4 Mai 2018

Afrique de l'Ouest: L'ONU exhorte la communauté internationale à agir pour sauver des vies au Sahel

Photo: PAM/Sébastien Rieussec
Les élèves de l’école de Tambacara (région de Kayes) soutenue par le PAM à travers les cantines scolaires pour encourager la scolarisation des enfants.

Dakar, 3 Mai 2018 — La sécheresse, les prix élevés et les conflits vont conduire des millions de personnes vers la faim et la malnutrition dans certaines parties du Sahel si la communauté internationale n'agit pas rapidement, ont prévenu aujourd'hui trois agences des Nations Unies.

L'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation (FAO), le Fonds des Nations Unies pour l'Enfance (UNICEF) et le Programme Alimentaire Mondial (WFP), ont déclaré que le manque de pluie dans les régions agricoles du sud de la Mauritanie, du nord du Sénégal et dans certaines zones du Mali, du Niger, du Burkina Faso et du Tchad ont porté atteinte au bétail et à la récolte en 2017. Cela a provoqué un démarrage précoce de la saison de soudure.

La région du Sahel a également été sujette à une hausse de l'insécurité ainsi qu'une intensification des conflits armés. Cela a perturbé les services de base et les moyens d'existence, portant atteinte à la cohésion sociale et obligeant des dizaines de milliers de personnes à fuir leurs foyers.

Cinq millions de personnes vont avoir besoin d'aide alimentaire et logistique pour traverser ce qui s'annonce comme la plus difficile saison de soudure depuis 4 ans, selon le Cadre Harmonisé de 2017, publié en mars. Les évaluations montrent que de nombreuses familles auront épuisé leurs ressources de vivres en avril. D'ordinaire, cela arrive entre juin et septembre.

« Nous avons appris que les familles réduisent le nombre de repas journaliers et que les enfants abandonnent l'école » a annoncé Abdou Dieng, Directeur Régional du WFP pour l'Afrique Centrale et l'Afrique de l'Ouest. « Ce sont des signes indicateurs d'une catastrophe à venir que le monde ne peut pas ignorer plus longtemps ».

Dans les 6 pays du Sahel, plus de 1,6 millions d'enfants risquent de basculer dans la malnutrition sévère aigüe cette année, soit 50% de plus que lors de la dernière crise alimentaire majeure au Sahel, en 2012. L'insécurité alimentaire, les régimes inadaptés des jeunes enfants et de leurs mères, le manque d'accès à une eau propre ou à des services sanitaires, ainsi que les conflits armés et les déplacements, ont provoqué de hauts niveaux de malnutrition chez les enfants.

« C'est tragique que les mêmes mères reviennent dans les cliniques année après année avec leurs enfants pour traiter leur malnutrition sévère aigüe. Cette année, leur nombre est encore plus important » déclare Marie-Pierre Poirier, Directrice Régionale de l'UNICEF pour l'Afrique Centrale et l'Afrique de l'Ouest. « Nous pouvons briser ce cycle si nous investissons maintenant dans le renforcement de la résilience - pour donner aux familles, aux communautés et aux autorités les bons outils pour prévenir et gérer les chocs similaires à l'avenir ».

Une raréfaction des terres destinées au bétail a provoqué une transhumance précoce cette année, jusqu'à 4 mois plus tôt que d'ordinaire. Cela a causé une forte concentration du bétail, intensifiée par les restrictions au passage des frontières et les régulations des déplacements pour les éleveurs. De ce fait, une région déjà sujette à une grande insécurité a été rendue encore plus fragile.

« Renforcer la résilience est une priorité pour la FAO. Ce qui contribuera à stabiliser le Sahel est le soutien aux éleveurs et agriculteurs durant la saison de soudure et dans les mois et années à venir, pour gérer les chocs liés au changement climatique, mais aussi au conflit » a déclaré Coumba Sow, Coordinateur Sous-Régional pour la Résilience en Afrique de l'Ouest et au Sahel à la FAO.

L'UNICEF, la FAO et WFP ont développé une réponse conjointe pour couvrir les besoins alimentaires, protéger les moyens d'existence et combattre la malnutrition sur le court terme afin de répondre aux besoins immédiats et de réduire l'impact d'une crise imminente. En parallèle, les interventions de long terme, telles que celles consistant à assurer la disponibilité, l'accès et l'utilisation des ressources alimentaires locales et des services de santé pour garantir un développement et une croissance saine pour les enfants, sont cruciales. Cela permet de préparer les ménages, les communautés, les autorités et les systèmes nationaux à prévenir et gérer les chocs similaires à l'avenir.

Les trois agences des Nations Unies demandent un soutien urgent de tous leurs partenaires, y compris les donateurs, pour aider à atténuer la dégradation actuelle et future de la crise au Sahel. Le WFP a besoin d'un total de 284 millions de dollars pour fournir de la nourriture et une aide nutritionnelle à 3,5 millions de personnes durant la saison de soudure. L'UNICEF a besoin de 264 millions de dollars pour aider 989 000 enfants qui risquent de basculer dans la malnutrition sévère aigüe en leur apportant de la nourriture thérapeutique et en leur donnant accès à l'eau et à l'éducation jusqu'à la fin de l'année. La FAO a besoin de 128 millions de dollars, dont 45 millions de dollars sont nécessaires urgemment pour prévenir la dégradation la situation pour 2,5 millions d'éleveurs et d'agriculteurs dans les zones de transhumance précoce et de forte concentration.

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