11 Juin 2018

Egypte: Ramadan au Caire - Quand feuilletons et lampes « fanous » font bon ménage

Le ramadan reste un mois sacré et spécial pour la communauté musulmane. Mais, chaque peuple l'observe avec une forte dose culturelle. Au Caire, la particularité, ce sont les lanternes traditionnelles (fanous en arabe) aux couleurs vives qui illuminent les rues de la capitale et l'éclosion des feuilletons télévisés. Un tour dans les artères nous permet d'en avoir le cœur net. Reportage.

Lorsque le ramadan s'annonce en Egypte, on le sent à travers les rues. Le décor change complètement. En ce mardi 8 mai 2018, les rayons du soleil réchauffent les habitants et étrangers qui empruntent la voie, menant vers la cité de la production médiatique, située à 30 km du centre de la ville. Le constat qui s'offre à nous est celui-ci : à chaque coin du Caire, les panneaux publicitaires attirent les attentions.

D'une part, ce sont des appels à la consommation accrue, du lait aux dattes en passant par les céréales, pâtes alimentaires, d'autre part, ce sont des séries télévisées qui rappellent l'approche du mois béni.

D'ailleurs, il est écrit en arabe sur un grand tableau qui surplombe l'hôtel « Dar al Mudaraat », avenue Salah Salem, ce qui suit : « le ramadan des étoiles », une émission qui sera diffusée sur une radio cairote. Toujours, dans les artères de la capitale, impossible, presque, d'échapper à ces panneaux gigantesques sur lesquels s'affichent les visages expressifs des comédiens et autres animateurs.

On a l'impression d'avoir affaire à des mannequins. Ces sketchs sont suivis par des millions d'Egyptiens. Les lampes colorées appelées « fanous ramadan » commencent déjà à être accrochées aux balcons des immeubles, dans les marchés, etc.

Elles sont ornées de versets du Coran ou de simples vœux de ramadan tels que « Ramadan Karim » (formule pour souhaiter que le mois soit celui du partage et de la générosité) ou « Ramadan Moubarak » (formule pour souhaiter un mois béni), tandis que d'autres lampes en métal sont couvertes de tissus brillants, aux couleurs vives.

En réalité, l'origine de ces lanternes aux décorations chargées remonte à la dynastie fatimide en Égypte qui a régné entre 969 et 1171. Quant aux enfants, ils exhibent fièrement leurs lanternes toutes neuves, en chantant les célèbres cantiques du ramadan.

En clair, pas de Noël sans sapin pour les chrétiens certes, mais, pour un Egyptien, il est impensable d'observer ce 3ème pilier de l'Islam sans ces lanternes illuminant maisons et devantures d'habitation.

Au marché « Al-Attaba », à l'aéroport du Caire et dans plusieurs lieux, si ces lampes fabriquées en Chine ne sont pas accrochées, on procède à leur représentation artificielle par le biais de tissus colorés. Au-delà des drapeaux ou guirlandes lumineuses de couleur orange apparaissant dans les quartiers commerçants, les fruits aussi débordent sur les étals.

Qu'ils s'appellent Khaled, conducteur de taxi, Amr, Sara ingénieure, Mostafa, journaliste, etc., les Cairotes vivent cette ferveur « ramadanesque ». En Egypte, il y a d'abord cette atmosphère festive qui précède le début du mois béni et annonce même la couleur.

La floraison des feuilletons

Selon Mme Maha Imam, en charge de la relation publique au Centre des médias du Caire, on allume les lampes « fanous ramadan » après la rupture du jeûne durant toute la soirée. « Nous l'allumons toute la soirée. Nous préparons aussi le jus appelé miche-miche», déclare Maha.

A côté de ces mets, les Egyptiens n'oublient pas le « koshari », un plat à base de riz aux lentilles et à la sauce rouge très pimentée. Comme partout ailleurs, les mosquées ne désemplissent pas. De la lecture du Saint Coran, aux séances d'interprétation, on reste une bonne partie de la nuit à faire des « tarawih » ou prières surérogatoires.

Une autre facette qui rime avec ramadan au Caire , ce sont les nombreux feuilletons qui passent quasiment sur la soixantaine de chaînes de télévision que compte l'Egypte. Parce que depuis la révolution populaire de 2011, il y a beaucoup plus d'audace dans les sujets traités.

« Je n'arrive pas à compter toutes ces séries et je ne sais pas pourquoi autant de feuilletons», ajoute, placide, la dame Maha Imam. Ces feuilletons, nombre de Cairotes le suivent avec une grande attention.

Car, d'après une source anonyme, ils traitent des sujets quotidiens du pays comme la corruption. En 2017, les scénaristes avaient multiplié les ressorts dramatiques, car la concurrence est féroce?: 33 séries ont été tournées en Égypte, leader du marché dans ce domaine pendant le mois de ramadan.

Sayed travaille dans un hôtel d'Urghada, une ville balnéaire située à plus de 452 km du Caire. Pour lui, le ramadan est un moment de pénitence, de partage et de pardon. « Lorsque vous avez même un différend avec une personne, tu passes l'éponge le temps du mois béni.

Dans les rues, plusieurs bonnes volontés offrent gratuitement des repas durant l'heure de rupture », confie-t-il dans un anglais presque limpide. « Nous faisons des décorations dans les rues et maisons.

A l'heure de la rupture, nous distribuons des dattes, de l'eau pour ceux qui sont dans leurs voitures et piétons en train de rentrer », explique Amr El Sawy, interprète au département des relations internationales à la cité de production médiatique du Caire.

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