7 Juin 2018

Congo-Brazzaville/Zambie: Valdo - « Nous irons jouer contre la Zambie. Tout est prévu, calé et validé »

interview

Le Brésilien Valdo Cândido de Oliveira Filho, dit Valdo, nouveau sélectionneur du Congo, dresse son bilan du stage des Diables rouges. L'ancien meneur de jeu de la Seleção et du PSG livre sa vision du football et ses ambitions pour les équipes de jeunes. Il annonce qu'il bénéficiera d'un match amical contre la Zambie pour préparer la rencontre Congo-Zimbabwe.

M. Valdo, après une semaine de stage en France et deux séances initiales à Brazzaville, quel bilan tirez-vous ?

Positif. Je viens de prendre en main cette sélection A. J'avais donc logiquement besoin de temps pour connaître ce groupe. Vous savez que j'entraîne déjà les sélections U17 et U20 depuis près d'un an, donc je connais déjà le football congolais. Mais ce stage m'a permis d'avoir une ligne directrice en vue du prochain rassemblement et des matchs qui nous attendent.

Lors de ce rassemblement, vous n'avez pu compter que sur cinq joueurs de la diaspora (ndlr : Massengo, Bahamboula, Avounou, Malonga et Delarge). Est-ce un problème pour vous ?

Moi, je m'occupe des joueurs qui étaient présents, pas des absents. La liste a été faite, je précise que c'était celle faite par Barthélémy Ngatsono, puisque je n'étais pas encore nommé, donc j'ai travaillé avec les joueurs présents. Il y avait une majorité de joueurs issus du championnat local, effectivement. Mais en quoi est-ce un problème ? Il y a beaucoup de qualités et un gros potentiel chez les joueurs « nationaux ». De toute façon, le Congo appartient à tous les Congolais et pas seulement aux joueurs expatriés.

Donc pas de préjugés dans un sens ni dans l'autre. Mais comment allez-vous faire pour voir et connaître les absents, parmi lesquels figurent des cadres de l'équipe (Ndinga, Bifouma, Oniangué... ) ?

J'ai déjà une fiche sur chacun d'entre eux. Mais une chose est claire : je suis le sélectionneur, c'est moi qui me déplace, qui observe et qui décide. Personne ne va me dire « lui, il joue bien, lui ne joue pas bien ».

Valdo le joueur est connu de tous les férus de football. On connaît cependant moins bien l'entraîneur. Quelle est votre philosophie de jeu ?

J'ai un mot d'ordre : la possession du ballon. La base, c'est la technique. Si tu contrôles bien ton ballon, tu le passes bien. Mauvais contrôle, mauvaise passe, c'est la base. Donc, j'attends de mes équipes qu'elles conservent bien le ballon, comme le Real Madrid ou Barcelone. Je ne nous compare pas à ces équipes, mais on doit s'en inspirer, car ce sont les références actuellement. Donc ma philosophie, c'est possession de balle, technique et travail.

Justement, durant ce stage, le travail physique était dirigé par Fodié Diarra, préparateur physique à l'Insep (Institut national du sport, de l'expertise et de la performance, basé à Vincennes), avec des exercices ludiques et variés. Vous les aviez planifiés ensemble ?

Sans condition physique, la technique manque de précision, de maîtrise. Donc, c'est fondamental de bien travailler. Et Fodié nous a apporté une belle expertise à ce niveau, avec des ateliers très complets. C'est un point très positif de ce stage.

Vous êtes le premier sélectionneur brésilien du Congo, traditionnellement tourné vers les techniciens européens. Pensez-vous pouvoir inculquer une touche brésilienne au football congolais ?

Depuis mon arrivée, je suis totalement imprégné dans la formation avec les sélections de jeunes. Avec les U17, on a débuté par la base, puisque j'ai moi-même effectué la détection. Aujourd'hui, je crois qu'on peut dire que le public se régale avec cette équipe, qui joue bien au ballon. Mais pour ça, on travaille beaucoup. Petit à petit, avec mon ministre, qui me donne beaucoup de moyens, et ma fédération, on va essayer de restructurer la base. Si tu construis une belle maison, mais que la base n'est pas solide, ta maison finira par s'écrouler.

Dans trois mois, les Diables rouges affronteront le Zimbabwe à domicile pour le compte de la deuxième journée des éliminatoires de la CAN 2019. Allez-vous demander l'organisation d'un match amical ?

