17 Mai 2018

Burkina Faso: Pénurie d'eau à Yako - Les femmes prennent d'assaut les locaux de l'ONEA

Le mercredi 16 mai dernier, les femmes du secteur 6 de Yako étaient dans les locaux de l'Office national de l'eau et de l'assainissement (ONEA) de Yako. Objectif, remettre leurs doléances au directeur de cette institution, pour une distribution équitable de l'eau dans la ville de Yako.

Munies de bidons, de pancartes, de seaux et de calebasses, elles étaient plus d'une cinquantaine, guidées par leur porte-parole, Noéline Ouédraogo, à prendre d'assaut les locaux pour se servir non seulement en eau au robinet de l'ONEA, mais aussi exprimer leur ras-le-bol face aux coupures intempestives d'eau au secteur 6 de Yako.

A l'occasion, elles ont remis leurs doléances au releveur de compteurs, Issa Traoré, qui a promis de transmettre cela à qui de droit. C'était en l'absence du directeur de l'ONEA de Yako.

Le 16 mai dernier, dès 8h déjà, les usagers des voies de la ville de Yako cherchaient à savoir ce qui se passait à l'ONEA, pour que des femmes entourent matinalement cette institution. Evidemment, il y quelque chose car, les femmes du secteur 6 de Yako, maîtresses du jour, cherchaient à se ravitailler en cette denrée devenue rare dans la province du Passoré, particulièrement au secteur 6 de Yako.

En l'absence du directeur de cette institution, elles étaient nombreuses à prendre d'assaut le service pour exprimer leur mécontentement face au fait que l'or bleu se fait souvent rare dans ce secteur, et en exiger une distribution équitable dans la ville de Yako.

Elles ont transmis leurs doléances au releveur, Issa Traoré, qui a promis de transmettre les doléances à qui de droit. Munies de seaux, de bidons et même de calebasses, elles se sont servies eau aux robinets de l'ONEA sur place.

« On veut de l'eau au secteur 6 », « on en a marre », « nous sommes fatiguées », « on est fatigué de payer des factures qu'on a pas consommées ». C'était autant de slogans que scandaient les manifestantes du jour qui criaient leur détresse. Les doléances ont été résumées en trois grands points, pour cerner les raisons de la mobilisation.

Il s'agit, pour le premier point, de revoir la distribution de l'eau dans la ville de Yako de sorte que le secteur 6 soit ravitaillé au moins 3 fois par semaine.

S'agissant du deuxième point, il était question de revoir les relevés au niveau des compteurs. Ces reléves se font de façon anarchique ou irrégulière, ou l'indice affiché au niveau des compteurs n'est pas respecté. Quant au troisième point, il porte sur la continuité du service au niveau du guichet de paiement, pour ne pas contraindre la population à payer des redevances.

Selon la porte-parole des femmes du secteur 6, Noéline Ouédraogo, il existe des familles, au secteur 6 de Yako, qui galèrent jour et nuit pendant plus de 5 mois sans voir une goutte d'eau couler à leurs robinets, pendant que des quartiers de la même ville sont abondamment servis 24h/24.

Elles ont demandé à l'ONEA de servir l'eau au secteur 6, 3 fois par semaine. « Nous ne pouvons pas accepter le fait qu'à tout moment, il nous faut veiller pour vérifier s'il y a l'eau ou pas dans nos robinets, et là encore, sans espoir.

S'il y avait quelque chose, les responsables de l'ONEA pouvaient saisir la presse pour informer la population de ce qui se passe et nous programmer des jours de ravitaillement pour permettre une certaine prise de dispositions.

Souvent même, on vient au guichet pour payer les factures et il n'y a personne. Cela fait que nous payons des pénalités sur les factures après », se sont-elles indignées.

Elles ont laissé entendre que cette action n'est qu'un premier pas, et que dans les jours qui suivent, si leurs voix ne sont pas entendues, elles sortiront avec des tenues sales, des soutiens-gorge sales, des marmites et des spatules pour dire qu'elles n'ont même pas le minimum d'eau pour faire le ménage.

A entendre Issa Traoré, releveur des compteurs qui a reçu les doléances des femmes, il dit ne pas avoir la capacité de répondre aux préoccupations, mais les transmettra à qui de droit.

C'est sur cette note d'espoir que les femmes ont quitté la cour de l'ONEA, avec leurs bidons, seaux et calebasses pleins d'eau servie au niveau des robinets de cette institution.

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