Sénégal: La politique nationale de migration vise "une gouvernance efficace" selon la DGPPE

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La politique nationale de migration du Sénégal (PNMS), conçue en cohérence avec la vision du Plan Sénégal émergent (PSE) qui est de faire du Sénégal à l'horizon 2035, un pays émergent dans la solidarité et dans l'Etat de droit. vise à assurer "une gouvernance efficace" des questions migratoires et "maximiser" les bénéfices de la migration pour un développement durable, précise la Direction générale de la planification et des politiques économiques (DGPPE) du ministère de l'Economie, des Finances et du Plan.

Selon un document de synthèse rendu public mardi à Saly-Portudal (Mbour, ouest) au démarrage officiel d'un atelier régional sur les migrations mixtes, organisé par la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), la DGPPE soutient que la PNMS est opérationnalisée à travers un "Plan d'actions prioritaires" (PAP) quinquennal adossé aux axes stratégiques de ladite politique.

Ce PAP se décline à travers 47 projets et programmes de développement inscrits dans une matrice sur la période 2018-2022 et dont le montant global s'élève à 57 868 943 292 FCFA, précise la DGPPE selon qui, cette est élaborée selon une approche inclusive, en conformité avec les différentes sensibilités nationales, tout en répondant aux exigences liées au processus d'intégration régionale et à la mondialisation, avec comme but, une meilleure prise en compte des besoins des populations.

« Cette vision repose sur une conception positive des interactions entre migration, gouvernance et développement, et renvoie à une responsabilité collective de tous les acteurs concernés par la migration qui, dans l'exercice de leurs missions différenciées, coordonnent leurs interventions en vue d'une cohérence globale, en s'appuyant sur les principes de transparence, de responsabilité, d'efficacité, d'efficience, d'équité et de primauté du droit », lit-on dans le document.

Selon la même source, les mouvements migratoires sont au cœur des préoccupations des nations, tant les facteurs générateurs de ces dynamiques sont incessamment alimentés par les crises politiques et économiques ainsi que les mutations sociodémographiques.

« Les inégalités profondes de développement entre pays, l'insécurité structurelle dans certaines régions du monde, le chômage et la pauvreté, sont autant d'éléments qui entretiennent les processus migratoires », relève la DGPPE à travers la direction du développement du capital humain, indiquant que « le phénomène migratoire restera une tendance lourde de notre époque ainsi qu'une équation complexe et multidimensionnelle » qu'il faudrait appréhender avec lucidité aussi bien à l'échelle nationale qu'internationale.

A cet effet, les techniciens du ministère sénégalais de l'Economie, des Finances et du Plan pensent qu'une gestion inclusive devrait être établie, suivant une approche holistique, si on veut apporter des "réponses adéquates" aux questions et problèmes de plus en plus complexes de migration.

"Les migrations mixtes constituent une notion complexe dont une meilleure compréhension permettra l'adoption et la mise en œuvre de mécanismes cohérents et adaptés pour la protection des migrants et des réfugiés", a expliqué la directrice-adjointe du bureau régional

Organisation internationale de la migration (OIM) pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre, Sophie NONNENMACHER mardi, à Saly-Portudal (Mbour, ouest), à l'ouverture d'un atelier régional sur les migrations mixtes.

Elle a félicité la CEDEAO pour tenter de mettre en place les ressources régionales qui permettraient d'améliorer la coordination régionale sur les migrations mixtes en Afrique de l'ouest, notamment la mise en place d'un groupe de discussions sur les migrations mixtes au sein de la CEDEAO, le renforcement de capacités des fonctionnaires des gouvernements sur le manuel et le kit de formation sur les migrations mixtes, la création d'un groupe de travail régional du MIDWA (Dialogue sur la Migration en Afrique de l'Ouest) sur les migrations mixtes.

"L'atteinte de ces résultats permettrait d'accroître l'expertise disponible au sein de la CEDEAO et en Mauritanie mais également d'avoir une meilleure maîtrise des tendances migratoires complexes, une évaluation des besoins en termes d'assistance et de protection afin de pouvoir fournir un soutien adéquat aux migrants vulnérables", a-t-elle fait noter.

Selon elle, cet atelier est une initiative du projet "Soutien à la libre circulation des personnes et des migrations en Afrique de l'Ouest" (FMM- Afrique de l'Ouest), financé conjointement par la CEDEAO et l'Union Européenne et est mis en œuvre par l'OIM), l'Organisation Internationale pour le Travail (OIT) et le Centre International pour le développement des politiques migratoires (ICMPD).

Lors du sommet de la Valette de 2015, l'Union Européenne (UE) s'est engagée auprès des Etats Africains pour la mise en œuvre d"'actions concrétâtes pour une gestion concertée de la migration", a rappelé, pour sa part, Patrice Desbonnes, Officier de liaison migration, Section Politique, Presse et Information de la Délégation de l'Union européenne.

Depuis, l'UE a apporté son soutien aux différents pays et notamment ceux de l'Afrique de l'Ouest à travers divers programmes. C'est le cas du programme "FMM West Africa" d'appui à la libre circulation des personnes et à la migration en Afrique de l'ouest, en co-financement avec la CEDEAO.

Ce programme mène des actions dans les 15 pays de la CEDEAO et de la Mauritanie sur différentes thématiques liées à la migration.

L'atelier régional sur les migrations mixtes prend tout son sens quand on sait le caractère complexe de la gestion des flux migratoires mixtes, qui requiert de la part des différents acteurs, une bonne compréhension cette question, des échanges et de la coordination pour une meilleure efficacité, notamment pour la protection des migrants.

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