23 Mai 2018

Congo-Kinshasa: "Inflation" des partis politiques en RDC - AN - Pius Muabilu met en garde les "parvenus" politiques !

«On donne un drôle d'impression au Peuple. Pour créer un parti politique, il y a des devoirs et obligations ; c'est comme créer une entreprise. Ça signifie des sacrifices énormes», a dit l'Honorable Pius Muabilu Mbayu Mukala, Président du Congrès National Congolais, CNC.

C'était à l'occasion du débat houleux entre la représentation nationale et Henri Mova Sakanyi, Vice-premier Ministre, Ministre en charge de l'Intérieur et Sécurité. Mova est allé répondre à la question orale avec débat relative au financement des partis politiques lui adressée par Fidèle Babala. Pius Muabilu, cadre reconnu de la MP, est monté au créneau pour interpeller la classe politique du haut de l'estrade de la Chambre Basse du Parlement congolais. Pourquoi crée-t-on des partis politiques ? L'élu de Mont-Amba éclaire alors qu'avec l'examen de la question du financement des partis politiques, les yeux auraient été bien écarquillés à l'Assemblée Nationale.

Ne s'agit-il pas, peut-être, d'une démocratie qui va vite en besogne ; sinon mal incarnée par une frange de l'élite politique ? Plus de 600 partis, c'est le nombre des partis politiques qui se rangent dans la conquête du pouvoir par la dispute des voix des congolais à travers les urnes à chaque élection. Les uns plagient le projet de société et connaissent, d'entrée de jeu, leur impuissance à ne point arriver à arracher un seul siège au niveau tant législatif que présidentielle.

Les autres, par contre, savent le pourquoi de leur combat, du reste, axé sur une idéologie ambitieuse ou pas. En tout cas, c'est partant de ce paradoxe que le Président National du CNC, l'Honorable Pius Muabilu Mbayu Mukala s'est saisi de l'agréable devoir d'interpeller la classe politique lors du débat houleux du mercredi 23 mai 2018, en rapport avec la question orale avec débat adressée au Vice-Premier Ministre, Ministre de l'Intérieur et Sécurité, Henry Mova Sakanyi, par le Député Fidel Babala Wandu. Question d'être éclairé au sujet de l'affectation, mieux, de l'exécution des ressources reconnues à l'exercice des partis politiques dans l'esprit des lois en vigueur.

Pius Interpelle

«L'impression que nous donnons dans ce pays est telle qu'on peut se lever le matin, on sort de son université ou de chez soi, on enregistre un parti politique et on rentre chez ses parents pour s'assoir. Le lendemain, on transforme ce parti en fonds de commerce pour commencer à chercher des postes de tous genres et c'en est fini», dénonce l'élu de Mont-Amba qui estime que soutenir les actions des partis politiques est légal, mais ne doit pas pousser certains acteurs politiques à ignorer les devoirs et obligations qui en découlent.

«Pour créer un parti politique, il y a des devoirs et obligations ; c'est comme créer une entreprise. Ça signifie des sacrifices énormes », insiste-t-il, à haute et intelligible voix. Usant de la sensible métaphore des entreprises, le Cadre de la MP attire l'attention sur le fait qu'une entreprise créée sans se conformer aux prescrits de l'OHADA, ni celles de la DGI, par exemple, ne peut pas bénéficier des avantages du code d'investissement. Tel est, en effet, l'illusion des partis politiques qui ne déposent pas leurs rapports d'activités conformément aux lois du pays. Ces derniers, par voie de conséquence, ne peuvent prétendre profiter d'une subvention un tant soit peu, tance-t-il.

Loi rigoureuse

La loi n°08/005 du 10 juin 2008, portant financement public des partis politiques, stipule que les partis politiques peuvent recevoir de l'Etat des fonds publics destinés à financer leurs campagnes électorales, leurs activités, leur renforcement en capacité et à travers des campagnes d'éducation civique notamment, dans les conditions définies par la loi. Toutefois, la rigueur est stricte quant à la procédure pour limiter tout dégât.

Malheureusement, au pays de Lumumba, le contraste est tel que des Individus abusent de cette loi et créent du jour au lendemain des partis pour lesquels ils ne peuvent plus justifier ni les tenants, ni les aboutissants. Il est anormal de saluer la naissance à l'image des champignons des partis politiques satellitaires qui ne savent respecter ni devoirs, ni obligations. Il y a lieu de noter, cependant, que les partis politiques ne bénéficieront d'aucun sou pour la campagne électorale en septembre prochain. Et même, si ce financement était prévu conformément aux lois du pays, la loi stipule que les partis n'ont droit à cette caution qu'à l'issue de la proclamation des résultats.

Congo-Kinshasa

SADC - Les adieux de Joseph Kabila à ses pairs africains

Le président de la République, qui a renoncé à briguer un troisième mandat, a fait… Plus »

Copyright © 2018 La Prospérité. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.