30 Mai 2018

Tunisie: Dissiper les nouveaux nuages sombres

Plusieurs gros nuages sont venus, depuis ces derniers jours, s'accumuler dans le ciel de la Tunisie pour rejoindre d'autres, déjà là, et participer ainsi à faire obscurcir davantage les horizons pour l'économie du pays toujours en crise, ainsi que pour la transition démocratique encore fragile.

Situation qui rend la tâche des opérateurs économiques encore plus difficile car la Tunisie donne l'impression qu'elle est incapable de résoudre ses problèmes et qu'elle continue d'opter pour la politique de la fuite en avant, avec en perspective le risque de ne plus être en mesure d'honorer ses engagements.

L'un de ces nouveaux gros nuages, et non des moindres, est la crise gouvernementale devenue ouverte après l'impasse dans laquelle s'est retrouvé, lundi, le processus dit du «Document de Carthage II», à la suite de la position de plusieurs composantes politiques et sociales dudit processus, appelant au départ de l'actuel gouvernement, qualifié à sa naissance d'unité nationale.

Le pays entame donc une nouvelle étape de flou et d'incertitude due entre autres à l'affaiblissement extrême de l'exécutif, censé conduire plusieurs grandes réformes toujours en suspens, résoudre des conflits avec certains syndicats représentant plusieurs secteurs de la fonction publique (l'enseignement tous cycles confondus, la santé, etc.), poursuivre la lutte contre la corruption, faire face aux conséquences de l'augmentation du prix du pétrole sur le marché mondial, etc.

Le gouvernement est tenu aussi de participer en ce qui le concerne à la mise en place de tout le système de la démocratie locale et de gérer les dysfonctionnements qui ne manqueront pas surgir sur le terrain lors de la conduite de cette importante réforme prévue par la nouvelle constitution. Il est appelé par ailleurs à participer à un nouveau round de négociations sociales sur fond de hausse inédite de l'inflation.

Autant de missions délicates qui l'attendent, donc, et qu'il est tenu de faire aboutir avec succès. Cela sans oublier celle relevant de ses prérogatives courantes dont, chose importante, l'amélioration de ses recettes. Missions qui nécessitent une vraie légitimité et une confortable marge de manœuvre, ce qui n'est plus le cas depuis un certain temps.

L'autre nouveau gros nuage est l'aspect encore plus négatif de l'image financière de la Tunisie à la suite de l'annonce, faite il y a trois jours, par l'agence Fitch Rating qui consistait à confirmer les notes de «défaut émetteur à long terme en devises étrangères de la Tunisie à "B+", en révisant la perspective de stable à négative».

A cette note négative s'est venue s'ajouter l'annonce du classement de La Tunisie « parmi 11 pays interdits d'activité commerciale sur Bithumb, la plus grande bourse de crypto monnaie (monnaie numérique) en Corée du Sud».

La Tunisie est par ailleurs plongée depuis près d'un mois dans une marmite de consommation effrénée de biens périssables, dont bon nombre sont totalement ou partiellement importés (y compris l'énergie) et de gaspillage, avec un lourd impact sur les finances publiques, compensation oblige.

Sachant que touristes (y compris nos concitoyens résidant à l'étranger, en vacances en Tunisie) tout en injectant des devises dans notre économie participent notablement à l'aggravation du déficit effectif de la balance commerciale et à l'effort public de compensation.

Parallèlement à cela, la productivité connaît, elle, une régression notable comme chaque année au cours des mêmes circonstances et de la même période. Une situation d'extrêmes qui hélas va se prolonger plus de trois mois encore.

Tout cela se passe sous nos yeux alors que nous continuons de baigner dans ce modèle économique pernicieux qui nous livre pieds et poings liés au surendettement, totalement inconscients, ou presque que nous sommes entourés de bon nombre de dangers.

Nous n'avons jamais cessé de le rappeler, ici et ailleurs, que notre pays ne pourra être épargné de la faillite qu'en mettant fin aux conflits politiques et sociaux stériles et égoïstes, qu'en mobilisant le peuple face à des objectifs clairs, sous forme de grands défis avec, pour toile de fond, le culte du travail.

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