13 Mai 2018

Mali: Presdidentielle 2018 - Duel de titans en perspective !

Photo: Le Pays
Le président malien IBK et le chef de l'opposition Soumaila Cissé.

Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) mettra son mandat en jeu en juillet prochain. Le compte-à-rebours a pratiquement commencé. Et l'on peut faire le constat qu'ils sont une foultitude, les Maliens qui rêvent d'un destin national.

Au nombre de ceux-ci, l'on peut citer le chef de l'opposition, Soumaïla Cissé. En effet, l'enfant de Nianfounké, dans la région de Tombouctou, a été investi le 12 mai dernier par son parti, l'Union pour la République et la démocratie (URD) et la plateforme « Ensemble, restaurons l'espoir », du nom de cette coalition d'une trentaine de partis politiques et plus de 200 associations.

Avec tout le respect dû à tous les prétendants au palais de Koulouba, l'on peut se permettre de mettre le curseur sur deux d'entre eux, puisqu'ils constituent, peut-on dire, les deux poids lourds de la scène politique malienne.

L'histoire a de fortes chances de se répéter

A tout seigneur, tout honneur. Le premier de ces candidats est le président actuel, Ibrahim Boubacar Keita. « Kankélétigui », l'homme de la parole donnée, comme l'appellent ses partisans, avait mené une campagne victorieuse en 2013. Pour ce faire, il avait promis la sécurité et la prospérité aux Maliens.

Cinq ans après, et c'est là un des charmes de la démocratie, ses compatriotes auront la latitude de lui renouveler leur confiance ou de l'envoyer cultiver son jardin. En tout cas, l'heure de rendre compte de l'ensemble de ses actions, a pratiquement sonné. A charge aux électeurs maliens, dans les urnes, de lui attribuer une note.

A tort ou a raison, ses détracteurs pensent qu'il a trahi la confiance que les Maliens et les Maliennes lui avaient accordée en 2013. Ils pointent notamment du doigt le fait qu'il n'a pas réussi, comme il l'avait promis, à débarrasser le Mali des terroristes.

Dans la foulée, ils n'hésitent pas à dire tout le mal qu'ils pensent de l'accord d'Alger de 2015. Bien des détracteurs du président IBK, croient dur comme fer, que la signature de ce document est une véritable humiliation pour le Mali, en ce qu'elle accorde aux rebelles rien que des droits.

L'autre grand grief qu'ils formulent à l'endroit du pouvoir d'IBK, est lié à sa gouvernance socio-économique. Ils la jugent chaotique. Pour illustrer cela, ils invoquent la paupérisation du peuple malien et les scandales supposés ou réels qui ont entouré les dépenses de l'Etat.

Les plus emblématiques d'entre eux sont liés à l'achat de l'avion présidentiel et à l'équipement de l'armée. Toutes ces plaies de la gouvernance de Kankéletigui, vraisemblablement, seront au menu de la campagne de l'autre poids lourd de la scène politique malienne, c'est-à-dire Soumaïla Cissé.

Et il a déjà donné le ton, le samedi dernier, à l'occasion de son investiture comme candidat, au stade du 26 mars de Bamako, en martelant ceci : « IBK a échoué à nous sécuriser, il a échoué à nous donner de la perspective ; IBK a échoué à préserver nos libertés ».

Ces propos sont un avant-goût de la campagne pour la présidentielle de juillet 2018. Et tout indique qu'ils annoncent une campagne croustillante et alléchante.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que nous avons en perspective un duel de titans, c'est-à-dire Ibrahim Boubacar Keita versus Soumaïla Cissé. L'histoire a donc de fortes chances de se répéter.

Et effet, en 2013, l'on avait eu droit au même duel épique. Seulement, à cette époque, IBK avait bénéficié du soutien affiché de la junte militaire dont le patron n'était autre que le fantasque Haya Sanogo.

Le verdict du scrutin de juillet prochain est entre les mains des électeurs maliens

Un autre atout dont s'était servi IBK, est qu'il avait mis un point d'honneur à se présenter aux Maliens et aux Maliennes, comme l'homme de la situation. Mais tout cela relève du passé. Aujourd'hui, la donne a changé. De ce fait, le combat entre les deux hommes a des chances d'être plus équilibré. Il pourrait l'être d'autant plus que les 2 hommes se connaissent comme leurs poches.

A cela, l'on peut ajouter le fait qu'ils connaissent parfaitement le Mali et la psychologie de son électorat. A ce propos, l'on peut dire que ce n'est pas pour rien que Soumaïla Cissé a fait appel au célèbre activiste malien, Ras Bath, à l'occasion de sa cérémonie d'investiture.

C'est parce qu'il sait que celui-ci jouit d'une grande popularité au sein des jeunes, pour son discours au vitriol sur les insuffisances et tares de la gouvernance IBK. C'est donc en hommes avertis des préoccupations, des rêves et des défis du Mali que les deux titans vont s'affronter dans les urnes.

Et chacun a des chances de l'emporter sur l'autre, même si, quelque part, l'on peut dire que le président en place pourrait bénéficier de la traditionnelle prime au sortant. Et sous nos tropiques, cela se décline en termes de mobilisation de la machine administrative et des moyens de l'Etat en faveur du candidat sortant.

Autre atout dont pourrait bénéficier le président Ibrahim Boubacar Këita est le coup de pouce de ses homologues de la sous-région, notamment celui des présidents des pays membres du G5 Sahel.

Pour avoir déjà fait, en effet, un bout de chemin avec cette structure, il n'est pas exclu qu'IBK soit préféré à l'autre à l'effet de permettre que la mayonnaise prenne totalement. Un autre élément qui peut être déterminant pour la présidentielle de juillet 2018, peut venir de l'attitude de l'ancien président, Amadou Toumani Touré (ATT).

Des consignes de vote qu'il pourra donner, pourraient dépendre l'issue de la présidentielle de juillet 2018. En effet, l'enfant de Mopti garde encore intacte sa popularité, malgré les déboires qu'il a connus sous le régime des putschistes de Kati. Mais tout cela n'est que supputations. Le verdict du scrutin de juillet prochain est entre les mains des électeurs maliens.

Il leur revient de faire le bon choix, c'est-à-dire le choix qui reflète les intérêts véritables du Mali. Il ne faut surtout pas qu'ils se laissent aller à des logiques irrationnelles liées à la tribu, à l'ethnie et à la région, comme c'est souvent le cas malheureusement en Afrique.

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