Sénégal: Biens immobiliers - Abdoulaye Wade accuse le pouvoir de vouloir confisquer sa maison

Photo: Walfadjri
Karim Wade en compagnie de ses avocats

L'ancien président de la République, Abdoulaye Wade, accuse le pouvoir de vouloir saisir sa maison située au Point E. Dans un texte publié, l'ancien président a dit avoir été informé de « ce qu'une personne se présentant au nom de Me Kamaté, huissier de justice, a réclamé les clefs de sa maison du Point E ».

«Macky Sall a ordonné la saisie de ma maison ainsi que le modeste immeuble que j'ai construit pour des personnes qui ont été à mon service pendant plus de 40 ans et ont élevé mes enfants », dénonce-t-il dans un communiqué reçu à notre rédaction.

Il a rappelé qu'en tant qu'avocat ayant l'un des plus grands cabinets de Dakar, que c'est par de dures et longues journées de travail à travers tout le Sénégal, qu'il a acquis un respectable patrimoine dont la maison du Point E. «Je ne dis pas qu'il ne réussira pas mais il faudra qu'auparavant qu'il marche sur mon cadavre », a-t-il toutefois averti.

SAISIE DE SA MAISON : ME KAMATÉ ET L'AVOCAT DE L'ETAT, ME YÉRIM THIAM, NIENT TOUTE SAISIE DE LA MAISON

L'ancien président de la République, Me Abdoulaye Wade, dans un texte publié, accuse le pouvoir, particulièrement le chef de l'Etat, Macky Sall, de vouloir saisir sa maison située au Point E, précisant que Me Kamaté, huissier de justice, a réclamé les clefs de sa maison du Point E.

Si ce dernier affirme s'y être rendu, il a nié cette information. Quant à l'avocat de l'Etat, Me Yérim Thiam, il parle de «tentative de manipulation».

Me Jean Baptiste Kamaté du Cabinet «Scp Maîtres Tine et Kamaté, Huissiers de justice associés», sis à l'immeuble Gic, Avenue Cheikh A. Bamba, à Colobane, Dakar, a démenti, dans un communiqué parvenu à notre rédaction, de manière formelle : «il n'a nullement été question de procéder à une saisie immobilière (de la villa)». Mieux, rappelle l'huissier, une telle saisie «obéit à une procédure légale rigoureusement encadrée».

Toutefois, revenant sur les faits, Me Kamaté confirme s'être rendu, sur réquisition de M. le Procureur spécial près de la Cour de répression de l'enrichissement illicite (Crei), aux adresses des personnes condamnées par les arrêts numéros 109 et 02 respectivement rendus par la Cour Suprême du Sénégal et la Crei, les 20 août 2015 et ce, en vue de procéder à son exécution.

Selon lui, c'est le vendredi 25 avril qu'il s'est présenté à la «dernière adresse connue» de Karim Meissa Wade. Cela, précise-t-il, à l'effet de procéder «à la saisie vente des facultés mobilières corporelles (biens meubles corporels) pour recouvrer la peine pécuniaire à laquelle il a été condamné, peine majorée du décompte des frais liquidés le tout conformément aux dispositions de l'Acte uniforme sur les procédures simplifiées de recouvrement et voies d'exécution de l'Ohada».

Aussi, fait-il savoir qu'il n'a nullement été question, pour lui, de procéder à une saisie immobilière (de la villa). L'huissier note avoir trouvé «les portes de la villa fermées, il a alors dressé un procès-verbal conformément à la loi».

Comme Me Kamaté, l'avocat de l'Etat, Me Yérim Thiam réagit également. Dans un communiqué, Me Yérim Thiam parle de «déclaration tendant à dénaturer les actes de procédure en cours, de pure tentative de manipulation, alors que rien n'empêchait les parties concernées de se renseigner auprès de l'huissier instrumentaire sur la nature exacte de l'acte signifié».

Me Thiam précise aussi que d'une part, « le domicile dont il s'agit n'a ni été saisi, ni fait l'objet d'une quelconque procédure» et d'autre part, «l'acte signifié au dernier domicile de Karim Wade au Point E, est un commandement de payer sous peine de saisie de ses facultés mobilières délivrée, en exécution de l'arrêt de la Crei, en vue notamment d'une possible contrainte par corps». C'est pourquoi cette sortie est une «tentative de manipulation».

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