23 Mai 2018

Sénégal: Grève illimitée à l'université Assane Seck - Ziguinchor se solidarise avec Saint-Louis

Photo: Walfadjri
Marche des étudiants

L'ombre de la mort de l'étudiant Mouhamadou Fallou Sène plane toujours sur l'université Assane Seck de Ziguinchor où les étudiants ne décolèrent toujours pas. En assemblée générale dans leur université hier, mardi 22 mai, ils ont décrété une grève illimitée et égrené un chapelet de doléances sur fond de conditions. Que justice soit fait sur la mort de Fallou Sène et qu'ils (les Etudiants) rencontrent l'autorité suprême.

Ce sont les principales exigences brandies par ces étudiants dont une responsable de l'Amicale Rokina Diouf, très remontée, s'est adressée à la foule en ces termes : «la Coordination nationale des étudiants du Sénégal demande que justice soit faite pour le défunt Fallou Sène et que sa famille soit prise en charge.

Chose qui est déjà faite mais aussi que l'on rencontre l'autorité suprême (le Président de la République, Ndlr) pour que nous-mêmes en tant qu'Etudiants, nous lui faisions état des maux qui gangrènent ces universités parce qu'on a l'impression que les autorités de de tutelle ne le font pas... », lance, dépitée, cette étudiante.

Comme si cela ne suffisait pas, son camarade lui, déplore et regrette le fait selon lui «qu'à la place des diplômes académiques, ils récoltent souvent la mort de camarades étudiants».

«Une fois qu'on obtient le BAC, on est pressé de se rendre à l'université pour avoir la licence, le master mais à notre grande surprise, on se retrouve avec la mort comme diplôme» et de s'interroger «dans quel monde nous sommes ? Dans quel pays sommes-nous ?»

Dans un élan de solidarité, ces étudiants de l'université Assane Seck estiment que «ce serait une défaillance de ne pas coller au mot d'ordre décrété par leurs camarades sur le plan national».

«Une grève illimitée ne signifie pas vacances», tient toutefois à rappeler l'un des responsables de l'Amicale des étudiants, Mademoiselle Rokina Diouf à ses camarades qu'elle exhorte «à continuer le combat par la mobilisation» car selon elle, «décréter une grève, ne veut pas dire prendre des vacances, décréter une grève pour rentrer chez soi ce n'est pas se respecter et ce n'est pas respecter celui pour qui on est là aujourd'hui. Donc chers camarades, poursuivons le combat et restons à l'université comme nos camarades des autres universités».

Et de préciser «on peut nous appeler à tout moment et la situation peut se décanter». Des étudiants qui en ont profité également pour appeler à une forte mobilisation pour la marche de demain, jeudi. Une Assemblée générale tenue loin des forces de l'ordre fortement déployées dans les environs de l'université.

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