21 Mai 2018

Burkina Faso: Grève des travailleurs du ministère des Finances - Le service minimum assuré dans certaines directions

La Coordination des syndicats du ministère de l'Economie et des Finances (CS-MEF) observe du 21 au 25 mai 2018, un arrêt de travail sur toute l'étendue du territoire. Si à Ouagadougou l'accès du ministère a été refusé aux grévistes pour leur piquet de grève ce 1er jour, dans certains services et directions générales du département, le service minimum a été assuré.

En ce 21 mai 2018, premier jour de grève, peu avant 7 heures, la Compagnie républicaine de sécurité (CRS) a investi la devanture du Ministère de l'Economie, des Finances et du Développement (MINEFID). Avec 6 à 7 pick-up, les policiers ont barricadé les principaux accès au ministère, obligeant les usagers à rebrousser chemin.

Aux environs de 7h30, les agents du ministère qui désirent gagner leur bureau sont autorisés à le faire, sur présentation de documents d'identité.

Les grévistes qui commencent progressivement à arriver sur les lieux sont tenus à distance, contraints de rester sur l'espace pavé de la RTB/télé qui fait office de parking pour véhicules. A 8h30, la Coordination sonne le rassemblement avec l'aide d'un mégaphone. Pour le président bimestriel de la CS-MEF, Mathias Kadiogo, la Coordination a déposé un préavis de grève le 4 mai 2018.

Ledit préavis, a-t-il expliqué, comporte sept (7) points que sont la restauration du check-off (prélèvement des cotisations syndicales), la restauration de l'allocation de carburant aux travailleurs, le relogement des travailleurs du ministère dans un bâtiment R+4 du MINEFID, le respect des protocoles d'accord signés avec les syndicats, l'arrêt des réformes entreprises au sein du ministère «sans l'adhésion des travailleurs », la résiliation des contrats de vérification des importations avec les sociétés privées d'inspection comme la COTECNA et le CCVA et l'adoption de «statut sécurisant» pour tout le personnel du MINEFID.

M. Kadiogo a regretté qu'au lieu d'engager un dialogue avec les travailleurs, le gouvernement ne les a reçus que le vendredi 18 mai pour «ne rien proposer de concret». Déjà, a confessé le président bimestriel de la Coordination, les syndicats pourront suspendre la grève si le gouvernement s'inscrit dans une logique de «concertation sincère et fructueuse» pour trouver des solutions.

Mathias Kadiogo précise cependant qu'aucune menace de sanction ne saurait ébranler leur détermination. «Les menaces n'ont pas d'effets sur notre mobilisation et à ces premières heures de notre manifestation, le mouvement est totalement suivi», a-t-il soutenu.

Le service minimum assuré

Sur le terrain, quelques guichets étaient ouverts à la direction générale du Trésor et de la comptabilité publique tout comme à la direction générale des impôts où les services semblent tourner au ralenti.

«Sur instruction» de son secrétariat particulier, le directeur général réfère les journalistes au ministère «parce que le mouvement est général». Quant à la Trésorerie régionale du centre (TRC), les guichets sont ouverts.

A entendre le TRC, Ferdinand Marie Désiré Yemtim, des dispositions ont été prises par la hiérarchie et à l'interne. «Tous nos deux guichets ventes de timbres sont ouverts, de même que nos trois guichets des opérations de caisse (versements et retraits). On peut donc dire que le service minimum est assuré», a-t-il confié.

Il reconnaît qu'une partie du personnel est allée en grève parce que sur un effectif de 126 agents, il y a 62 absences non-justifiées et six (6) absences justifiées, soit 58 présents dans l'ensemble des services de la TRC, composés du siège et des hôtels de finance des secteurs n°28, n°17 et n°11. Il a poursuivi que concernant les 12 agents réquisitionnés à la TRC, ces derniers ont tous pris leurs réquisitions, mais deux sont absents.

Dans un communiqué en date du 20 mai 2018, le gouvernement informe l'opinion nationale, que «dans sa volonté de cultiver et de maintenir le dialogue social», il a rencontré les syndicats à plusieurs reprises (dont la dernière en date s'est tenue le 18 mai 2018) et a présenté ses réponses à leur plateforme revendicative.

Ainsi, le communiqué mentionne que sur la reconduction du check off, le gouvernement a réaffirmé son attachement à la cession «volontaire préalable» des cotisations des agents publics. «A cet effet, une fiche de cession volontaire de revenu a été transmise à l'UAS pour observation et le gouvernement en attend le retour», peut-on lire dans le communiqué.

Sur le problème du carburant, le communiqué gouvernemental indique la disposition de l'exécutif à poursuivre l'application intégrale des points d'accord relatifs aux questions de dotation de carburant tels que contenus dans les protocoles d'accord et que par conséquent, l'arrêté n°2017-541/MINEFID/CAB du 26 décembre 2017 ne peut s'appliquer en l'état et devra être relu.

Au titre du relogement des travailleurs du MINEFID dans le bâtiment R+4 du MINEFID, le gouvernement s'engage à les y reloger dans un état fonctionnel au plus tard le 31 décembre 2018. Pour l'arrêt des réformes entreprises au sein du MINEFID, il réaffirme que les réformes majeures au sein dudit ministère seront conduites dans un processus participatif avec les partenaires sociaux du ministère.

A propos de la résiliation des contrats de vérification des importations avec les sociétés privées, il s'engage à mettre fin au programme avec la société COTECNA SA, conformément aux termes du contrat et à la stratégie inclusive de réappropriation des fonctions externalisées de la Direction générale des douanes (DGD) et à évaluer le dispositif mis en place avant toute décision concernant le CCVA.

Enfin, pour l'adoption du statut sécurisant pour tout le personnel du MINEFID, le gouvernement demande à la Coordination d'attendre le processus «inclusif» ouvert sur la question de réforme des rémunérations et des avantages complémentaires.

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