20 Mai 2018

Congo-Brazzaville: 5 ans ferme pour le général Dabira - Il doit être bien heureux dans son malheur

Pour lui, ça sera cinq ans. Cinq ans « seulement », est-on tenté de dire. Dans son malheur, le général Norbert Dabira doit se dire en effet qu'il y a plus malheureux que lui : une semaine auparavant, le général Jean Marie Michel Mokoko avait, on se rappelle, écopé de vingt ans de prison ferme pour atteinte à la sûreté de l'Etat, détention d'armes et troubles à l'ordre public.

Cela, à l'issue d'un procès de quatre jours qui a vu passer trois témoins et au cours duquel l'ancien chef d'état-major général des armées congolaises s'était muré dans le silence ; un mutisme qui ne sera pas parvenu à lui éviter une peine trop lourde pour une accusation bien légère.

Une dizaine de jours après J3M, c'est un autre ancien haut gradé qui subit les foudres de l'impitoyable machine judicaire congolaise, laquelle a ces temps-ci la fâcheuse tendance à broyer du général.

Comme son frère d'armes Mokoko, l'ex-inspecteur des forces armées congolaises de 1997 à 2012 et l'un des géniteurs des miliciens Cobras pendant la guerre civile des années 90 était, lui aussi, poursuivi pour mutatis mutandis les mêmes motifs, notamment avoir voulu attenter à la vie de DSN. Mais contrairement au premier qui a décidé de se pourvoir en cassation, Dabira ne veut pas se donner cette peine supplémentaire.

Peut-être estime-t-il que, comparé à son frère d'armes, il s'en tire déjà à bon compte et qu'il n'est nul besoin de risquer gros en dernière instance à moins que, hypothèse plus probable, il n'estime qu'au royaume de Sassou où la justice est aux ordres, il ne peut espérer être blanchi de ce dont on l'accable.

Il avait pourtant eu plus de chance en 2005 quand il avait été acquitté dans l'affaire dite des disparus du Beach, peut-être parce que le vizir de Mpila était lui-même suspecté d'être mouillé dans cette ténébreuse histoire.

Les deux galonnés qui viennent d'en prendre chacun pour ... son grade sont-ils réellement coupables des faits qui leur sont reprochés ou sont-ils victimes de règlements de comptes politiques ourdis par leur ancien patron qui totalise, c'est toujours bon de le rappeler, 37 ans à la tête de ce qui est devenu le patrimoine familial des Sassou, père, fils, fille et gendre ?

On observera en tout cas que les tuiles de Mokoko, curieuse coïncidence, ont commencé quand il s'est mis à reluquer le trône du maître à la faveur de la présidentielle de mars 2016. Par la suite, il avait refusé de reconnaître la réélection, contestée, du monarque, allant même jusqu'à lancer un appel à la désobéissance civile. Péché inexpiable s'il en est.

En fait, le malheur de l'un comme de l'autre, c'est qu'ils ont oublié, les pauvres, qu' «un chef ça se respecte » (Sassou dixit) et que lorgner son trône ne peut qu'être crime de lèse-majesté, surtout quand on est un ancien collaborateur et un vieux compagnon de route. C'est parce qu'ils ont oublié cette règle élémentaire de survie au Congo que la justice instrumentalisée se charge de la leur rappeler.

Mais quand donc prendra fin cette démocrature de l'insatiable sapeur de Brazza qui semble avoir droit de vie et de mort sur ses sujets, réduits à supporter cette douce tyrannie en attendant que... Car ça finit toujours par arriver, et parfois de la plus cruelle des manières, pour ceux qui, à son image, éprouvent un désir d'éternité au pouvoir.

Congo-Brazzaville

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