11 Juin 2018

Congo-Kinshasa: La CPI hypothèque sa crédibilité

Photo: Photo ONU/Rick Bajornas
Le siège de la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye.

Quelle que soit la longueur de la nuit, le jour finit par apparaitre ! L'acquittement de Jean-Pierre Bemba constitue l'évènement de cette année, autant pour le peuple congolais que pour l'ensemble de la planète terre. Les dix années que ce compatriote vient de passer prison ont connu une fin normale. Mais le verdict du vendredi 08 juin a fortement entamé la crédibilité de la Cour Pénale Internationale.

Peu des gens et particulièrement les africains ne lui prêtaient plus la moindre confiance car cette cour s'est acharnée sur des africains avec une ferveur sans pareil. Depuis sa création, la Cour Pénale ne s'est occupée que des Africains et spécialement des Congolais. En et pour tout cinq compatriotes ont été pratiquement enlevés sans ménagement ni la moindre considération et cosdnamnés lourdement pour 4 d'entre eux.

Mauvais signal

D'aucuns pensent qu'au lieu de laisser moisir JP Bemba en prison, aurait été plus juste de le fixer rapidement sur son sort ou de accorder la liberté provisoire, telle que sollicitée plusieurs par la défense. Le constat d'un dossier mal ficelé pousse à croire le Procureur Moreno était, soit instrumentalisé, soit « corrompu » une main noire. Dans un sens, cadres et militants du MLC n'avaient tort de décrier un procès politisé.

En tous les cas, le revirement spectaculaire que vient de l'affaire Bemba vient de semer le doute dans de nombreux esprits sujet des investigations du Procureur Moreno Ocampo comme de celles celle qui lui a succédé au poste, Bensouda.

Beaucoup de Congolais et Africains ont désormais toutes les de douter de l'indépendance et de l'impartialité des magistrats parquet comme du siège de la CPI. Du coup, il y a à se demander les arrêts rendus contre Germain Katanga, Thomas Lubanga, Ngudjolo étaient assis sur des faits irréfutables. Il reste à si le Général Bosco Ntaganda, dont le dossier relatif aux crimes guerre et crimes contre l'humanité commis en RDC y est connaîtra un verdict sans reproche.

Au regard du feuilleton de Jean-Pierre Bemba, on est en droit s'interroger sur l'impunité des commanditaires et auteurs massacres, viols, tortures, et autres épurations ethniques Nord-Kivu, en Ituri, au Sud-Kivu, au Nord-Katanga et dans le Kasaï. En s'illustrant par une justice qui a tout l'air d' sélective, la CPI laisse la triste image d'une juridiction qui sur ordre. De qui ? Les Occidentaux sont pointés du doigt.

Arrestations illégales et En 2008, en exil en Belgique, Jean-Pierre Bemba fut cueilli vers heures en son domicile situé au quartier huppé de Rhode-Saint- avant d'être menotté et conduit brutalement dans une fourgonnette la Police Belge pour la prison de Scheveningen, aux Pays-Bas. mandat d'arrêt émis par la Procureur Ocampo Moreno n'était accompagné d'un dossier judiciaire documenté par des preuves culpabilité. Il va ainsi passer presque douze mois dans cet état que le Procureur n'ait pu requalifier les faits comme prévu par Charte de Rome en ce qui concerne les accusations de crimes de ou contre l'humanité, viols et autres crimes lui reprochés sur papier, sans aucune preuve palpable.

Des audiences publiques lugubres et L'opinion a assisté à des audiences publiques ennuyeuses et au cours desquelles l'accusation n'avait apporté aucune palpable au regard de la Charte de Rome créant cette judiciaire internationale. Bien au contraire, que des fois les de la défense n'ont-ils pas humilié le Procureur Occampo Moreno balayant du revers de la main les différentes accusations qu' prononçait à charge de l'infortuné !

J.P Bemba n'a jamais mis ses pieds à Le tout premier élément qui a surpris l'opinion, c'est le fait durant tout ce procès, l'accusation n'a jamais apporté des attestant une quelconque présence de l'infortuné sur le centrafricain. Il en est de même du gouvernement centrafricain et la Fédération Internationale des Droits de l'Homme qui s' présentés comme parties civiles, en saisissant la Cour Internationale.

