21 Mai 2018

Afrique de l'Ouest: Lutte contre la criminalité transfrontalière - Naissance d'une coopération multilatérale Bénin, Burkina, Ghana et Togo

Une opération policière conjointe des Forces de défense et de sécurité du Bénin, du Burkina, du Ghana et du Togo a eu lieu du 15 au 18 mai 2018. Cinkansé à la frontière Burkina-Togo a servi de cadre pour faire le bilan de cette opération, en présence des ministres en charge de la sécurité de ces pays, le vendredi 18 mai 2018.

Première du genre, cette opération multilatérale a permis de faire un ratissage sur une grande superficie, à l'intérieur de chacun des pays. Elle s'est exécutée à l'intérieur d'une bande dont les limites partent de Logobou et Zabré au Burkina Faso en passant par Nalergo au Bénin, Dapaong au Togo, pour se terminer à Dobré au Ghana.

Selon le présentateur, le colonel Blaise Ouédraogo, l'opération dénommée 'koudanlgou 2018' a mobilisé 2 902 agents à travers plusieurs postes de commandement. Ces hommes ont été accompagnés par une importante logistique constituée de 167 véhicules légers et 128 engins à deux roues.

A l'issue de trois jours d'intervention, Koudanlgou, en termes de résultats, a permis d'interpeller 42 personnes au Bénin, 52 au Burkina Faso, 13 au Ghana et 95 au Togo. D'importantes saisies ont été faites dont 346 motos, 47 fûts de cyanure, du zinc et 40 baguettes d'explosifs pour le Burkina.

Pour le Togo, une importante quantité d'alcool et de carburant frelatés a été saisie. Des actions civilo-militaires ont été menées au Bénin et au Togo. Il s'est agi de consultations médicales foraines, de distribution de vivres et de sensibilisation sur la police de proximité pour le premier et d'une distribution d'eau potable pour le deuxième.

« Les résultats qui nous ont été exposés, montrent de façon éloquente la pertinence, la conduite opérationnelle efficace de cette opération. Ces résultats sont de nature à rassurer nos populations qui ont besoin de sécurité, dans un contexte où la criminalité transfrontalière est de plus en plus manifeste ». Telle était l'appréciation du ministre de la Sécurité burkinabè, Clément Pengdwendé Sawadogo.

C'était aussi l'avis de ses trois invités, le ministre de la Sécurité et de la protection civile du Togo, Gal Damhame Yark, le ministre de la Défense nationale du Bénin, Alain Nouati Fortunet, et le conseiller national à la sécurité du Ghana, Gal Emmanuel Okyeri. Ils ont positivement apprécié l'ambiance fraternelle entre les FDS, dans laquelle s'est déroulée l'opération Koudanlgou 2018.

Pour ces hauts représentants des quatre pays, elle va contribuer au renforcement de la coopération policière entre les différents pays, d'une part, et, d'autre part, entre les différents acteurs et forces d'un même pays. Tous s'engagent à rééditer ce type d'opération dans le but de mutualiser les moyens, les expertises et les capacités pour venir à bout de la grande criminalité et du terrorisme.

Les opérationnels recommandent la création d'un cadre juridique

L'hôte du jour, le ministre Clément Sawadogo, a insisté sur ce fait en recommandant d'opposer le caractère organisé au plan régional, sous-régional de la riposte, au caractère extra territorialiste de la menace criminelle et terroriste. « Nous devrions travailler non seulement à multiplier les initiatives et les actions, mais aussi à les approfondir pour faire en sorte que notre action soit la plus efficace possible », a-t-il poursuivi.

Le colonel Blaise Ouédraogo a souligné qu'une telle opération planifiée et exécutée par les FDS de quatre pays, ne pouvait se passer sans difficultés.

Il a cité, entre autres, des insuffisances dans les transmissions, les locaux ayant abrité les postes de commandement et l'absence d'un cadre juridique qui encadre cette action. Koudanlgou 2018 est fini, mais pour engranger plus de résultats pour les prochaines opérations, des recommandations en lien avec les difficultés rencontrées, ont été faites.

En réponse, le ministre de la Sécurité et de la protection civile du Togo, Gal Damhame Yark, a affirmé : « Nous allons prendre en compte ces recommandations et, entre ministres, nous allons y travailler pour que les prochaines opérations soient plus éclatantes ».

Il a reconnu la nécessité d'avoir un cadre juridique qui va définir cette opération conjointe multilatérale. Les ministres ont rassuré qu'ils vont rendre compte aux chefs d'Etat et même au niveau d'autres institutions sous régionales telles que la CEDEAO et l'UEMOA, pour voir quel cadre peut traduire dans les faits, ce genre d'opération.

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