27 Mai 2018

Burkina Faso: Reprise des relations diplomatiques avec la Chine - Le tchin-tchin samedi dernier à Pékin

Quarante-huit heures après l'annonce de la rupture de la coopération entre le Burkina Faso et Taïwan, le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Alpha Barry, a procédé, samedi 26 mai 2018 à Pékin, à la signature de la reprise des relations diplomatiques avec la Chine populaire.

Les deux parties se sont engagées à faire de cette nouvelle alliance un instrument de renforcement des relations sino-africaines.

Quand l'heure des retrouvailles arrive après un quart de siècle de séparation, il n'y a vraiment pas de temps à perdre.

Aussi bien du côté du Burkina Faso que de celui de la Chine populaire, on a mis les gaz pour « rattraper le temps perdu » entre 1973 et 1994, année du schisme entre les deux Etats.

En effet, à Ouagadougou, sitôt sa déclaration sur la fin de la coopération entre son pays et Taïwan faite dans la matinée du jeudi 24 mai, le chef de la diplomatie burkinabé s'est envolé, l'après-midi, pour Pékin.

Dans la capitale de l'Empire du Milieu ralliée au terme de deux jours de trajet entrecoupé de plusieurs heures d'escale à Abidjan puis Paris, « l'homme à la précieuse signature » n'aura pas le temps pour recharger ses accus.

A l'issue d'un bref entretien à l'aéroport avec le ministre assistant chargé des Affaires d'Afrique et d'Asie de l'Ouest, Chen Xiaodong, cap sur la somptueuse résidence des hôtes d'Etat où est prévu, dans la soirée, le moment tant attendu : l'acte marquant la relance des relations sino-burkinabé.

Signature et échange de documents, exécution des hymnes nationaux et brèves allocutions.

En ce samedi 26 mai 2018, année du chien selon le calendrier chinois, sous le coup de 17 H 45 (8 H GMT), sous les dorures des lustres géants et des crépitements des appareils photos, le Burkina Faso et la Chine populaire viennent de se dire à nouveau oui.

«Un moment historique», se réjouit le ministre chinois des Affaires étrangères et conseiller d'Etat, Wang Yi, vivant l'instant comme une victoire diplomatique sur Taïwan : « En mettant fin à ses prétendues relations avec Taïwan, le Burkina Faso a pris une sage décision et reconnaît désormais le caractère unitaire de la Chine», a-t-il ajouté avant de prévenir : «Toute tentative de diviser la Chine est vaine et vouée à l'échec car le processus de réunification est irréversible».

Plus loin, il a exhorté le dernier des Mohicans des «amis» de Taïwan», à savoir le Swaziland, à suivre l'exemple burkinabè « qui répond à une vision commune à toute l'Afrique».

« Jour de retrouvailles entre deux peuples, qui ont, à un moment donné de leur histoire, partagé une vision et une idéologie presque communes au temps de la révolution dirigée par l'ancien président burkinabé, le capitaine Thomas Sankara», estime pour sa part, le chef de la diplomatie burkinabé, Alpha Barry. Avant de rassurer son homologue chinois : «Ce rapprochement est tout à fait conforme à la vision du président Kaboré et à la volonté du peuple burkinabè. En témoignent les nombreuses réactions de joie qui ont accueilli l'annonce de la rupture des relations officielles avec Taïwan jeudi dernier... Il facilitera aussi la réalisation des projets régionaux et sous-régionaux que nous entendons initier avec nos pays voisins ou d'autres d'Afrique».

Au sujet de l'Accord-cadre général de coopération entre les deux Etats, Alpha Barry a dit souhaiter le voir signer au plus tard en septembre prochain.

En attendant l'arrivée «dans les prochains jours» d'une mission chinoise pour évaluer les besoins du «peuple burkinabè», il a révélé les contours dudit Accord-cadre qui s'étendent de la santé au TIC en passant par l'éducation, l'agriculture, le logement et bien sûr l'épineuse question de la défense et de la sécurité.

Le chef de la délégation burkinabè a aussi annoncé une visite officielle de son président, Roch Marc Christian Kaboré, à Pékin, « en prélude à la grande conférence Chine-Afrique prévue en septembre 2018 ».

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