1 Juin 2018

Tchad: Les magistrats tchadiens en colère veulent recontrer le président Deby

Photo: Dany Danzoumbé/IRIN
Dans les rues de N'Djamena capitale du Tchad

Depuis deux jours, les Hommes en noir sont en grève pour protester contre la dégradation de leur situation sécuritaire, notamment suite au mitraillage de la voiture d'un de leurs collègues par des gendarmes.

L'incident s'est produit le 22 mai à Doba, dans le sud du pays, alors que l'avocat transportait dans son véhicule trois de ses clients libérés par la justice, des gendarmes tirent à balles réelles sur la voiture. Ils seront ensuite bastonnés et emmenés dans les locaux de la gendarmerie.

C'est pour condamner cette agression à l'endroit d'un avocat que les magistrats ont décidé, il y a deux jours, de la "cessation de toutes activités sur l'ensemble du territoire national".

"Nous tenons à rencontrer le président de la République pour lui présenter clairement les difficultés dans l'exercice de nos fonctions. Nous sommes quotidiennement menacés dans l'exercice de notre métier. Mais nous n'allons pas baisser les bras. Nous tiendrons nos engagements jusqu'à leur terme. Mais notre préoccupation majeure, c'est la destitution pure et simple des autorités administratives et militaires à l'origine de ce scandale et leur mise à disposition entre les mains de la justice", explique Maitre Maigangnon Athanase, batonnier de l'ordre des avocats du Tchad.

Directement visés : le gouverneur de la région du Logone orientale : Adam Nocki Charfadine, ainsi que le commandant de la gendarmerie. Selon le ministre de la Justice, une équipe a été dépêchée dans la ville où ont eu lieu les faits rapportés. Il faudra, dit-il, attendre la fin de la mission pour établir les responsabilités dans cette affaire et exiger éventuellement que des sanctions soient prises.

"Le président de la République, en tant que président du Conseil supérieur de la magistrature, en tant que garant de l'indépendance de la justice, est certainement préoccupé si une telle situation se passe. Et les avocats peuvent demander à le rencontrer, c'est de bonne guerre de lui dire de vive voix leur désaprobation par rapport à ce qui s'est passé. Déjà, à mon niveau, je trouve que ce sont des choses qui ne sont pas pardonnables", a declaré à DW le ministre de la justice, Djimet Arabi, estime pour sa part que les avocats sont dans leur droit de vouloir rencontre le président Déby.

Des sources proches du dossier indiquent en effet que le gouverneur de la région du Logone orientale, Adam Nocki Charfadine, pourrait être arrêté. Les avocats grévistes réclament pour leur part qu'il soit démis de ses fonctions.

Enfin, l'ex-directeur de cabinet du président tchadien Idriss Déby Itno, démis de ses fonctions mi-mai, a été arrêté mercredi. Il serait soupçonné de divulguer certaines informations sur les réseaux sociaux.

En savoir plus

Les fonctionnaires grévistes rejettent les propositions du pouvoir

Au Tchad, les salariés de la fonction publique disent non aux propositions de sortie de crise du cabinet… Plus »

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Copyright © 2018 Deutsche Welle. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.