13 Mai 2018

Congo-Brazzaville: 20 ans ferme pour le général Mokoko - Peine trop lourde pour une accusation bien légère

Si on devait résumer le procès du général Jean-Marie Michel Mokoko en quelques chiffres ce serait ceux-là :

- 4 jours d'audience ;

- 3 témoins cités ;

- 2 heures pour délibérer ;

- 20 ans de prison ferme pour le principal accusé et ses 7 coaccusés dont 6 français jugés et condamnés par contumace puisqu'ils n'étaient pas physiquement présents à l'audience.

Ce verdict était prévisible ! Après un simulacre de procès, le couperet est ainsi tombé sur la tête étoilée que la stratégie du mutisme n'aura pas sauvé.

Le général Jean-Marie Michel Mokoko était poursuivi pour atteinte à la sécurité de l'Etat, détention d'armes et trouble à l'ordre public.

L'ancien chef d'état-major et ex-conseiller du président Denis Sassou Nguesso qui a toujours clamé son innocence et crié à la cabale politique est-il vraiment coupable de ce dont on l'accable sur la foi d'un enregistrement vidéo, ou est-il tombé dans un piège grossier qui s'est refermé sur lui ?

Une chose est sûre, ses ennuis ont débuté, comme par hasard, quand il a commencé à s'intéresser au trône de son ancien maître. Mokoko était candidat à l'élection présidentielle de mars 2016. Il avait refusé de reconnaître la réélection contestée du président Sassou et avait même lancé un appel à la désobéissance civile.

J3M devait pourtant savoir qu'au royaume de Sassou, « un chef ça se respecte » et que c'est un véritable crime de lèse-majesté que de lorgner le trône, qui pis est quand on est un ancien compagnon de route de celui qui totalise à ce jour 35 ans de pouvoir et qui, à 74 ans, ne semble pas près de faire valoir ses droits à la retraite.

C'est donc pour ne l'avoir pas compris que le général aura tout le loisir de méditer cette cruelle réalité congolaise les 20 prochaines années du fond de sa cellule.

Le condamné et ses avocats ont certes affirmé tout de suite qu'ils se pourvoiraient en cassation contre le verdict de ce procès politique à leurs yeux mais dans ce Congo où la justice est aux ordres, quel magistrat, soit-il grand, aura le courage, presque suicidaire, de casser une telle sentence ?

En réalité, il faut croire que c'est un sale temps pour les opposants et les acteurs de la société civile si tant est qu'il n'ait jamais eu de beau temps pour eux ! C'est donc à juste titre que le mouvement citoyen Ras-le-bol qualifie de délétère le climat socio-politique après l'arrestation d'une vingtaine de ses membres accusés d'incitation à la révolte populaire.

Ce procès de Mokoko n'est d'ailleurs que le premier d'une série noire qui va se poursuivre avec les dossiers du général Norbert Dabira, d'André Okambi Salissa, de Jean Martin Mbemba, etc.

Ainsi va le royaume de Sassou mais on craint que tout cela finisse mal un jour ou l'autre car on ne peut pas martyriser impunément son propre peuple sans que cela porte à conséquence.

Congo-Brazzaville

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