20 Mai 2018

Afrique de l'Ouest: Opération «Koudanlgou» 2018

Le Burkina Faso, le Togo, le Bénin et le Ghana ont mené, du 15 au 18 mai 2018, une opération conjointe multilatérale contre la criminalité transfrontalière et le grand banditisme. Les résultats de cette opération dénommée «Koudanlgou 2018» ont été présentés le 18 mai à Cinkansé aux ministres en charge de la sécurité des quatre pays.

Plus de 200 personnes interpellées, des véhicules, des motos, des armes, des futs de cyanure et du chanvre indien saisis. C'est le bilan de l'opération «Koudanlgou 2018» menée conjointement par des Forces de défense et de sécurité (FDS) du Burkina Faso, du Togo, du Bénin et du Ghana du 15 au 18 mai 2018 sur les territoires de ces quatre pays.

Cette opération conjointe multilatérale contre la criminalité transfrontalière et le grand banditisme a mobilisé 2902 FDS, deux hélicoptères, 167 véhicules à quatre roues, 128 motos et a permis de couvrir la zone allant de Logobou à Zabré au Burkina Faso, de Tobré au Bénin, de Nallerigou au Ghana en passant par Dapaon au Togo. «Koudanlgou 2018» a permis concrètement, selon la présentation du chef de Poste de commandement opérationnel (PCO), le colonel Blaise Ouédraogo, l'arrestation de 42 personnes au Bénin, 52 au Burkina Faso dont deux présumés terroristes, 95 personnes au Togo et 13 au Ghana.

Pour le ministre de la Sécurité du Burkina Faso, Clément Sawadogo, Cette opération conjointe traduit l'exécution des directives données par les chefs d'Etat qui ont adopté l'initiative d'Accra en septembre 2017. Selon lui, les résultats présentés montrent la pertinence et l'efficacité de l'opération qui s'est déroulée dans un contexte où la criminalité transfrontalière est de plus en plus manifeste et en pleine mutation.

Cette criminalité, de l'avis de Clément Sawadogo, se caractérise désormais par sa nature, son ampleur et son aspect extraterritorial.

«Il ne s'agit plus de forme de criminalité classique, mais une criminalité organisée qui s'inspire d'idéologie avec une base qui dépasse les frontières. Je veux parler du terrorisme. Ces bandits n'utilisent plus des armes légères mais lourdes. Les criminels organisés n'ont que faire de nos frontières et se déploient d'un pays à l'autre», a indiqué le ministre de la Sécurité.

La nécessité d'un cadre juridique

C'est pourquoi, a soutenu M. Sawadogo, il y a lieu que les Etats revoient leur vision sur la question de la défense et de la sécurité parce qu'elles ne sont plus propres à chaque pays mais des enjeux régionaux. Au caractère extraterritorial de la menace, le ministre Sawadogo propose d'opposer une riposte organisée sur le plan régional.

Pour le ministre de la Sécurité et de la Protection civile du Togo, le général Damhame Yark, il est impérieux pour les Etats de la région de mutualiser leurs efforts pour mieux sécuriser leurs populations. A entendre le général Yark, si les criminels n'ont plus de frontières dans leurs opérations, les autorités des différents pays doivent travailler aussi à ce que les frontières ne soient plus des barrières mais des atouts.

«J'ai vu dans les recommandations la définition d'un cadre juridique pour les prochaines opérations. Mais ce cadre doit être la volonté de nos chefs d'Etat et de nos institutions à travailler ensemble pour la sécurité de nos populations.

Les quatre pays faisant partie de la CEDEAO, cette institution peut être impliquée pour définir un cadre adéquat pour ce genre d'exercice», a soutenu le ministre togolais en charge de la sécurité. Il a préconisé la multiplication de ces opérations conjointes pour mieux lutter contre la criminalité transfrontalière et le

terrorisme. Le ministre délégué chargé de la défense nationale du Bénin, Nouati Alain Fortunet, représentant le ministre de la Sécurité, a affirmé pour sa part que cette opération a permis l'intégration régionale entre pays, l'interpénétration entre les Forces de défense et de sécurité de ces pays et la mutualisation des moyens dans la lutte contre l'insécurité.

Le conseiller en sécurité du président ghanéen, le général Emmanuel Okyeve, a salué l'esprit de fraternité qui a régné entre les FDS des quatre pays et souhaité que les liens tissés au cours de l'opération soient entretenus entre les frères d'armes de ces pays.

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