Experts ridiculisent la Au cours des audiences publiques, tous les experts provenant des Etats européens commis pour éclairer la religion de Cour avaient démontré, preuves à l'appui, que l'on ne peut pas les opérations militaires pendant une guerre à partir de 8.000 kms front. Il étairt, du reste, prouvé que J.P.Bemba se trouvait à la de la délégation de son mouvement politico-militaire le MLC négociations politiques inter congolaises de Sun City en Afrique Sud.

Eléments du MLC sans armes au beach de Il a été établi aussi que les éléments du MLC avaient été au beach de Bangui par l'Etat-Major composé des militaires de l' régulière centrafricaine. C'est là qu'ils avaient été équipés en et habillés en tenues de l'armée régulière centrafricaine.

Et c'est le même Etat-Major centrafricain qui allait diriger opérations de ratissage de la ville de Bangui et ses environs déloger des éléments rebelles du général François Bozize. L' général de Brigade Mustafa Munia commandait les éléments du MLC compagnie des officiers supérieurs centrafricains qui connaissent le terrain et les différentes localités occupées par les rebelles François Bozize, qui bénéficiait des appuis militaires de l' tchadienne.

Ange-Félix Patassé jamais entendu par la CPI

Le plus étonnant et révoltant, c'est le fait que le chef de l' centrafricain de l'époque, à savoir Ange-Félix Patassé, et officier supérieur centrafricain n'avaient jamais été convoqués, comme témoins ni comme renseignant, par la Cour et encore moins par Procureur Occampo Moreno. Et cela pendant tout le procès qui duré sept ans.

Les lettres de Bemba à Bangui, ONU, Union Africaine et Union européenne

Lorsque Jean-Pierre Bemba avait eu vent des exactions attribuées éléments du MLC durant les opérations militaires de ratissage à et ses environs, il avait expédié des lettres au centrafricain, avec copies pour information à l'Union Africaine, Européenne, l'ONU et certaines ONG de défense des droits de l' pour demander à la justice militaire de l'Etat centrafricain sanctionner avec sévérité ce genre d'actes.

Plus tard, de retour Gemena, il avait institué une cour martiale pour juger certains de hommes reconnus coupables de ces crimes. La presse congolaise été conviée à couvrir ce procès. On rappelle à ce sujet qu'un avion la MONUSCO mis à la disposition des journalistes kinois avait empêché de décoller de l'aéroport international de Ndjili. Ceux de confrères qui avaient pu atteindre Gemena à bord d'un autre avion la MONUSCO avaient été entendus sur procès-verbaux par les «services» dès leur retour à Kinshasa.

Jurisprudence Mathieu Le chef d'une milice de l'Ituni, en la personne de Mathieu Ngudjolo, et expédié à La Haye pour des accusations à charge de ses d'avoir commis des crimes de guerre et contre l'humanité dans territoire de l'Ituri. Il passa à cinq ans à la prison Scheveningen, jusqu'au jour où les différents témoignages que lors des massacres commis sur des populations civiles dans localité de Bogoro, en sa qualité d'infirmier, il était en train travailler dans un hôpital au niveau de la salle d'accouchements. Cour Pénale Internationale l'acquitta et il retourna au Congo. C' grâce à cette jurisprudence de la CPI et aux autres éléments vendredi dernier la chambre d'appel a fini par acquitter purement simplement le leader du MLC.

Une autre jurisprudence internationale qui a été prise en compte les juges de la chambre d'Appel concerne le cas d'un grand général l'armée de la République de Croatie. Ce dernier avait été d'avoir été mêlé à des crimes de guerre et crimes contre l' pendant la grande guerre civile dans l'ex-Yougoslavie. Dès lors des témoignages concordants avaient démontré qu'il n'avait jamais sur les champs des batailles, la Cour Pénale Internationale sur Yougoslavie l'avait purement et simplement acquitté.

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