4 Mai 2018

Afrique: Développement durable - L'Afrique affine ses stratégies pour réaliser les objectifs des Agendas 2030 et 2060

Photo: AfDB
Sommet des Nations Unies de 2015 sur le Développement Durable

La 4ème édition du Forum régional africain pour le développement durable (Fradd) est une plateforme de capitalisation de bonnes pratiques entre les pays africains. Les experts vont dégager les pistes d'un développement qui ne fragilise pas les écosystèmes et n'accroît pas la vulnérabilité de nos communautés.

Le développement à visage humain appelle de nouvelles approches dans la mise en œuvre et la conduite des politiques destinées à améliorer les conditions de vie des populations. C'est l'idée défendue par le Premier ministre Mahammed Boun Abdallah Dionne à la 4ème édition du Forum régional africain pour le développement durable (Fradd) qui a pour thème : « Transformation vers des sociétés durables et résilientes ».

« Nul ne peut contester, aujourd'hui, que la mise en œuvre des Agendas 2030 et 2063 de l'Union africaine requiert un changement de paradigme dans notre façon de penser le développement de nos pays », a souligné le chef du gouvernement du Sénégal au cours de la cérémonie d'ouverture de ce forum conjointement organisé par la Commission de l'Union africaine, la Bad et les Nations unies.

Selon M. Dionne, les Agendas 2030 et 2063 de l'Union africaine ainsi que l'Accord de Paris sur le climat traduisent l'engagement des gouvernements africains à s'attaquer aux causes profondes de la pauvreté et de la faim, sans négliger les inégalités entre les sexes. Ces engagements visent aussi à assurer une prospérité partagée et une transition réussie vers une économie sobre en carbone, résiliente face aux changements climatiques et respectueuse du milieu naturel.

Certes, des progrès ont été accomplis, mais il reste du chemin à parcourir, d'autant plus que des milliers d'Africains n'ont pas accès à l'eau ni aux services de l'assainissement. « L'atteinte des objectifs des Agendas 2030 et 2063 nécessite des efforts individuels et collectifs, des actions et des stratégies sous-régionales et régionales », a prêché Ibn Chambas, le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies. Il a insisté sur l'urgence d'identifier les contraintes à la réalisation des objectifs fixés par la communauté internationale avant de lancer un appel pour lutter contre le déboisement, la déforestation, la perte de la biodiversité...

Harmonisation des interventions

Le président de la 3ème Conférence pour le développement durable, le Togolais Hervé Méadi, s'est félicité de la méthodologie de travail et des échanges entre les experts mais aussi la capitalisation des expériences réunies. « Le Fradd nous offre une plateforme d'échanges d'expériences, l'opportunité de redéfinir de nouvelles stratégies sur la base des enseignements tirés. Il est nécessaire de mieux s'organiser et de mieux coordonner nos interventions », a-t-il suggéré.

Ces échanges servent aussi à tracer une nouvelle voie devant conduire à une croissance et à une amélioration des conditions de vie sans compromettre la capacité des écosystèmes à nous fournir davantage de services. « Nous croyons fermement que ces forums régionaux offrent l'opportunité de créer une masse critique d'expertise au service du développement durable pour concrétiser cette vision du monde que nous voulons », a estimé la coordinatrice résidente du système des Nations unies au Sénégal, Priaya Gajraj.

Le monde dont elle fait allusion est prospère, respectueux de la planète, où personne n'est laissée pour compte et où la paix est préservée. A vrai dire, l'Agenda 2030 a été élaboré dans un contexte caractérisé par les évènements extrêmes, les problèmes globaux et les bouleversements sociaux. « Ces défis concernent la pauvreté chronique, les inégalités entre les pays, notamment les inégalités entre sexes, les catastrophes naturelles, la recrudescence des conflits, du terrorisme et des crises humanitaires ainsi que des déplacements forcés de populations », a énuméré Mme Gajraj.

Pour elle, le renforcement de la résilience des écosystèmes et des communautés est bien intégré dans l'Agenda 2030. La réduction de la vulnérabilité des écosystèmes et des communautés doit reposer sur la culture d'une utilisation judicieuse des biens de la nature. Il s'agira, en termes clairs, de mettre en œuvre des pratiques d'exploitation des ressources combinant une augmentation de la productivité, leur préservation et la résilience des écosystèmes.

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