16 Mai 2018

Afrique de l'Ouest: Massacre de migrants ouest-africains en Gambie

En exil en Guinée équatoriale depuis plus d'un an, l'ancien dictateur gambien, Yahya Jammeh, pourrait avoir le sommeil trouble. En effet, en plus des nombreuses récriminations dont il a fait l'objet à l'intérieur de son pays, des voix s'élèvent dans des pays étrangers pour dénoncer ses turpitudes.

C'est le cas au Ghana où des organisations de défense des droits de l'Homme et des familles de victimes demandent l'ouverture d'une enquête et des poursuites contre le prédécesseur de Adama Barrow. En cause : l'assassinat de cinquante migrants ouest-africains dont 44 Ghanéens. C'était le 22 juillet 2005.

Selon un rapport conjoint de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest et des Nations unies, le gouvernement gambien, alors dirigé par Yahya Jammeh, n'est pas « directement et indirectement » impliqué dans ces assassinats. Il s'agit plutôt de l'œuvre « d'éléments incontrôlés au sein des forces de sécurité, qui auraient agi pour leur propre compte ».

Faux, rétorquent Human Rights Watch et l'ONG suisse Trial qui, à la faveur de l'alternance intervenue en Gambie, ont rouvert le dossier. Les langues ayant commencé à se délier, la conclusion est sans appel.

Les cinquante migrants ouest-africains ont été massacrés par les « Junglers », du nom de cette milice qui recevait ses ordres directement de l'ex-locataire de la Slate House. De quoi raviver la colère des parents des victimes qui, illico presto, sont montés au créneau pour réclamer justice pour leurs proches.

Le passé de chacun finit par le rattraper

La relance d'une enquête officielle par le Ghana, si elle a lieu, pourrait déboucher sur une demande d'extradition de Jahya Jammeh afin qu'il réponde, à l'instar du Tchadien Hissène Habré, des faits qui lui sont reprochés devant la Cour africaine des droits de l'Homme.

Seulement voilà, le président équato-guinéen, Teodoro Obiang Nguema, conscient qu'il pourrait lui-même répondre un jour devant ladite juridiction, de ses errements, n'accepterait pour rien au monde, d'extrader Yahya Jammeh à qui il a offert gîte et couvert.

N'avait-il pas déjà annoncé la couleur en demandant aux autres dirigeants africains de ne plus « humilier un ancien chef d'Etat » en le livrant à la Justice ? C'est pour cela qu'il convient de se demander si le cri du cœur des familles des victimes ghanéennes et autres, sera entendu.

Car, les dictateurs sont ainsi faits qu'ils sont solidaires entre eux. Ils ne se trahissent que très rarement. Toutefois, en rouvrant ce dossier sur tout un pan de la gouvernance de l'ex-maître de Banjul, les organisations de défense des droits de l'Homme et les familles des victimes envoient un message fort à tous les dictateurs africains qui, une fois pour toute, doivent comprendre que tout se paie ici-bas.

Bon ou mauvais, le passé de chacun finit par le rattraper. C'est pourquoi tôt ou tard, Yahya Jammeh répondra devant l'histoire de ses actes. Et c'est peu dire. Car, comme le dit l'adage, « Le sorcier oublie, mais pas les parents des victimes ».

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