11 Mai 2018

Afrique: Le Ghana et le Kenya ont ratifié l'accord de la Zone de libre-échange continentale africaine

Photo: UNECA/Flicker
Ouverture de la 51ème session du Comité d'experts de la CEA, sur les Finances, la Planification et le développement économique, vendredi 11 Mai 2018 à Addis Abeba, Ethiopie

Les premiers jalons d'une Zone de libre-échange continentale africaine (Zleca) commencent à être posés. Après la signature, le 21 mars 2018 à Kigali de l'accord créant cette zone de libre-échange, par 44 pays du continent, deux d'entre eux vont le ratifier. Il s'agit du Ghana et du Kenya. L'information est tombée ce vendredi 11 mai à Addis Abeba. C'était à l'ouverture de la 51ème session du Comité d'experts de la CEA, sur les Finances, la Planification et le développement économique.

(Envoyé Spécial) – Le Ghana et le Kenya montrent la voie à suivre pour l'accomplissement d'une  Zone de libre-échange continentale africaine (Zleca). Deux mois après la signature de l'accord créant la ZLECA, à Kigali (Rwanda), ils seront les premiers pays africains à le ratifier. Un engagement a été donné dans ce sens par les délégués de ces deux pays.

Une décision grandement saluée à l'ouverture de la 51ème session du Comité d'experts de la CEA, sur les Finances, la Planification et le développement économique. C'était dans la matinée de ce vendredi 11 mai au siège de l'institution, à Addis Abeba (Éthiopie). Le Secrétaire général adjoint des Nations Unies, par ailleurs, Secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique (CEA), espère qu'un pays comme le Sénégal va suivre.

Mme Vera Songwe estime ainsi que les 50 autres pays qui avaient signé l'accord à Kigali, doivent suivre le plus rapidement possible. D'où le choix porté par la CEA de convoqué la  réflexion autour de « La zone de libre-échange continentale africaine (Zleca) et marge de manœuvre budgétaire en faveur de l'emploi et la diversification économique ».

Dans cette dynamique, le Président sortant du Comité d'experts de la CEA, M. Mayacine Camara pense que la ratification et la mise en œuvre constituent des enjeux importants. Pour se faire, précise-t-il, il faudra poursuivre les consultations et la sensibilisation auprès des différents acteurs au sein des États, faire des études d'impact précises afin de lever les quelques points de blocages restants.

En attendant d'y parvenir, Mme Songwe confie que la Commission économique pour l'Afrique envisage cet accord comme un instrument pour repositionner le continent africain en tant qu'acteur compétitif sur la scène mondiale.

A cet effet, la quintessence des échanges de cette rencontre des experts a constitué une belle occasion d'analyser les opportunités de croissance économique et d'emploi pour les jeunes du continent dont le nombre ne cesse de croître sous l'effet de la transition démographique.

Des idées fortes ont été partagées dans l'optique d'aider à identifier les mesures d'accompagnement permettant d'accroître la marge d'action budgétaire des pays mais aussi les stratégies propres pour stimuler l'industrialisation, la diversification économique visant à renforcer la croissance inclusive et à promouvoir l'emploi, particulièrement, pour les femmes et les jeunes.

Des enjeux multiples et variés pour la ZLECA

La ZLECA dont l'accord a été signé en mars 2018 à Kigali, est perçue comme essentiel au développement économique de l'Afrique, par le biais d'une hausse du commerce intra-africain.

Ce qui fait dire à Mayacine Camara que cette initiative permettra de lutter contre la fragmentation du continent à travers notamment la rationalisation des efforts d'intégration avec l'objectif ultime de parvenir à la création de la communauté économique africaine prévue dans le traité d'Abuja.

Il a toutefois décliné un ensemble d'enjeux multiples et variés notamment les 54 pays du continent qui constituent plus d'un milliard de consommateurs, mais avec des échanges commerciaux faibles, inférieurs à 15% contre plus de 60% pour l'Union européenne, 50,2% pour l'ALENA, 25,2% pour l'ASEAN et 14,5%. Sans oublier le fait que l'essentiel des échanges soit cloisonné à l'intérieur des communautés économiques régionales.

Le continent devrait faire également face au fait que la grande majorité des produits échangés sont des produits de base non transformés, et 60 à 70% des activités sont concentrées entre les mains de secteur informel.

M. Camara estime ainsi que la ZLECA devra favoriser le développement de chaines de valeurs africaines grâce notamment aux actions combinées retenues dans le plan d'action pour le développement industriel accéléré de l'Afrique (Aida), le plan d'action pour la stimulation du commerce intra-africain (Biat) et le Programme pour le développement des infrastructures en Afrique (Pida).

Pour lui, le continent ne peut pas rester à la marge à l'heure où la tendance est à la construction des grands ensembles en particulier les méga accords commerciaux régionaux.

Devant cet état de fait, il pense que les ministres africains en charge des finances et de la planification doivent favoriser la transformation structurelle dans leurs stratégies et plans de développement, afin de relever les défis de la croissance durable et du chômage.

Il dit être convaincu que c'est grâce à la conduite de politique de diversification des exportations de produits industriels que les pays bénéficieront le plus de la ZLECA.

Dans cette dynamique, Mme Vera Songwe pense que pour réaliser les promesses et atteindre ses objectifs de développement, le continent doit prendre des mesures audacieuses sur de nombreux fronts.

Pour elle, l'action la plus importante et la plus urgente consiste à créer l'espace budgétaire nécessaire pour encourager les investissements publics et privés, tout en assurant la diversification économique en vue de créer des emplois.

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