16 Mai 2018

Burkina Faso: Toeyibin - Après-midi surchauffé pour une parcelle

Les habitants du quartier Toeyibin à Ouagadougou étaient dans la rue pour protester contre l'arrestation de sept des leurs suite à une manifestation d'humeur au cours de laquelle la clôture d'un terrain litigieux avait été saccagée. Non contente d'y avoir déposé ses agrégats et commencé ses travaux de construction, Dame Mariam Sanou, policière admise à la retraite, serait à l'origine de l'emprisonnement de ces personnes selon leurs explications.

«Supprimez les photos que vous venez de faire, supprimez-les ! », reprenaient en chœur les manifestants, composés en grande partie de mômes et jeunes du quartier Toeyibin à Ouagadougou.

Malgré nos répliques, carte professionnelle à l'appui, beaucoup ne voulaient pas en entendre parler, ni y accorder l'attention qu'il faut. L'attroupement qui s'était constitué pour barrer la voie aux passants se déplace à notre niveau.

De vieilles femmes profèrent des menaces : «Sommes-nous à un mariage pour que vous débarquiez et commenciez à nous faire des photos ?

Effacez-les, sinon les enfants ne vont pas vous laisser» ; pendant que certains cherchaient à arracher l'appareil photo des mains de son détenteur. Le vacarme augmente, d'autres badauds se préoccupent de mettre des pneus usagers sur les allées.

Ils déversaient ainsi leur bile sur l'équipe de reportage arrivé sur les lieux à 15h40. «Permettez-nous de nous expliquer au moins.

Nous sommes des journalistes de L'Observateur Paalga. avons eu vent de la grogne qui prévaut en ces lieux et sommes venus chercher à comprendre. Si vous ne voulez pas, on s'en va !», a-t-on martelé. D'autres jeunes, plus sages, à l'image de D.C.O, nous escortent sur le bas-côté du goudron et calment leurs amis furax.

«Laissez-les, ils vont les supprimez et nous allons leur expliquer pourquoi cette position », dit D.C.O. Le photographe, sous les instructions du solide gaillard fait semblant d'élaguer quelques clichés.

Les esprits "refroidis" commencent effectivement à accepter qu'ils ont affaire à des journalistes et vont jusqu'à les supplier de ne pas repartir et, mieux, de faire venir leur collègues des radios et des télévisions.

Passé cet orage, D.C.O. nous fait comprendre que «des individus envoyés par la dame ont fait des photos et des vidéos lors du démolissage des murs du terrain litigieux. Ce qui leur avait permis d'identifier trois personnes qui ont été placées, il y a environ deux mois, à la MACO ».

Il faisait allusion à Dame Mariam Sanou, une policière retraitée qui serait également la propriétaire de l'espace Dieudonné (aux alentours du site du SIAO).

Selon ses propos, deux autres personnes ont été alpaguées et ce jour deux autres ont été convoquées puis déférées directement à la Maison d'arrêt et de correction de Ouagadougou. Une situation qui a révolté les habitants qui réclament leur libération.

«La patrie ou la mort, nous vaincrons ! »

Pour lui, les personnes qui ont été enfermées n'ont touché à aucune brique lorsque le courroux des badauds les a poussés à saccager la clôture.

Ce serait uniquement sur la base de photos et de vidéos qu'ils ont été internés depuis «tout ce temps sans jugement». Il est d'autant plus scandalisé que, parmi ces sept personnes, il y a des pères de famille dont un vieillard de 65 ans et deux jeunes.

Lazare Zoungrana, tailleur, lui, souhaite parler à visage découvert. Il dit n'avoir pas volé ou commis un crime pour parler en requérant l'anonymat. « Nous ne sommes pas contents de l'attitude de la dame. Concernant le terrain querellé, elle a fait emprisonner trois personnes.

Nous avons vu le maire de Ouagadougou qui nous a dit qu'il va régler la situation mais rien n'a été fait jusqu'à nos jours. Au contraire, la dame a commencé à construire.

Alors pourquoi continue-t-elle de faire écrouer des gens ? Trop c'est trop ! C'est de l'injustice. Nous n'allons pas nous laissez faire même si on mourra pour ce terrain. Lors de nos échanges avec les forces de l'ordre, celles-ci ont dit que nos pères et frères seraient libérés dans quatre jours.

A l'issue de ce délai, si rien est fait, nous ressortirons le cinquième jour et ça sera pire », a-t-il prévenu. «La patrie ou la mort, nous vaincrons !» est scandée dans un brouhaha fait d'acclamations et de cris.

D.C.O. revient à la charge pour demander la libération des personnes détenues ou au moins leur jugement afin que chacun d'eux sache ce qui lui est reproché et subisse la rigueur de la loi le cas échéant.

Aux environs de 17h, les voies sont décongestionnées et la circulation reprend. Les éléments de la Compagnie républicaine de sécurité (CRS) et ceux de la police municipale regagnent leurs postes.

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