8 Mai 2018

Burkina Faso: Lutte contre le terrorisme - «La Défense et la Sécurité doivent être gérées par des gens compétents»(Zéphirin Diabré)

Parmi les nombreux sujets d'actualité qui ont été à l'ordre du jour du point de presse organisé par le CFOP (Chef de file de l'opposition politique burkinabè), le 8 mai 2018 à son siège, figurait la lancinante question du terrorisme. Après avoir regretté que la situation évolue en s'aggravant, le principal animateur, Zéphirin Diabré, a fait le constat suivant teinté de regrets : «Les deux ministères (Défense et Sécurité) doivent être gérés par des gens compétents. Si ce n'est pas le cas, c'est qu'il y a problème».

Le Chef de file de l'opposition burkinabè a adopté une nouvelle offensive communicationnelle avec un point de presse qu'ils ont décidé d'animer chaque mardi à son siège. A écouter le président de la structure, Zéphirin Diabré, il s'agit d'une manière de répondre, et de façon hebdomadaire, aux pressantes sollicitations de l'opinion et de la presse, devant surtout la succession effrénée des événements.

Pour la première rencontre du genre, le maître des lieux est revenu sur les actualités du CFOP ces derniers temps notamment cette audience à Kosyam où ils ont échangé avec le chef de l'Etat autour de la mise en place de la nouvelle Constitution et du vote des Burkinabè de l'étranger.

Une entrevue qui, visiblement, n'a pas été du goût de nombre de militants, qui ont estimé ne pas comprendre qu'avec tous les problèmes que vit le pays (vie chère, chômage des jeunes, insécurité), l'opposition se rende à Kosyam juste pour évoquer ces deux sujets avec Roch Marc Christian Kaboré.

Mémoire en défense de celui qui avait justement conduit la délégation, le 19 avril dernier. « Je tiens à rappeler que c'est sur invitation du Président du Faso que nous nous y sommes rendus.

Et c'est lui qui a fixé l'ordre du jour de la rencontre. Il ne nous revenait pas de le changer. L'opposition est disposée à aborder tous les sujets, mais à condition que ce soit elle qui fasse la demande de rencontre ».

L'occasion de ce point de presse inaugural a été justement de revenir sur l'un des sujets évoqués avec le chef de l'Etat, à savoir le mode d'adoption de la nouvelle Constitution censée nous conduire à la 5e République. Si l'opposition semble favorable à l'idée de sa mise en place, elle penche par contre pour la voie référendaire, contrairement au pouvoir qui estime que la voie législative est à privilégier, ne serait-ce que pour des raisons budgétaires.

Ce qui ne paraît pas pertinent aux yeux de Zéphirin Diabré. «Selon les juristes, s'il s'agissait d'une révision, le mode législatif aurait été possible. Maintenant qu'il s'agit d'une nouvelle Constitution, il faut passer par un référendum. C'est vrai que ça exige beaucoup de moyens ; mais c'est eux qui ont eu à faire la proposition dans leur programme de société, à eux de trouver l'argent qu'il faut ».

« Il faut que l'opinion sache que nos méninges travaillent »

Quand à la date de cette révision (par mode référendaire ou parlementaire) il a convenu que c'est à la CENI de trouver le moment idoine. Il a d'ailleurs rappelé que l'opposition a eu à rencontrer cette structure et lui a donné des conseils, pertinents à ses yeux, sur la meilleure manière de faire des économies dans la révision des listes électorales. D'où ce rappel : « Il faut que l'opinion sache que nos méninges travaillent».

L'un des gros morceaux pendant les retrouvailles avec les journalistes a porté sur la situation sécuritaire nationale, avec ce constat teinté d'une certaine amertume fait par le patron du CFOP.

« A ce sujet, nous sommes une opposition qui n'a jamais voulu faire dans le dénigrement et les critiques faciles, parce qu'il s'agit avant tout d'une question nationale. Nous avons toujours encouragé l'Etat et les Forces de défense et de sécurité dans la lutte contre le terrorisme.

Mais il y a des vérités qui doivent être dites : ces deux ministères (Ndlr : Défense et Sécurité) doivent être gérés par des compétences. S'ils ne sont pas gérés par des personnes compétentes, ça pose problème.

On ne peut gagner cette guerre sans une démarche stratégique. Il appartient au chef de l'Etat de faire son analyse et prendre les mesures qui s'imposent. Du reste, sur cette question, ils ne nous ont jamais appelé pour demander conseil ».

Burkina Faso

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