Afrique: Prêts libyens - A-Sarraj cherche-t-il à faire pression sur les pays africains?

Photo: RFI
Le Premier ministre du gouvernement libyen d'union nationale Fayez al-Sarraj,

Le chef du gouvernement d'union nationale libyen, Fayez al-Sarraj, reconnu par la communauté internationale, veut renflouer les caisses du pays.

La Libye est dans un chaos politique et des pans de l'économie, notamment à cause de la division du pays, s'effondrent. Tripoli mais aussi Tobrouk ont engagé des procédures en direction de plusieurs pays africains pour récupérer l'argent prêté par le colonel Kadhafi ou les prises de participation dans des sociétés. Fayez al-Sarraj a rendu public le montant de 67 milliards de dollars, pour l'Afrique et le monde arabe. La plus grande partie prêtée aux Africains comme l'Afrique du Sud, la Tanzanie, le Niger, l'Ouganda... Mais que cache cette démarche de Tripoli ?

Pourquoi Fayez al-Sarraj demande-t-il ces remboursements aux capitales africaines maintenant ? L'argument officiel est recevable : Tripoli ne roule pas sur l'or et a un besoin urgent de fonds. Mais Fayez al-Sarraj, reconnu et soutenu par la communauté internationale, sait pertinemment que ce processus de recouvrement sera long et incertain.

Il semble même impossible avant toute résolution de la crise politique libyenne. Une résolution qui passe par un très difficile dialogue inter-libyen entre Sarraj et Haftar pour aboutir à une présidentielle avant fin 2018, en théorie, mais plus certainement en 2019, « à moins de croire aux miracles », dit-on.

La communauté internationale - qui gèle toujours des avoirs libyens - n'a aucune envie de financer les milices de Tripoli via une Banque centrale loyale à Sarraj. Le numéro un de Tripoli sait tout cela.

La position de l'UA, enjeu majeur

Selon plusieurs analystes, l'initiative de Fayez al-Sarraj serait une pression exercée sur les pays africains. L'enjeu, dans le dialogue inter-libyen, est la prise de position de l'Union africaine, tiraillée par une bataille sourde mais bien réelle de soutien à l'ouest ou à l'est libyen, Sarraj ou Haftar.

L'Algérie - qui pilote avec Smaïl Chergui la commission Paix et sécurité - a une influence considérable sur l'Union africaine. Abdelaziz Bouteflika soutient Sarraj. Washington et Paris savent l'importance du partenaire algérien et savent que sans dialogue inter-libyen incluant les tribus et des personnalités comme Saïf al-Islam Kadhafi, aucune solution ne sera trouvée.

Mais deux poids lourds, l'Egypte et le Tchad, pour des raisons militaires, sécuritaires et donc politiques, sont proches du maréchal Haftar. L'Egypte doit être un acteur de premier plan pour sortir la Libye du chaos, a dit au Caire fin avril Jean-Yves Le Drian à son homologue Sameh Choukri. En clair, ne rien faire militairement, politiquement pour rendre insoluble une sortie de crise entre Sarraj et Haftar.

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