18 Mai 2018

Burkina Faso: L'APMP au CFOP - « De lion, Zeph se transforme en caméléon »

Les responsables des partis politiques membres de l'Alliance des partis de la majorité présidentielle (APMP) ont animé une conférence de presse, le 17 mai 2018 à Ouagadougou, pour, ont-ils dit, exprimer leur solidarité au gouvernement.

La délocalisation de certains Conseils des ministres dans les régions, le renouvellement des véhicules du parc automobile de l'Etat et la fronde sociale ont été les points sur lesquels ils ont donné leurs points de vue.

La déclaration du Chef de File de l'opposition, Zéphirin Diabré, à la cérémonie d'ouverture du congrès ordinaire du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) le 5 mai dernier, a également été critiquée par L'APMP.

L'Alliance des partis de la majorité présidentielle (APMP) soutient les récentes décisions prises par le gouvernement. Ses membres l'ont fait savoir au cours d'une conférence de presse animée le 17 mai dernier à Ouagadougou. Les membres de ce regroupement de partis politiques disent soutenir les actions de l'Exécutif burkinabè.

Ils se sont également indignés des propos tenus par le Chef de file de l'opposition politique (CFOP), Zéphirin Diabré, lors de la cérémonie d'ouverture du congrès ordinaire du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), le 5 mai 2018, au palais des sports de Ouaga 2000.

« De lion, Zeph se transforme en caméléon pour tenter d'accéder à la magistrature suprême », a déploré Vincent Dabilgou, vice coordonnateur de l'APMP. Sur le chapitre du renouvèlement du parc automobile de l'Etat, la majorité pense qu'il est opportun. Pour ses membres, l'achat des véhicules répond à un besoin du moment.

« Le renouvèlement s'inscrit dans un processus animé par le souci d'efficacité des institutions de la République et non par un quelconque goût du luxe comme l'ont prétendu certains », a expliqué Vincent Dabilgou, vice coordonnateur de l'APMP, avant d'exprimer le soutien de la majorité à cette volonté du gouvernement de doter les ministres de moyens de déplacement qui leur permettront de bien faire leur travail.

Les revendications sous forme de grèves ont également été analysées par les animateurs de la conférence de presse. Ils soupçonnent des mains invisibles. «Nous avons l'impression que cette fronde est téléguidée, télécommandée soudainement par des officines politiques qui sont en train de travailler avec certains syndicats».

Et d'ajouter : «Il faut craindre, à juste titre, que les luttes sous le couvert du manteau syndical, servent des desseins inavoués et inavouables, participant d'une volonté délibérée de déstabilisation du pouvoir démocratiquement élu ». Signalons que la décision de délocaliser certains conseils des ministres a également été soutenue par l'APMP. Pour eux, cette démarche permettra de toucher les réalités du terrain.

Mieux, elle permettra de donner un coup de fouet aux activités des localités où les conseils des ministres auront lieu. Sur les lieux, l'occasion sera donnée au gouvernement, encore une foi, d'expliquer les actions qu'ils entreprend.

Les actions inscrites dans le Plan National de développement économique et social (PNDES), permettront de s'attaquer aux conséquences et aux causes de la pauvreté. Selon lui, les conséquences de cette pauvreté sont visibles, mais les causes sont difficiles à traiter. Le gouvernement attaque les deux fronts.

Embouchant la même trompette, Aly Badra Ouédraogo a estimé que c'est un faux procès que certains font au gouvernement et à la majorité présidentielle, pour avoir décidé de délocaliser certains conseils des ministres. Pour lui, il est normal que le gouvernement puisse dérouler son programme, puisque c'est sur la base de ce dernier qu'il a été élu. « Nous sommes des Burkinabè et nous vivons dans ce pays.

Ce n'est pas parce que nous sommes de la majorité présidentielle que nous sommes devenus amnésiques et suffisamment inconscients, à tel point que des gens qui ont géré le pouvoir de façon gabégique, viennent nous donner des leçons », s'est indigné Aly Badra Ouédraogo.

Répondant à la question d'un journaliste sur la sortie du Premier ministre à Tougan la semaine dernière, Lassané Savadogo, co-animateur de la conférence de presse, par ailleurs secrétaire exécutif national du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), a indiqué qu'il y a eu peu de vigilance, mais certains ont exagéré les faits pour en faire de la récupération.

«Le drapeau fait partie des symboles forts d'un Etat. Il est normal qu'il soit respecté et honoré. De ce point de vue, nous comprenons la réaction de certaines personnes qui ont considéré que le drapeau, tel que présenté à l'occasion de l'émission Tapis d'honneur, n'était plus le drapeau du Burkina.

Nous pouvons convenir avec cette opinion. (... ) En écoutant les uns et les autres, ce qui semble ressortir, c'est qu'il y a eu profanation. Je trouve que là, il y a exagération et une volonté délibérée de récupérer un fait anodin pour en faire une montagne. Pour qu'il y ait profanation, cela suppose qu'il y ait eu intention coupable.

Mais ce que nous avons vu à travers cette émission relayée au niveau des réseaux sociaux, est loin d'être l'expression d'une intention de modifier le drapeau du Burkina. C'est loin, par conséquent, d'être une profanation.

La polémique créée autour de cette question va susciter une grande vigilance à tous les niveaux, pour que les symboles nationaux, d'une manière générale, soient considérés par tous les citoyens comme étant sacrés, devant être respectés en tout temps et en toute circonstance.

Et par conséquent, nous pensons que ce débat et positif. Il ne s'agit pas, pour nous, de chercher des coupables ou des responsables, mais il s'agit de tirer les bonnes leçons de ce qui s'est passé et que ces leçons soient exploitées par l'ensemble des citoyens de notre pays », a relevé Lassané Savadogo.

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