15 Mai 2018

Guinée: Les maladies non transmissibles, une bombe à retardement

Ces dernières décennies, les maladies non transmissibles déciment de plus en plus de personnes en Républiques. Plusieurs guinéens sont touchés par ces pathologies. Malgré l'absence de statistiques, certains observateurs avacent que le taux de mortalité lié à ces maladies s'accroit.

Dr. Timothé Guilavogui, directeur national de l'épidémiologie et de lutte contre la maladie tire la sonnette d'alarme. Ce mardi 15 mai, au cours d'un entretien exclusif qu'il nous a accordé, attire l'attention de l'opinion publique sur les dangers que représentent ces maladies dans le futur. Par ailleurs, Dr. Guilavogui donne quelques moyens de prévention. Extrait.

« Je voudrais vous dire, pendant que nous sommes en train de fournir assez d'efforts pour lutter contre les maladies transmissibles avec des partenaires qui nous appuient, il y a une bombe qui est en train de se préparer. Et c'est valable pour beaucoup des pays africains.

Cette bombe s'appelle maladies non transmissibles. Les maladies non transmissibles sont en train de ravager à bas-bruit et au moment où on va se rendre compte de vrais visages de ces maladies, malheureusement ça risque d'être trop tard. Les maladies non transmissibles c'est sont des maladies cardio-vasculaires.

Regardez aujourd'hui en Guinée, c'est difficile de faire trois mois sans avoir un parent proche qui fait une crise d'accident vasculaire cérébral (AVC). Si les jeunes avant ne faisaient pas ces maladies non transmissibles, aujourd'hui vous avez des jeunes moins de 30 ans qui font des accidents vasculaires cérébraux.

Vous avez le diabète. On pensait que le diabète était une maladie liée à l'âge c'est-à-dire il fallait être sujets âgés pour faire une crise diabétique mais aujourd'hui vous allez regarder que c'est des jeunes mêmes qui sont diabétiques. Vous avez également les traumatismes.

Dr. Timothé Guilavogui, directeur national de l'épidémiologie et de lutte contre la maladie

Les traumatismes de tout genre. Regardez l'avènement des taxis-motos. Allez-y à la morgue vous allez voir des corps des jeunes liés aux accidents de voie publique. Si la direction a des priorités, l'une de nos priorités c'est de mettre en place un programme fonctionnel et robuste contre les maladies non transmissibles.

Si on ne fait pas attention on risque de se tromper de cible. Les efforts ont été fournis dans le cadre de la lutte contre les maladies transmissibles: le palu, la tuberculose, le VIH, ...

Malheureusement on a tendance à négliger les maladies non transmissibles et c'est ce qui fait que ce programme qui est très rudimentaire souffre de manque de financement. Parce qu'on ne l'a pas encore présenté comme une priorité des priorités.

Nous, en tant que direction, l'une des priorités plus importantes c'est vraiment de s'occuper de ces maladies non transmissibles. S'occuper de ces maladies non transmissibles c'est de mettre en place un programme fonctionnel et cohérent qui va s'occuper de ces maladies et essayer de mobiliser des fonds.

Je profite de l'interview avec Aminata.com pour dire que tous ceux qui veulent intervenir dans le sens de réduire le taux de mortalité et d'augmenter l'espérance de vie dans notre pays devraient s'investir dans la lutte contre les maladies non transmissibles.

Allez-y au service de diabétologie, vous allez trouver des amputations. Pourtant ces maladies sont évitables. La plupart de ces maladies ont des facteurs de risque. Le diabète et l'hypertension artérielle ont plusieurs facteurs de risque évitables qui sont liés au style de vie. »

Quelques moyens de prévention

« C'est de s'appuyer sur les facteurs de risque. Regardez le sédentarisme, lorsque les gens restent sur des positions d'inactivité pendant très longtemps, c'est-à-dire le manque d'exercices physiques. Ces maladies augmentent parce que les gens ne font plus d'exercices physiques.

Avec l'avènement de taxis-motos, si une femme pouvait faire un kilomètre par jour pour aller au marché et revenir, aujourd'hui les taxis-motos sont là pour de déplacement quel que soit l'endroit où l'on se situe. Donc, ça augmente le sédentarisme.

Vous avez le style de vie alimentaire qui a complètement changé. Surtout en Afrique on veut des aliments très doux. Et pour que l'aliment soit très doux il faut qu'il soit beaucoup sucré ou salé, cela veut dire qu'il y a beaucoup de graisses.

Et voilà ces éléments qui constituent les facteurs de risque. Vous consommez beaucoup de sel, il faut s'attendre à une hypertension artérielle ou de complications. Ces styles de vie que nous pensons que c'est la bonne vie se retournent contre nous les africains. »

Guinée

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