15 Mai 2018

Burundi: L'ONU préoccupée par la recrudescence de la violence à l'entame du référendum

Photo: @BurundiSecurity/Twitter
Les électeurs au référendum au Burundi le 17 mai.

Le Haut-commissaire aux droits de l'homme a exprimé ce mardi son inquiétude face à une recrudescence de la violence à l'entame du « référendum constitutionnel controversé de jeudi prochain ».

L'attaque a été perpétrée, vendredi dernier aux environs de 22 heures, par des hommes armés non identifiés dans le village de Ruhamagara, dans la province de Cibitoke, à environ 60 kilomètres au nord-ouest de Bujumbura, la capitale burundaise.

De son côté, l'UNICEF souligne que selon plusieurs rapports, des enfants ont été délibérément pris pour cible lors de cette attaque. « Les enfants ont toujours besoin de paix et de protection », a déclaré Leila Pakkala, Directrice du Bureau régional de l'UNICEF pour l'Afrique orientale et australe. « L'UNICEF appelle toutes les parties à garantir immédiatement le plein respect du droit des enfants à la sécurité et à leur protection contre la violence. »

En attendant, « il y a des versions très différentes » quant aux circonstances de l'attaque et « l'identité des assaillants et de leur motif ». « Les résidents locaux ont rapporté avoir vu des hommes portant des uniformes militaires, mais cela n'indique pas nécessairement qui ils étaient », a ajouté le Chef des droits de l'homme de l'ONU. Mais pour le Haut-Commissaire Zeid, « cela pourrait être politique car visant à impacter le référendum ou un acte perpétré pour d'autres raisons, y compris la vengeance ».

L'opposition politique appelée à éviter de jeter de l'huile sur le feu

Par ailleurs, M. Zeid indique avoir pris note de l'annonce par les autorités d'ouvrir une enquête et les exhorte à veiller à ce qu'elle soit transparente et crédible. Toutefois « en raison du flot constant de violations des droits de l'homme au cours de ces trois dernières années, et de ce référendum extrêmement controversé et clivant, les actions des autorités sont perçues avec une méfiance considérable par une partie importante de la population », a déclaré Zeid.

De toute façon, dans ce contexte fébrile, les services du Haut-Commissaire Zeid considèrent qu'il « s'agit d'une évolution très dangereuse ». « Le Burundi est inondé de rumeurs, les négociations politiques sont dans l'impasse, et les tensions augmentent brusquement à la suite de cette attaque, pendant que beaucoup redoutent ce qui pourrait arriver pendant et après le référendum de ce jeudi », fait-il remarquer. A cet égard, il a noté qu'un nombre important de politiciens de l'opposition et d'autres appelant à voter « non » lors du referendum, ont été la cible d'arrestations arbitraires et de détentions par les forces de sécurité, parfois avec l'aide du célèbre groupe des Imbonerakure qui soutient le gouvernement.

« Tout le monde souffrira si le Burundi plonge dans la violence pendant ou après le référendum », a mis en garde le Chef des droits de l'homme de l'ONU qui a également exhorté le Gouvernement à assumer ses responsabilités pour assurer au peuple burundais la paix, la sécurité et une démocratie pleinement fonctionnelle où les droits de l'homme sont respectés et où s'exerce l'égalité devant la loi de tous les citoyens. « Il lui reste très peu de temps pour inverser la courbe », a-t-il ajouté, tout en appelant aussi l'opposition qui tout en restant dans son rôle d'opposition, « doit également éviter toute action susceptible de jeter de l'huile sur le feu ».

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