22 Mai 2018

Tunisie: Entre rustine et chausse-trappe...

En près de sept ans, sept chefs ont chapeauté quatorze gouvernements. Et pour quel bilan? Une scène politique minée par les divisions et les calculs de la politique politicienne. Laquelle politique politicienne privilégie les intérêts personnels et des partis aux dépens de ceux de la patrie et de la nation. S'y ajoutent, par conséquent, une économie à genoux, une corruption galopante, un peuple désespéré et ne sachant plus à quel saint se vouer et des horizons «sombres».

Plutôt que des calmants et antispasmodiques, la Tunisie a aujourd'hui besoin de vraies réformes. Des réformes si difficiles que d'aucuns estiment qu'il faut une révolution pour y parvenir. Il faut des réformes pour ce qui est du régime politique semi-parlementaire initié au lendemain de la révolution de 2010-201. Un régime politique qui s'est avéré, jusque-là, inefficace. Si bien qu'il se veut à l'origine de tous les blocages.

Au lieu de chercher à justifier l'injustifiable, de vouloir tout traiter à l'insu des citoyens et, «vouloir qu'à partir de là, ils ne portent pas de jugements faux et n'interprètent pas de travers», on aurait aimé voir et entendre les dirigeants de la Tunisie nouvelle proposer une nouvelle approche, un nouveau modèle de développement inspiré de grandes expériences mondialement reconnues.

On aurait aimé voir ces dirigeants définir les réformes nécessaires tout en les hiérarchisant en fonction de l'importance et de l'intérêt du plus grand nombre, donc de la nation. Car on ne peut pas tout faire à la fois.

Une lutte efficace contre la corruption, l'entretien du capital humain et la rigueur financière sont, faut-il le rappeler, les conditions de l'expansion économique et d'une politique sociale réussie.

Se relever après la chute n'est point une mission impossible, à condition d'éviter la répétition des mêmes faux pas. Car les mêmes gaucheries ne font que reproduire les mêmes erreurs.

Au lieu de causer sur l'utilité d'un remaniement gouvernemental au moment où le pays semble être pris à la gorge sur le triple plan politique, économique et social, on aurait aimé voir les dirigeants de la Tunisie nouvelle s'inspirer de l'ordolibéralisme allemand, constitutionnalisé sous la forme d'une économie sociale de marché.

Adopté dans une Allemagne de l'Ouest traumatisée par l'hyperinflation des années 1920 et soumis à l'influence des États-Unis, ce modèle économique et social a permis au pays de Gerhard Schroder de résister à toutes les crises économiques, dont celle de 2008-2009.

En vertu de cette approche, le marché procède d'un choix politique fondamental. Afin de neutraliser les cartels et d'éviter le chaos économique, c'est l'État -- « un État minimal mais suffisamment fort » -- qui élabore et fixe le cadre juridique, technique, social, moral et culturel. Il revient également à cet État minimal mais suffisamment fort d'imposer aux opérateurs publics et privés « le respect des règles du jeu garantissant le bon fonctionnement d'un marché où prix et salaires sont flexibles ». Et « une fois l'ordre concurrentiel constitué, l'action gouvernementale doit lui rester subordonnée».

Que font nos dirigeants sauf parler pour tourner en rond entre rustine et chausse-trappe ?

Tunisie

Vers une sanction du Club Africain par la FIFA ?

Le Club Africain est face à un nouveau problème. La formation de Tunis a été rappelé… Plus »

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Copyright © 2018 La Presse. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.