16 Mai 2018

Afrique de l'Ouest: Allo le Sahel, on revendique à Ouaga !

Le Sahel burkinabè ne fait que s'enliser de jour en jour dans le gouffre de la psychose que lui imposent les terroristes. Dans sa parution du 26 avril 2018, Sidwaya s'inquiétait de la situation dans cette partie du Burkina, dans cette même rubrique sous le titre « Il faut sauver le Sahel burkinabè », à la suite de la fermeture du Tribunal de grande instance de Djibo.

Mais tout porte à croire que cette région du pays des Hommes intègres continue sa course folle vers le précipice, sous le regard impuissant des autorités, au regard du récent acte criminel des «fous de Dieu» dans le département de Oursi, province de l'Oudalan. En effet, dans la nuit du lundi 14 au mardi 15 mai 2018, le domicile du préfet de la localité, Sigapinda Patrice Kaboré, a été attaqué, incendié et le locataire froidement assassiné.

L'infortuné a été accompagné à sa dernière demeure hier 16 mai 2018 au cimetière municipal de Gounghin. La situation devient donc plus inquiétante pour les fonctionnaires de l'Etat et autres honnêtes citoyens face à cette jungle qui s'installe dans la région. Chaque jour que Dieu fait, les terroristes adaptent leurs stratégies d'attaque pour contourner les mesures prises par le gouvernement.

Au Programme d'urgence pour le sahel (PUS) et à la présence accrue des Forces de défense et de sécurité dans la région, les terroristes ont développé plusieurs méthodes dont le harcèlement des fonctionnaires de l'Etat, les attaques des écoles et autres édifices publics, les assassinats ciblés des représentants de la République. On ne cessera de le dire, le projet macabre de ces gens sans foi ni loi est de faire de cette région un «no man's land», créant la faillite de l'Etat.

Cette course folle vers le précipice de la région du Sahel semble n'émouvoir personne dans la capitale au regard de la fronde sociale et de l'actualité politique marquée par des passes d'armes entre pouvoir et opposition autour d'autres sujets. Pendant que la chienlit s'installe au Sahel, la capitale, centre de toutes les décisions sociopolitiques, est l'épicentre d'une grogne sociale sans répit, attirant toutes les attentions.

La seule période de la deuxième quinzaine du mois de mai est marquée par une série de mouvements de grève. Le Syndicat national des travailleurs de l'agriculture (SYNATRAG) observe à partir d'aujourd'hui 17 mai 2018 une grève de 48 heures. Après un débrayage, les 4 et 5 avril dernier, sans satisfaction, les syndicats du ministère de l'Economie, des Finances et du Développement annoncent un mot d'ordre de cinq jours de grève à compter du 21 mai.

En outre, le Syndicat des travailleurs de la santé humaine et animale (SYNTSHA) prévoit aller en grève, du 23 au 25 mai, tandis que le Syndicat autonome des agents du ministère des Affaires étrangères (SAMAE) appelle à 72 heures de grève du 30 mai au 1er juin 2018.

Sans dénier ce droit à tout syndicat, il y a lieu de reconnaître que l'ébullition du front social, depuis 2016, cristallise toutes les attentions et mobilise les énergies autour des questions salariales au détriment de l'urgent qui est la question sécuritaire. Il faut le dire sans faux-fuyant, le Burkina Faso est en guerre et la priorité actuelle doit être d'apporter une riposte à la hauteur du problème en mobilisant toutes les énergies.

L'accent doit être mis sur l'effort de guerre avec la motivation et l'équipement des Forces de défense et de sécurité au détriment des dépenses de prestiges du gouvernement et des revendications tous azimuts des syndicats.

Revendiquer des bons salaires et des meilleures conditions de travail est un droit pour tout travailleur, mais vivre dans un environnement sécurisé est aussi une nécessité. Et les juges du Tribunal de grande instance (TGI) de Djibo ne diront pas le contraire.

Eux qui ont eu le beurre, l'argent du beurre et la fille de la fermière dès le début du mandat du président actuel étaient obligés de plier momentanément toges et manuels de droits pour raison d'insécurité. C'est pourquoi, les syndicats et le gouvernement que certains dénoncent aussi pour des dépenses de prestige, doivent éviter de confondre l'ombre et la proie.

A force de se bagarrer autour de ce qui peut attendre, on risque de perdre de vue l'urgent, à savoir éteindre le feu dans le sable mouvant du Sahel. Loin de donner un chèque à blanc au gouvernement de jeter aux oubliettes les préoccupations légitimes des syndicats, il y a lieu de faire une trêve sociale pour croiser le fer avec les terroristes et sauver la région du Sahel.

Face à l'ennemi extérieur, il est urgent que pouvoir, opposition, syndicats et forces vives de la Nation fassent front commun au lieu de noyer la question du Sahel dans les luttes de corporations et autres guerres d'idéologies.

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