10 Mai 2018

Afrique: Secrétariat général de l'OIF - Les Africains feront-ils barrage à la réélection de Michaëlle Jean ?

Photo: OIF
Michaëlle Jean, Secrétaire générale de la Francophonie

Le prochain sommet de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) est prévu pour se tenir du 11 au 12 octobre 2018 à Erevan, la capitale de l'Arménie. A cette occasion, la Québécoise Michaelle Jean devrait remettre en jeu son mandat de secrétaire général de l'Organisation qui arrive à terme.

Du coup, sa reconduction où l'élection d'un nouveau secrétaire général devienne l'enjeu majeur de ce XVIIe sommet de l'OIF. Bien que Michaelle Jean ait affiché son intention de poursuivre sa fonction à la tête de l'organisation, il y a comme un air de défiance à son égard, notamment de la part des pays africains. Pourquoi ?

Difficile de répondre à la question d'autant plus que, durant les quatre années de son mandat, la Canadienne a multiplié les visites sur le continent et engagé l'OIF à soutenir des initiatives culturelles qui participent à la promotion de la langue de Molière. A ce titre, on retiendra au Burkina, outre l'habituel soutien à la production cinématographique et au FESPACO, la réfection et l'équipement de Centres de loisirs et d'animation culturelle (CLAC). Insuffisant comme bilan en quatre années, comparé à l'ambitieuse feuille de route affichée en 2014 pour son élection, estiment certains observateurs.

De fait, l'OIF peu ou prou bras politique de la Francophonie s'est faite bien discrète pour ne pas dire absente des crises majeures qui ont secoué et continuent de secouer les pays francophones, particulièrement en Afrique : Centrafrique, RDC, Burundi, Mali... on y a très peu vu Michaelle Jean, et la voix de l'OIF pour encourager les gestes de paix, de bonne gouvernance, la démocratie et le développement socio-économique y a été inaudible. Cela explique-t-il la tiédeur des relations entre Emmanuel Macron et la secrétaire générale de l'OIF, d'une part, et, d'autre part, les concertations actuelles entre chefs d'Etat africains pour proposer une candidate africaine à la succession de la Québécoise à la tête de l'OIF ? En tout cas l'hebdomadaire Jeune Afrique a levé le lièvre en révélant que Louise Mushikiwabo, la ministre rwandaise des Affaires étrangères, est fortement pressentie pour briguer le poste de Michaelle Jean au sommet d'Erevan. Ni l'intéressée ni les autorités rwandaises n'ont réagi à cette annonce. Par contre, l'hebdomadaire croit savoir que la France, pour ne pas dire l'Elysée, serait favorable à cette candidature que supporteraient par ailleurs tous les pays africains.

On attendra donc que Kigali confirme ou infirme cette possibilité que Louise Mushikiwabo aille défier Michaelle Jean non sans faire remarquer que lors de la Journée internationale de la Francophonie célébrée le 20 mars dernier, le président Emmanuel Macron, dans un discours fondateur prononcé à l'Académie française, avait annoncé une volonté de rupture dans la méthode de promotion de la langue française. A ce propos, il avait annoncé un « plan d'ensemble... pour écrire une nouvelle page de la Francophonie » afin de redonner à la langue française sa place et son rôle dans le monde, tout en reconnaissant que la France n'est plus « seule propriétaire de sa langue ».

A ce propos, en 2050, parmi les 700 millions de locuteurs du français, la majorité viendra d'Afrique. Voilà qui explique que le président Macron soutienne que le centre de gravité de la Francophonie se situe quelque part du côté du bassin du Congo. Serait-ce la même logique qui prévaut chez les chefs d'Etat et de gouvernement du continent qui se concertent pour que la fonction de secrétaire général de l'OIF revienne à une Africaine, Louise Mushikiwabo ? Peut-être bien que oui. Mais Michaelle Jean n'a pas dit son dernier mot qui bat campagne pour succéder à elle-même. Rendez-vous donc le 12 octobre prochain à Erevan en Arménie.

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