29 Mai 2018

Burkina Faso: Office national d'identification/ Pierre Arsène Ouédraogo, agent - «Le personnel civil a été pris en otage »

Devant l'entrée principale de l'Office national d'identification (ONI), des usagers contraints de se protéger des rayons du soleil, qui assit sur les marches des escaliers, qui débout le dos collé au mur du service avec le peu d'ombre qu'il faisait et surtout les portes de l'institution fermées.

C'est le décor que nous y avons trouvé dans la matinée du 29 mai 2018. Une situation dictée par une crise qui prévaut depuis deux mois dans la boîte à production des cartes nationales d'identité.

«Le personnel civil a été pris en otage, avec incapacité de sortir. Beaucoup ont fait le pied de grue pour nous voir mais ils ont fini par partir. C'est maintenant que j'ai pu sortir », nous raconte Pierre Arsène Ouédraogo, agent dudit Office. Explications.

Ils croyaient que la crise du 30 mars 2018 était derrière eux depuis que le ministre de la Sécurité s'est saisi de la situation à polémique dans leur institution. Lors d'un Conseil d'administration, le directeur général de l'Office national d'identification (ONI), Parbignalé Arsène Yoda, aurait tenu des propos désobligeants à l'égard d'une des composantes du personnel.

Il aurait également entrepris de confier l'établissement des cartes nationales d'identité des Burkinabè de l'extérieur aux gendarmes. Ce qui avait tendu l'atmosphère et bloqué la délivrance des documents d'identité (Cartes nationales d'identité burkinabè et passeports).

«Au premier instant, il y a eu une médiation du secrétaire général du ministère de la Sécurité. Elle a échoué. Il y a eu une autre du Conseil d'administration de l'Office qui n'a pas produit les effets escomptés. C'est ainsi que le ministre de la Sécurité, lui-même s'est autosaisi du problème.

Après un certain nombre de concertations, il a pris des dispositions. Parmi elles, la suspension du DG pour un mois et l'envoi d'une inspection technique pour investiguer sur les problèmes au sein de la boîte.

Il a été également question de la rédaction d'une lettre d'excuse par le DG à l'intention de l'institution Police», a expliqué Pierre Arsène Ouédraogo, agent à ladite structure. Il est par ailleurs le coordonnateur des activités syndicales des civiles de l'ONI.

La décision de la suspension intervenue le 12 avril 2018 par le fait du ministre, Clément Pengdwendé Sawadogo, il revenait au secrétaire général de la structure d'assurer l'intérim. Passé cette période d'un mois, Parbignalé Arsène Yoda était censé reprendre du service. Mais que ne fut sa surprise et celle d'une partie du personnel quand il s'est présenté à l'institution, hier 29 mai 2018 ?

«Pour nous, nous étions à la fin de la crise puisque le contentieux a été vidé. Le SG a assuré l'intérim pendant un mois ; au cours duquel nous n'avons cessé de chercher à renouer le dialogue entre les protagonistes afin qu'on en arrive pas à la situation de ce matin. Nous avons approché la section UNAPOL de l'ONI afin qu'il y ait un dialogue. On nous a annoncé la reprise de service du DG ce matin, mais nous avons tous été surpris que les portes lui aient été fermées par des membres de la corporation afin de lui interdire l'accès à son bureau. Son véhicule a été bloqué, impossible pour lui de rentrer dans la cour de l'ONI. Le personnel civil a été pris en otage, je dis bien pris en otage à l'intérieur avec incapacité de sortir. Des gens ont fait le pied de grue pour nous voir mais sont repartis insatisfaits. C'est maintenant que j'ai pu sortir», a poursuivi Pierre Arsène Ouédraogo.

«Au 30 mai 2018, nous serons à 60 jours de crise»

Notre interlocuteur n'a pas manqué de signaler que depuis le 27 mai, craignant que la situation de crise ne dégénère, ils ont adressé une correspondance au président du Conseil d'administration afin d'attirer son attention sur un certain nombre de faits. Pour ses collègues civils et lui, composés essentiellement d'opératrices de saisie, l'ONI est un Etablissement public de l'Etat.

Ce qui veut dire qu'il a un programme d'activités. Pierre Arsène Ouédraogo a signifié qu'au 30 mai 2018, l'Office aura baigné dans 60 jours de crise avec certainement des conséquences pour les usagers. Il a l'impression que de manière tacite, «les gens accompagnent cette crise sans prendre leur responsabilité ou prendre les décisions qu'il faut ».

Et des conséquences parlons-en ! «Je viens de la Komandjari, dans la région de l'Est. J'ai beaucoup de camarades qui ont déjà leur CNIB, mais depuis le mois de mars je me promène avec mon récépissé.

J'ai été introduit ce matin, j'ai expliqué mon problème. On m'a dit que ce n'est pas possible, que de revenir le jeudi», a fait savoir Salif Lompo. L'étudiant en 2e année de Science juridique et politique (SJP) demande alors aux autorités de prendre la situation à bras le corps car manquer de faire un concours faute d'un document d'identité est inadmissible. Un cas parmi tant d'autres.

Nos tentatives d'avoir le son de cloche des agents occupant le poste de police se sont soldées par des échecs. Les portes des bureaux de l'ONI se sont ouvertes sous le coup de 12h.

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