutiens qui lui sont exprimés par ses pairs de l'opposition, plus que jamais déterminés à faire partir celui qu'ils considèrent, à tort ou à raison, comme un pseudo opposant.

Congo-Kinshasa

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