Burkina Faso: Commune de Kongoussi - Des jeunes protestent contre la société minière Bissa Gold

Le 6 mai dernier, des membres de l'Association des jeunes pour l'emploi et la réduction du chômage dans la province du Bam ont barricadé la route nationale n°22 pour protester contre la société minière BISSA GOLD qui traînerait à satisfaire leur plateforme revendicative.

Il était 16h ce dimanche 6 mai 2018, quand nous sommes arrivés sur les lieux. Des jeunes, environ une trentaine, avaient pris la route nationale n°22 en otage. Ils avaient barricadé la voie à l'aide de troncs d'arbres juste à l'entrée nord de la ville de Kongoussi.

Ces jeunes, dont leur nombre augmentait au fil du temps, réglaient la circulation tout en interdisant le passage aux cars qui transportent les travailleurs de la société minière BISSA GOLD .

En effet, regroupés autour de l'Association des jeunes pour l'emploi et la réduction du chômage dans la province du Bam (AJERC-BAM) avec pour président Anicet Sawadogo, ces jeunes expriment leur ras-le-bol contre « la société minière BISSA GOLD qui ne veut pas prendre en compte leurs préoccupations et qui passe tout le temps à les berner avec des promesses qui ne sont jamais respectées. »

Selon le président, Anicet Sawadogo, c'est depuis le 6 juillet 2017 que leur association avait soumis ses doléances aux responsables de ladite société minière.

Celles-ci se résument d'une part, à l'augmentation du taux de pourcentage de recrutement des jeunes de la localité qui devrait passer de 10% à 40% et d'autre part, à la formation de cent jeunes dans les différentes sections d'opération (la manipulation des outils de travail tels que les dumpers, les grues, les poclés... ) pour leur permettre d'acquérir des expériences minières.

Lesquelles expériences selon lui, faciliteront l'insertion professionnelle des jeunes qui travaillaient auparavant dans les sites d'orpaillage et qui se sont retrouvés dans le chômage aujourd'hui à cause de l'installation de la société minière il y a six ans de cela.

Depuis lors, les rencontres se sont multipliées tant à Kongousssi qu'à Kaya entre les deux protagonistes mais aucune proposition concrète n'a été faite pour satisfaire les revendications de la population impactée par l'exploitation minière.

Le tout dernier rendez-vous qui était prévu pour le mercredi 2 mai 2018 a été aussi soldé par un échec car, disent les frondeurs, les autorités de la commune et les responsables de la société minière ont boycotté la rencontre.

Et pire encore, les jeunes de l'association disent avoir été menacés par ceux qu'ils appellent "les soudeurs" qui leur ordonnent de cesser leur revendication en relation avec la mine au risque d'être arrêtés par la police anti-criminalité.

Pour Anicet Sawadogo, la lutte ne fait que commencer car dit-il « même si nous allons rester ici pendant cent ans, nous ne partirons pas tant que nous n'aurons pas une réponse satisfaisante. »

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