Je l'ai déjà demandé et obtenu. Nous irons jouer contre la Zambie. Tout est prévu, calé et validé.

A l'occasion d'une date Fifa (ndlr : après consultation du site de la Fifa, la prochaine date Fifa débute le 3 septembre, celle du 15 août ayant été retirée du calendrier annuel) ?

Normalement, oui.

Vous rentrez ce 8 juin pour préparer le troisième tour des éliminatoires de la CAN U20 contre le Sénégal (les 13 et 20 juillet). Pas de répit pour vous...

Quand on m'a proposé la sélection A, j'ai accepté à condition de garder les sélections de jeunes. Pour moi, le plus important, c'est de préparer la base. Ce travail avec les jeunes est passionnant.

Dans le groupe présent à Lisses et Roissy, trois joueurs font partie du groupe U20...

Oui, il y a Prestige Mboungou, Itali Ossété, mon capitaine, et Perraud Ndinga. Mais vous savez, j'ai aussi cinq joueurs des U17 qui sont surclassés chez les U20. Ce n'est pas parce que tu es plus jeune que tu as moins de valeur. Quand on travaille bien, on est récompensé. Et puis, il y a un bon état d'esprit chez mes garçons, avec le respect du drapeau. Quand on n'a pas l'amour du drapeau de son pays, ça ne va pas. Moi, la première fois que j'ai été appelé en sélection brésilienne, pfff. Je ne peux pas trouver les mots pour décrire ce sentiment... Tu deviens soldat, ambassadeur, représentant de ton pays. C'est un message que je veux transmettre, au quotidien, à mes jeunes.

Vous semblez très ambitieux pour ces deux générations à venir...

Au tournoi Unifac, nous terminons troisièmes, mais nous sommes la sensation du tournoi en jouant un beau football. C'est comme ça qu'on peut être détecté. J'ai dit à mes jeunes : « travaillez, jouez bien et vous irez en Europe, mais pas pour jouer n'importe où. Pour jouer dans des grands clubs, là où vous serez vus par tout le monde, où vous pourrez bien gagner votre vie ». Ces jeunes, ils jouent bien au ballon, ils font venir les gens au stade. Je crois beaucoup en eux.

Joueur, vous étiez un meneur de jeu de très haut niveau, avec la palette technique propre aux joueurs brésiliens. Essayez-vous de transmettre cet ADN footballistique à vos joueurs ?

Moi, je suis un passionné de foot, un amoureux du ballon. J'essaie de transmettre cette passion. Je veux qu'ils soient heureux, enthousiastes, comme moi. Qu'ils pensent bonheur, travail et ambition. Si on marque le premier but, je ne veux pas qu'on danse pour le fêter. Je veux qu'on mette le deuxième. Mais à 2-0, tu laisses l'espoir à l'adversaire de revenir, donc je veux le 3-0. J'attends de mes joueurs qu'ils soient sérieux avec la joie de vivre.

Est-ce que Valdo, l'ancien joueur, se retrouve quand il voit grandir un joueur comme Prestige « Mané » Mboungou ?

Déjà, je vais vous dire, sans manquer de respect à personne, que je ne comprends pas vraiment le bien-fondé de ce surnom de Prestige « Mané ». Chez mes jeunes, certains se surnomment « Mbappé », mais je leur dis, « non, vous allez percer avec votre propre nom ». Je trouve qu'ainsi, ils perdent leur identité. Chacun à son ADN. Pour revenir à Prestige, il est pétri de talent. Il y a aussi Junior Mouniengué ou encore Borel Tomandzoto. Lui, je suis persuadé qu'il sera un grand joueur dans un grand club d'Europe. Ce sont des vrais joueurs de ballons. Comme mon numéro 10 chez les U17, Reich Kololo : un « dix » pur, très élégant, beau à voir, 1m78, qui joue facile, du pied gauche. Mais dans sa tête, parfois, il se voit déjà arrivé. Alors, je l'écarte pour qu'il n'oublie pas que le groupe passe avant tout. La première fois que j'ai fait monter des U17 en U20, je ne l'avais pas pris pour qu'il comprenne les valeurs du collectif et du travail. Aujourd'hui, il a compris et il est surclassé. Donc, il y a du talent, mais il faut beaucoup de travail. Au Brésil, on peut trouver un million de personnes qui ont été U15 un jour, mais qui n'ont jamais confirmé. Alors, je le redis : travail, travail et travail.

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