15 Mai 2018

Congo-Kinshasa: Elections - La liste des partis autorisés crée la polémique

La liste des 599 partis et 77 regroupements politiques autorisés à fonctionner en RDC, donc les seuls qui peuvent participer aux élections de décembre 2018 a été publiée au Journal officiel.

A Kinshasa, cette liste est contestée par certains partis politiques et des membres de la société civile. On y retrouve par exemple, quatre partis politiques qui portent le nom de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), principal parti de l'opposition. Certaines ONG comme l'Association congolaise pour l'accès à la justice (Acaj) crient au scandale et pensent que cette liste peut générer les violences pendant la période électorale.

L'Association congolaise pour l'accès à la justice (Acaj) note par exemple que quatre partis politiques portent la même dénomination « Union pour la démocratie et le progrès social » (UDPS) dont deux avec le même siège social et le même arrêté ministériel d'agrément. Il s'agit notamment de l'aile de l'UDPS conduite par le Premier ministre Bruno Tshibala et l'UDPS dirigée par Félix Tshisekedi.

Pour Georges Kapiamba, coordonnateur de l'Acaj, cette situation a été créée à dessein par le pouvoir dans le but de déstabiliser l'opposition : « Cela va créer une confusion totale pour les électeurs et c'est d'ailleurs ce qui est visé par ceux qui ont pris cette décision par rapport aux partis de l'opposition. C'est prévisible qu'il pourra y avoir des violences entre les différents membres des différents groupes de l'opposition ».

Pour lui, c'est une stratégie de la majorité présidentielle pour empêcher les partis de l'opposition d'atteindre confortablement le seuil de représentativité lors des prochaines législatives : « Il fallait les morceler de manière à diminuer éventuellement les chances à maximiser leur popularité dans notre pays. Et ainsi les empêcher à atteindre par exemple les seuils. Ça va être une situation qui va profiter aux partis de la majorité présidentielle ».

Ces partis qui se sentent lésés ont encore la possibilité de déposer un recours, mais Georges Kapiamba déconseille la voie de la justice et préconise les pressions directes auprès du ministère de l'Intérieur.

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