6 Juin 2018

Angola: L'ONU préoccupé par la malnutrition et le faible taux d'enregistrement des naissances

Photo: UNICEF/ Connelly
Un bébé a la circonférence du milieu de son bras supérieur gauche mesuré pour des signes de malnutrition.

Le Comité des droits de l'enfant des Nations Unies attend beaucoup des nouvelles autorités angolaises pour qu'elles s'occupent davantage des enfants après l'adoption de onze nouveaux engagements en faveur de la protection de l'enfance. C'est ce qu'a indiqué Hynd Ayoubi Idrissi, une experte du Comité des droits de l'enfant et co-rapporteuse du Comité pour l'examen du rapport de l'Angola.

Les onze engagements, qui figurent dans la loi de 2012 sur la protection et le développement intégral de l'enfant, permettront une mobilisation de tous les secteurs concernés directement ou indirectement par la question de l'enfance. « Nous espérons qu'avec les nouveaux engagements de l'Etat partie, il y aura une meilleure protection et promotion des droits de l'enfant en Angola », a déclaré l'experte.

En attendant, les experts du Comité ont indiqué que « beaucoup restait à faire », notamment concernant la situation des enfants réfugiés, le travail des enfants dans les mines de diamant, la malnutrition des enfants et surtout les disparités notées dans les enregistrements de naissance entre zones urbaines et rurales.

Si le Comité des droits de l'enfant s'est félicité des efforts déployés par l'Angola pour arriver à l'enregistrement universel des naissances, notamment en exemptant les citoyens angolais des frais d'enregistrement pour les premières demandes d'enregistrement civil et de délivrance de cartes d'identité, les experts onusiens se sont tout de même dits préoccupés par le fait que l'objectif du Plan national de développement 2013-2017 de 100% d'enregistrements à la naissance d'ici à 2017 n'ait pas été atteint.

Le problème des retards de croissance chez les enfants de moins de 5 ans

Face à ces insuffisances, le Comité a invité Luanda à étendre sa campagne nationale d'enregistrement des naissances aux parents, y compris aux citoyens non-angolais, aux réfugiés et aux demandeurs d'asile. Cette sensibilisation devrait se focaliser aussi dans les zones rurales.

Lors de l'examen du rapport de l'Angola le 17 mai dernier, la délégation avait rappelé avoir créé près de 92 postes d'enregistrement dans les maternités, avec 15.000 enfants enregistrés.

Selon Luanda, les obstacles à l'enregistrement des naissances en Angola relèvent de la tradition, avec des parents qui ont parfois tendance à retarder l'attribution du prénom de leur enfant, la pratique étant de consulter pour ce faire la famille élargie.

« Il est donc souvent impossible de déclarer l'enfant au moment même de la naissance », avait souligné Ruth Madalena Mixinge, Secrétaire d'État à la famille au Ministère de l'action sociale, de la famille et de la femme de l'Angola.

Le Comité s'est aussi inquiété de la prévalence de la dénutrition symbolisée par les chiffres de retard de croissance des enfants de moins de cinq ans qui sont passés de 29% en 2015 à 38% en 2015-2016. Selon les experts indépendants de l'ONU, la dénutrition est également associée à 45% des décès d'enfants en Angola.

Le Comité invite instamment Luanda à allouer des ressources financières, humaines et techniques suffisantes à la mise en œuvre de sa Stratégie nationale de nutrition et d'envisager une nouvelle politique alimentaire et nutritionnelle nationale, qui accorderait une importance primordiale à la nutrition maternelle et infantile.

Enfin, sur le sujet du travail des enfants dans les mines de diamant, Luanda a rappelé que le travail est autorisé dès l'âge de 14 ans, pour autant que l'activité vise la formation de l'enfant. Le travail des enfants dans les mines est totalement interdit, a indiqué la délégation angolaise.

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